Témoignages d'anciens combattants:
Danny Joseph Britten

Forces aériennes

  • Dany Britten en uniforme de la Légion Royale Canadienne à la fin des années 1970.

    Danny Britten
  • Affiche rappelant les noms et métiers de l'équipage du bombardier de Danny Britten de l'escadron No. 429 (Bison), Force Royale Canadienne Aérienne.

    Danny Britten
  • La Reine Elizabeth et la Princesse Elizabeth inspectant le personnel de la Force Royale Canadienne Aérienne à la station de Leeming, Royaume-Uni, 1944.

    Danny Britten
  • Inspection royale du personnel et de l'équipement de la FOrce Royale Canadienne Aérienne à la station de Leeming, Royaume-Uni, 1944.

    Danny Britten
  • Danny Britten à Halifax, Nouvelle-Écosse, le 27 septembre 2010.

    Historica Canada
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"Qu’une fois j’ai regardé longuement par la fenêtre de nuit, juste pour voir ce qui se passait, quand j’ai vu une explosion. L’appareil avait été frappé par un tir de DCA, juste dans notre dos. Ça démontre à quelle vitesse ça pouvait arriver, comme ça."

Transcription

En 1940, mon père a reçu les papiers qui lui donnaient la nationalité américaine alors ma mère à Cap Breton a décidé qu’on allait tous partir aux Etats-Unis pour vivre avec mon père. Quand nous sommes arrivés à la frontière, comme j’avais 18 ans, tout ce que l’immigration a trouvé à me dire c’était, est-ce que vous essayé d’échapper à la conscription ? Et la conversation s’est arrêtée là, et il ne voulait pas, m’a refusé la permission de suivre ma famille. Suis retourné à Halifax un soir, j’étais très déprimé, je ne savais pas trop quoi faire et c’est alors que j’ai retrouvé un gars de chez moi, capitaine sur un chaland transportant du charbon, qui partait le lendemain pour les Bermudes pour alimenter en charbon le (SS) Foundation Franklin qui était un remorqueur. Alors il m’a juste dit qu’une fois arrivés aux Bermudes, il faudrait que je passe sur le Franklin. Le voyage aller a été très mouvementé, comme on était remorqué par le Franklin, sommes arrivés à St George aux Bermudes, et puis j’ai transbordé sur le Franklin. Et à partir de là, on était en mer presque tous les jours, à répondre à des SOS et des appels de détresses. Alors ça devient très, en fait, je n’ai jamais vu St George ou Hamilton en grande partie à cause du fait qu’on était en permanence, prêts à intervenir sur les navires. Je me suis engagé dans l’armée de l’air, membre d’équipage, comme opérateur radio en 1941. Je suis allé à l’université, ou dans une classe pour une formation d’opérateur radio d’une durée d’environ six mois. Après avoir réussi, on m’a envoyé à l’école de tir à Dafoe dans le Saskatchewan, pendant un mois donc j’en ai appris un peu sur les canons, si un de nos mitrailleurs était blessés au cours d’une mission du Bomber Command, je devais les remplacer. Alors j’ai terminé, et puis je suis venu à Greenwood en Nouvelle-Écosse et je suis allé dans un équipage sur un (Lockheed) Hudson pendant trois mois à peu près, et puis j’ai été transféré outre-mer. Et j’ai été transféré dans un escadron de bombardiers Halifax à Leeming (base de la RAF) et j’ai suivi un entrainement de trois mois environ sur des Halifax et ensuite on a été sur le coup pour faire des bombardements de nuit sur l’Allemagne. Nos vols étaient toujours très effrayant à cause des Messerschmitt et des Focke Wulf qui étaient nombreux et qui essayaient de nous empêcher de bombardes leurs villes. Mais notre plus grande menace ça a été une ville dans la Rhur. On est partis tôt le matin à 5h30 ou six heures, sommes allés bombarder un endroit, je ne vais pas stipuler quel endroit mais, dans la Rhur. Et après être rentrés chez nous, le même soir, on nous a rappelés pour aller bombarder à nouveau mais c’était le même endroit. Et vous pouviez voir les incendies à cent cinquante kilomètres à la ronde. Alors d’après moi, je ne comprends pas pourquoi nous sommes retournés au même endroit mais juste pour donner un avertissement à Hitler, je suppose, comme quoi si vous voulez sauver les gens, le mieux c’est d’arrêter la guerre, plus ou moins, c’est mon opinion à moi évidemment. Parce qu’en étant opérateur radio, je n’écoutais pas ce que disaient les équipages à ce propos, parce que de toute évidence moi j’étais en train d’écouter la radio pour les rappels et les diversions. Donc je ne suis pas tout à fait au courant de se qui s’est passé. Et on a fait le deuxième bombardement. Alors finalement, j’ai terminé mes 31 vols et ça a été ma mission dans le Bomber Command. Vous ne saviez pas quand vous risquiez d’être touché par les tirs de DCA ou attaqué par des avions de chasse. Je sais qu’une fois j’ai regardé longuement par la fenêtre de nuit, juste pour voir ce qui se passait, quand j’ai vu une explosion. L’appareil avait été frappé par un tir de DCA, juste dans notre dos. Ça démontre à quelle vitesse ça pouvait arriver, comme ça. Oh oui, les boches étaient résolus à nous empêcher de bombarder leurs villes, ce qui était normal je pense. Mais bon, moi c’est tout simplement la chance qui m’a ramené au Canada je suppose.
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