Témoignages d'anciens combattants:
Jerry Richards

Armée

  • Photo prise à Calgary, Alberta, juste après que Jerry Richards se soit enrôlé en 1940.

    Jerry Richards
  • Photo prise pendant l'été 1943 à l'École d'entrainement des officiers à Victoria, Colombie Britannique. Jerry est photographié en bas à gauche au premier rang.

    Jerry Richards
  • Photo d'un hôpital à San Vito Chietino, Italie, en 1943.

    While Bullets Fly: The Story of a Canadian Field Surgical Unit in the Second World War"
  • Portrait de Jerry Richards juste après son enrôlement en 1939.

    Jerry Richards
  • Photo prise au Calgary Herald le 3 septembre 1939. Jerry est le 3ème à droite. Il était un des reporters.

    The Calgary Herald
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"J’ai élaboré un système pour envoyer les mortiers plus loin et faire des obus de mortier, qui étaient les projectiles qu’on envoyait sur l’ennemi. J’ai réussi à mettre au point un moyen pour les envoyer bien plus loin que d’ordinaire."

Transcription

Il y a eu une explosion sous notre véhicule. On a retrouvé mon chauffeur quelque part dans les buissons avec les deux jambes arrachées ; et on lui a fait des premiers soins assez rudimentaires, ce qui n’a été d’un grand secours pour le maintenir en vie. Je suis resté avec lui jusqu’à sa mort, c’est à dire une demi-heure plus tard environ, je crois. Puis je suis retourné à mon bataillon et me suis remis dans la peau d’un soldat. Nous (les Canadian Highlanders) avons fait tous les exercices classiques avec le mortier évidemment, et j’ai élaboré un système pour envoyer les mortiers plus loin et faire des obus de mortier, qui étaient les projectiles qu’on envoyait sur l’ennemi. J’ai réussi à mettre au point un moyen pour les envoyer bien plus loin que d’ordinaire. Je ne me souviens pas des détails là maintenant, mais en fait je mettais un sac d’explosifs supplémentaire. Et alors j’ai commencé à faire ça et de ce fait j’ai un peu attiré l’attention de certains officiers avec ça ; et tout de suite après, tout le monde dans la division a fait la même chose. Ils avaient évidemment copié ça sur mon bataillon, sur moi, en tout cas. Et à partir de là, c’est ce qu’on a fait, on avait toujours une bien plus grande portée avec les bombes. Ça paraissait être une chose importante à l’époque. On s’est pris un paquet d’obus qui nous tombaient dessus et l’un d’entre eux avait atterri tout près de moi. Ça m’a fait un mal d’enfer dans le ventre ; et j’ai compris que j’avais été touché par les tirs. C’était juste un éclat d’obus, mais c’était le truc habituel qui s’était éparpillé. On m’a emmené à un poste de secours et j’ai été opéré par deux chirurgiens qui venaient de Toronto, que j’ai croisé plus tard, des années plus tard. J’ai découvert qu’il, le chirurgien, n’avait jamais parlé à qui que ce soit dans sa famille de sa carrière de docteur, de chirurgien en tout cas. Ils ne savaient pas ce qu’il faisait. J’ai écrit un article à propos de ça et il a été publié, ça devait être dans une revue médicale, je pense. Et c’est de là que ses frères et sœurs, de ce chirurgien en particulier, ont appris ce qu’il faisait. C’était juste un chirurgien qui était parti à la guerre et qui n’avait jamais pris la peine de dire à sa famille ce qu’il faisait. Alors ça les a tous éclairés jusqu’à un certain point en recevant ma lettre ou en lisant l’article sur leur frère.
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