Témoignages d'anciens combattants:
Fred Wilmot Hubbard

Marine

  • Equipage d'armes à feu anti-aérien Bofors 40 mm sur un destructeur HMCS Algonquin dans des stations d'action dans l'eau arctique, le 20 avril 1944.
    Credit: Lt John D. Mahoney / Canada. Dept. of National Defence / Library and Archives Canada / PA-204655.

    Mahoney, John Daniel, numéro photographe Mikan: 3577106
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"Les bateaux de la Marine canadienne, nombre d’entre eux, ils étaient fabriqués outre-mer et ils utilisaient le CC, courant continu, dedans, et au Canada on n’était pas vraiment équipés pour le courant continu parce qu’il avaient, on utilisait le AC."

Transcription

Bon, je crois que ce que j’ai à dire, ce qui a fait que j’ai bien réussi dans la Marine c’était l’expérience que j’avais acquise avant la guerre. Je ne suis pas allé à l’université après ; j’avais cinq années de travail dans des ateliers d’usinage et des ateliers de mécanique, et différentes choses derrière moi. C’est pourquoi ils m’ont nommé sur le (NCSM) Prince Robert je crois, parce que j’étais à Halifax ; et c’était un endroit assez sinistre là-bas avec tous les convois qui partaient et les bateaux qui rentraient, et certains étaient endommagés. On était dans un atelier d’électricité ; et j’étais l’adjoint de l’homme là-bas, et on avait 80 hommes qui travaillaient pour nous. On devait descendre dans les bateaux pour les réparer, et on m’a appelé pour aller voir en bas, et beaucoup de gens n’arrivaient pas à définir ce qui n’allait pas. J’avais étudié les moteurs diesels avant même d’aller à l’université et je m’y connaissais en électricité ; et un navire anglais est arrivé et ils n’arrivaient pas à baisser le voltage dessus. Je suis descendu ; et j’ai dit, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond au niveau du moteur. Oh, non, on a vérifié tout marche parfaitement. Alors ils ont finalement découvert que le régulateur sur le moteur ne marchait pas et ils ont réparé ça, et tout allait bien… Mais on avait de gros problèmes parce que tous les bateaux de la Marine canadienne, nombre d’entre eux, ils étaient fabriqués outre-mer et ils utilisaient le CC, courant continu, dedans, et au Canada on n’était pas vraiment équipés pour le courant continu parce qu’il avaient, on utilisait le AC, courant alternatif, tous les moteurs et tout le reste, alors ces moteurs spéciaux en courant continu qui étaient construits d’après les standards anglais, nombre d’entre eux ne marchaient pas. Les canadiens ne semblaient tout simplement pas capables de les construire aussi bien. Il y avait beaucoup de frégates et de corvettes qui étaient construites dans la région des Grands Lacs ; et elles ont été réaffectées pour partir en mer. Et quand elles sont arrivées à Halifax, il y avait une dizaine de moteurs qui avaient grillé parce que la fabrication de ces moteurs n’était pas à la hauteur des anglais qui étaient des experts en ce qui concerne les moteurs à courant continu, et les canadiens eux n’en étaient pas parce qu’ils n’avaient jamais eu besoin de l’être. Alors j’avais beaucoup d’expérience pour ce qui était de travailler dessus ; et je m’entendais bien avec l’équipage. J’avais travaillé avec des tas d’hommes et beaucoup de jeunes officiers n’avaient pas cette expérience ; et je m’entendais bien avec les gars. J’avais 80 hommes qui travaillaient sous mes ordres. J’étais sous-directeur dans l’usine, et ça m’a beaucoup aidé. J’arrivais à bien m’entendre avec tous ces gens, mais on a fait beaucoup de bon travail à Halifax ; et je crois que ce qui s’est passé quand ils ont demandé aux hommes qui voulaient bien partir outre-mer pour rejoindre le Prince Robert, qui était un bateau de la côte Ouest. Ils ne pouvaient pas faire descendre quiconque d’Esquimalt, la base navale de Victoria en Colombie Britannique. À l’époque vous deviez traverser le Canada en train ; alors ils ont dit, bon, on va devoir envoyer quelqu’un d’Halifax, alors j’y suis allé et j’ai rejoint le bateau de la côte Ouest ; et il n’y avait que trois personnes originaires du Nouveau Brunswick sur le bateau. Il y avait 500 personnes à son bord, mais un grand nombre venait des Prairies et quelques uns de Colombie Britannique alors j’ai trouvé ça très intéressant. J’ai trouvé que les gens dans l’ouest, les hommes de l’ouest, les gens là-bas qui étaient sur le bateau étaient très sympathiques. J’ai trouvé les gens de l’ouest, à cette époque, je pense, tout le monde est pareil dans le Canada d’aujourd’hui, mais à l’époque, les gens de l’ouest, les gens des Prairies étaient, rien ne les embêtait. Ils étaient habitués aux travaux pénibles. Je suppose que la plupart d’entre eux venaient des fermes ; et ils étaient habitués à être mis à rude épreuve et ils s’adaptaient très bien dans la Marine. Même s’ils n’étaient pas nés près de l’océan, ils s’adaptaient bien parce qu’ils avaient beaucoup d’épreuves dans les Prairies.
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