Témoignages d'anciens combattants:
George Henry Dancer

Forces aériennes

  • Photo d'un Avro Anson, prise à Carstairs, Alberta, 1941. Cet avion a dû faire un atterrissage d'urgence. George Dancer l'a surveillé pendant la nuit et est rentré à Calgary avec cet avion.

    George Dancer
  • Diplômés du cours d'administration no. 15, en 1945. George Dancer est le 4ème à gauche dans le premier rang.

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  • Photo de diplômés, 1942. George Dancer est le 4ème à gauche dans le second rang.

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  • Article de journal du Toronto Star, du 9 septembre 1943. L'article raconte l'histoire de l'avion de George Dancer qui a dû faire un atterrissage d'urgence dans le Pacifique. M. Dancer est l'un des hommes debout sur l'aile de l'avion sur la photo de gauche. Selon lui, les homes ont retiré la toile de l'aile pour arrêter l'avion avant qu'il ne soir soulevé par le vent. M. Dancer dit également que contrairement a ce qui est écrit dans l'article, il ne souvient pas que quelqu'un ait eu le mal de mer.

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  • Morceau de la queue d'un Avro Anson après qu'il ait atterri en urgence à Carstairs, Alberta. George Dancer a quand même été capable de retourner à Calgary avec cet avion.

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"Donc ça veut dire qu’on était huit et c’était un canot pour trois personnes. Alors on est tous sortis là sur l’aile celle avec le bon flotteur, pour empêcher que l’autre se mette dans l’eau."

Transcription

Nous étions sur la côte ouest pas très longtemps après (l’attaque japonaise sur) Pearl Harbor. Donc c’est de ça qu’ils avaient peur, que les japonais viennent. Alors c’est ce qu’on faisait, on faisait des patrouilles. On partait quelquefois c’était une patrouille en rectangle, ce qui veut dire au large, traverser et retour, quelquefois tout droit en allant le plus loin possible pour voir si la marine japonaise arrivait. Ça parait un peu loufoque mais c’est vrai ; on était là-bas pour faire ça. On était de sortie ce jour-là en vol, on est parti à 4h45 du matin et à notre insu, on ne nous avait pas dit que les appareils sur lesquels on était avec des réservoirs supplémentaires, pour pouvoir aller plus loin au large. Alors on avait un réserve pleine de carburant et on était en sortie et on faisait juste la traversée, on faisait une patrouille en rectangle ce jour-là, au large et retour. Et c’est alors, un moteur s’est arrêté ; on avait deux moteurs sur ce truc. Et ça arrivait assez souvent qu’un moteur tombe en rade. Et c’est ce qui est arrivé. On a eu la chance qu’il y ait beaucoup de nuages ce jour-là. Il y avait cet endroit et c’est juste arrivé comme ça il y a un endroit où on pouvait descendre jusque sur l’eau. Il fallait y aller, pas le choix. On ne pouvait pas voler avec tout ce carburant et un seul moteur. Et pas question de larguer tout ce carburant, ce carburant en plus. On n’aurait pas eu le temps matériel de toute façon. Il fallait atterrir immédiatement. Alors nous voilà en descente. Et notre capitaine, Jack Johnson, a fait un atterrissage plutôt bon. Imaginez, ces vagues elles faisaient près de quatre mètres de haut. Alors nous voilà en pleine descente. Bon, les instructions en cas d’amerrissage forcé c’était : garder l’avion dans la direction du vent, aussi longtemps que possible, avec les moteurs en marche. On a essayé de faire ça et il n’a pas fallu longtemps avant que les vagues détruisent les ballonnets de stabilisation. Ça veut dire que s’il était descendu sur l’eau de ce côté là sans ballonnet, c’était cuit. Bon, je pensais, bon, on ferait mieux de sortir le bateau de sauvetage. Vous devez les gonfler – des canots pneumatiques ils appelaient ça. Oui je les ai sortis. On était huit dans l’appareil. Il y avait un gars était juste venu pour faire un petit tour ce jour-là. Il était censé partir en permission mais elle avait été annulée. Et il avait pensé, oh, je vais voir si je peux aller avec ces gars. Donc ça veut dire qu’on était huit et c’était un canot pour trois personnes. Alors on est tous sortis là sur l’aile celle avec le bon flotteur, pour empêcher que l’autre se mette dans l’eau. Et le vent nous a retourné, vous savez. On était comme un bouchon dans une baignoire, vous savez. Trois fois, cette aile est allée dans l’eau et on pensait, oh, oh. Mais on a réussi à la récupérer. Notre navigateur, Jean-Paul Guérin, un canadien français, et c’était un bon lui. Il a repéré un autre avion au loin très loin, juste un point. Et mince alors, on sort tous nos, ils appelaient ça les cartouches VARI, des vertes et des rouges et des jaunes. On a commencé à tirer ces choses en l’air, en espérant qu’ils nous voient. Et bon sang, ils nous ont vus.
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