Témoignages d'anciens combattants:
Robie Malcolm Hancock

Armée

  • Robie Hancock (à droite) avec son ami Roy Levy en Italie, 1945.

    Robie Hancock
  • Robie Hancock avec une civile hollandaise à Stadskanaal, Pays-Bas. En ce temps là, M. Hancock faisait partie de la force canadienne de maintien de la paix, stationné tout près de la frontière allemande. Pour la photo, M. Hancock portait sa paire de sabots, alors qu'elle portait sa veste et son bérêt de l'armée.

    Robie Hancock
  • Lettre que Robie Hancock a envoyé à sa mère en décembre 1943, pendant qu'il récupérait près d'un hôpital à Syracuse, Sicile. Sept hommes ont été tués et plusieurs gravement blessés, incluant M. Hancock quand une grande arme à feu allemande a explosé.

    Robie Hancock
  • Couverture et dernière page d'une lettre que Robie Hancock a envoyé à sa mère en décembre 1943, pendant qu'il récupérait près d'un hôpital à Syracuse, Sicile. Sept hommes ont été tués et plusieurs gravement blessés, incluant M. Hancock quand une grande arme à feu allemande a explosé.

    Robie Hancock
  • Robbie Hancock lors d'un événement du Projet Mémoire, en septembre 2010, à Halifax, Nouvelle-Écosse.

    Historica Canada
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"Les allemands étaient complètement enterrés et ils avaient des nids de mitrailleuses ; et ils étaient bien enterrés, bien fortifiés pour nous. C’est pour ça que c’était tellement difficile de traverser."

Transcription

J’ai passé environ huit mois en Sicile, je pense, c’est là que j’ai été très grièvement brûlé, en Sicile. On était en train de jeter un coup d’œil à un gros grand, canon de campagne sur le rivage en Sicile. Des gros canons allemands là-bas, un emplacement de canon côtier. C’était construit juste au bord de la Méditerranée, et on a été dedans pour y jeter un coup d’œil. Je ne sais pas si c’était un piège ou quoi, mais quand j’étais là dedans, j’ai cru sentir quelque chose qui brûlait, et je me suis dit, je crois qu’il vaudrait mieux que je décampe, cet endroit risque bien d’exploser. Alors j’arrive à l’extérieur, et je venais d’arriver dehors quand ça s’est déclenché. Ça a sauté et il y en a eu sept qui sont morts brûlés vifs, et 27 d’entre nous se sont retrouvés à l’hôpital sévèrement brûlé.

Bon, j’étais brûlé. Les cheveux tout brûlés et mon visage, mes bras étaient brûlés. J’ai passé environ six mois à l’hôpital. Je suis retourné dans les RDC (Royal Canadian Dragoons) et à ce moment-là ils partaient de Sicile ; et on était en chemin pour l’Italie. Quand on est arrivés en Italie, on est allés sur les lignes de front et la ligne Hitler. Les allemands étaient complètement enterrés et ils avaient des nids de mitrailleuses ; et ils étaient bien enterrés, bien fortifiés pour nous. C’est pour ça que c’était tellement difficile de traverser.

La deuxième fois où j’ai été blessé, on avait tous dépassé la Ligne Gustave ; et j’ai été blessé dans un champ où, tout près de (Monte) Cassino. On remontait en regardant une rivière, on regardait tout autour de la rivière pour voir si on pouvait essayer de trouver un endroit où on pourrait fabriquer un pont pour traverser pendant la nuit. Bon, quand on était repartis, on est montés dans nos voitures blindées pour traverser un champ pour retourner à notre quartier général, les allemands eux avaient traversé en rampant et avaient enlevé notre pont en rondins, alors on a dû s’arrêter. Et quand on s’est arrêtés, bon alors les canons allemands ils nous tiraient dessus sans interruption, à essayer de détruire notre voiture blindée, vous voyez. C’est comme ça que je me suis pris un éclat d’obus dans le dos. L’obus qu’ils ont tiré sur la voiture blindée.

Voyez nos grands canons derrière, ils avaient vu les éclairs des canons là où ça nous tirait dessus et alors ils leur ont tiré dessus, et ils l’ont eu. Ils ont eu le canon en plein dans le mille. Alors ils se sont arrêtés de nous tirer dessus. Oui mais j’étais déjà blessé moi, vous voyez. Oh, je suis resté à l’hôpital, quatre mois à peu près, je crois. Vous voyez, il leur a fallu m’opérer dans le dos et il a fallu qu’ils me mettent des drains en caoutchouc dans le dos pour faire sortir tout le poison. Ces obus qu’ils avaient les allemands, il y avait du poison dedans, et il fallait qu’ils enlèvent le poison de mon dos, alors c’est pour ça qu’ils ont dû mettre des drains dedans. Et ça a pris un moment pour faire sortir tout ça.

Pas très longtemps après que, que je sois sorti de l’hôpital, on est partis d’Italie pour aller en Belgique. Et puis on a fait la traversée de la Belgique en se battant, de Belgique en Hollande, et puis quand la guerre s’est terminée, on était en Allemagne. Je dormais dans une vieille grange cette nuit-là quand ils sont venus et qu’ils m’ont dit à moi et un autre gars qui dormait dans le foin. Ils ont dit, la guerre va être terminée demain matin à 9 heures. Alors ils voulaient qu’un de nous prenne une jeep, pour emmener des officiers chez les allemands, pour vous voyez, une réunion qu’ils allaient avoir avec les officiers allemands.

En tout cas, le gars qui était avec moi a conduit la jeep et dans la montée, la jeep a heurté une mine et ça l’a tué. Alors j’ai eu de la chance de ne pas avoir à conduire la jeep cette nuit-là.

Date de l'entrevue: 21 septembre 2010

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