Témoignages d'anciens combattants:
Jean Marie Ademare Milot

Armée

  • Portrait de Jean-Marie Milot en uniforme, le 25 mars 1946.

    Jean-Marie Milot
  • Page du livret de service de Jean-Marie Milot, août 1945.

    Jean-Marie Milot
  • Photographie du SS Ile de France, bâteau utilisé pour le transfert des soldats des deux côtés de l'Atlantique.

    Jean-Marie Milot
  • Jean-Marie Milot avec sa mandoline qu'il a achetée en échange de 10 cigarettes.

    Jean-Marie Milot
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"La seule que je ne voudrais voir c’est la guerre. Ce n’est pas drôle de voir des jeunes qui sont obligés de quêter pour manger puis ils n’ont rien pour se mettre sur le dos alors c’est quelque chose que je ne voudrais pas voir ici."

Transcription

L’armée m’a appelé à l’âge de 18 ans, j’ai fait mon dépôt à Montréal; là, ils m’ont envoyé faire mon entraînement à Petawawa, dans l’artillerie de 25 livres. Quand mon entraînement avait fini là, ils m’ont envoyé à Debert en Angleterre. En Angleterre, ils m’ont transféré dans l’infanterie pour faire un autre entraînement. Aussitôt que mon entraînement était fini, la guerre a fini. Là ils nous ont transféré par avion en Belgique, en Hollande, après ça on a été en Allemagne au régiment Maisonneuve. Là on était 15 jours sur le front, là ils nous ont transférés en Hollande, puis après ça ils ont formé un 3e bataillon, le régiment de la Chaudière pour l’occupation en Allemagne. On s’est en allés à Bidensaven , on a été neuf mois à faire l’occupation. Fallait sortir avec notre carabine continuellement, le magasin chargé en cas qu’il arrive quelque chose. On n’avait pas le droit de fraterniser avec les gens. Une secousse après, on avait eu le droit de parler avec les gens. On avait plus d’affaires à sortir avec nos armes. Alors il n’y avait plus de danger. Mais par contre, y’a fallu tout fouiller toutes les maisons voir s’il ne restait pas des armes, des gens, des soldats qui n’étaient pas rapportés. Il a fallu tout vérifier les papiers, on a été là pendant 9 mois de temps.

Dans l’armée, j’étais malade; je pesais seulement 125 livres; et puis quand j’avais sorti, avec la discipline et des repas réguliers, de la très bonne nourriture qu’on a eue, je pesais 180 livres, en très bonne forme. C’est mon passage ce que j’ai fait dans l’armée. C’était une grosse expérience, une expérience que je ne regrette pas d’avoir fait.

Qu’est-ce que j’ai fait dans l’armée? Pour moi, la vie militaire, j’aimais la vie militaire. À l’âge de 14 ans, j’ai rentré dans le régiment des Fusiliers de Mont-Royal. J’ai été deux ans au collège avec les Fusiliers de Mont-Royal. J’aimais beaucoup le côté militaire. La discipline, c’était toujours quelque chose que j’ai toujours appréciée. Puis quand la guerre ils m’ont appelé dans l’armée. Ça me faisait plaisir d’y aller au lieu d’avoir une exemption comme notre contremaître me le proposait. Alors, j’aimais mieux aller servir mon pays.

Alors une cigarette ça valait onze cents, puis avec une cigarette tu pouvais te procurer sur le marché noir, du manger. Alors je me disais que c’est pas possible : mais c’est justement ce qu’il est arrivé. Puis je me suis même procurer une mandoline que j’ai payé 10 cigarettes; elle était fait en Italie, à Catania en Italie. Alors je me suis promené avec une guitare que j’ai payée avec 20 cigarettes. Alors avec ça, on pouvait faire du train, puis chanter pour se désennuyer.

La seule chose que je ne voudrais pas voir ici, c’est la guerre. Ce n’est pas drôle de voir des jeunes qui sont obligés de quêter pour manger puis ils n’ont rien, y a rien pour se mettre sur le dos; alors, c’est quelque chose que je ne voudrais pas voir ici. Même pour les créatures, il y en a qui ont été obligées de se donner pour avoir des cigarettes ou pour acheter du marchand. J’aimais pas ça voir ça. C’était une chose qu’on ne peut pas imaginer; mais, en étant à la place on avait vu comment les gens étaient .Et quand on voulait faire laver notre linge n’importe quoi, on allait à la barrière puis il y avait des gens qui étaient là ; puis ils voulaient avoir notre linge pour la laver mais, y’avait pas de savon pour se laver. Mais nous en avait du savon, puis on en mettait un morceau dans notre linge puis là les femmes se battaient pour avoir le savon pour laver notre linge. Puis quand elles revenaient, si il y avait quelque chose qui manquait, un bouton ou n’importe quoi, ou un petit trou c’était raccommodé; puis elles nous la redonnaient puis on leur donnait le savon et quelques cigarettes, pour se payer quelque chose. Puis elles n’avait pas peur. Quand on revenait, elles nous reconnaissaient. Nous autres on ne pouvait pas, c’était tout du monde pareil, nous autres on pouvait pas savoir qui est-ce que c’était. On va-t-il retrouver notre linge? Mais nous autres, elles nous reconnaissaient. On leur donnait notre linge, fallait leur faire confiance parce que il y avait des gens bien honnêtes. Mais en Allemagne durant l’occupation c’était la même chose, ils nous prenaient pour des amis. Partout où est-ce qu’on allait, on avait fait une belle réputation des Canadiens- Français. Partout où on a été, on a été respecté.

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