Témoignages d'anciens combattants:
Bruce McDonald

Armée

  • Citation pour la remise de la Croix Militaire de Bruce McDonald, signée par Field Marshall Montgomery et les capitaines d'armée et de régiment.

    Bruce McDonald
  • Invitation adressée à Bruce McDonald de la part de la Chancellerie Centrale de l'Ordre des Chevaliers pour l'Investiture au Buckingham Palace du Roi George VI, novembre 1945.

    Bruce McDonald
  • Liste des pertes datée du 21 février 1945, Moyland Woods, en Allemagne de l'Est, était aux mains des Allemands alors que les Royal Winnipeg Rifles furent repoussés à l'Est de la Hollande vers le Rhin. La tentative des Rifles fut la 4ème faite par les Forces Alliées pour prendre position. Bruce McDonald a été blessé durant la bataille, mais la position fut tout de même tenue ce jour-là.

    Bruce McDonald
  • Article présenté au Hall d'Honneur, Carleton Place.

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Écoutez ce témoignage

"Pourquoi pas, quand on monte là-haut, je pourrais prendre le PIAT et tirer sur la première maison. Et il a dit, ça fera un ramdam d’enfer et provoquera un effet de surprise et ensuite on se précipite sur l’endroit."

Transcription

J’étais lieutenant (dans le Royal Winnipeg Rifles) avec environ 35 hommes (un peloton) sous mes ordres, trois sections, chacune avec un caporal à sa tête. Il y avait trois pelotons dans une compagnie. Lors de cette bataille (le combat pour Louisendorf en Allemagne, faisant partie de l’opération Veritable et la campagne de Rhénanie), on attaquait par dessus une crête et dans la vallée en bas et en remontée sur une autre crête. Et après la bataille, les gens devaient reculer et certains des nôtres étaient blessés et se trouvaient dans une espèce de no man’s land pour ainsi dire, réclamant des brancardiers. Nos brancardiers s’étaient fait tirer dessus au cours de la semaine précédente, alors même qu’ils portaient l’insigne de la Croix Rouge et ainsi de suite.

Alors en tout cas, ils n’étaient pas emballés à l’idée de sortir, car ils s’attendaient à ce qu’on leur tire dessus à nouveau. Après une dizaine, une quinzaine de minutes, un drapeau blanc est apparu dans les lignes allemandes et deux personnes sont sorties de là avec un brancard et se sont rendus auprès de nos blessés juste devant nous, les ont récupérés et transportés jusqu’à nos lignes. Il y en avait quatre ou cinq. Et, bien sûr, il fallait qu’on garde avec nous les deux personnes qui avaient fait le travail parce qu’ils connaissaient nos positions, etc. Mais le chef était un étudiant en médecine, un jeune étudiant en médecine qui avait placé son devoir humanitaire au dessus de la situation et avait transporté ses ennemis jusqu’à nos lignes.

On est arrivés à un endroit qui s’appelait Keeken (Allemagne) qui était très proche de la frontière germano-hollandaise. Notre objectif était de capturer les premières fortifications de la ligne Siegfried. Mon peloton était censé monter à l’attaque des fortifications et ce qu’ils avaient fait c’était de fortifier l’intérieur des bermes des fermes qui se trouvaient dans ce groupe de bâtiments. Et elles étaient toutes installées avec des abris et emplacements de mitrailleuses et ainsi de suite. Et on était censés être couverts par les chars au moment de l’action, avant qu’on monte à l’assaut.

Et en tout cas, on est montés là-haut et, entre temps, les boches avaient ouvert les digues et c’était tout inondé. Alors ce qui aurait dû être le passage pour les chars était totalement noyé sous un mètre trente d’eau. Alors pas de chars. Et il nous a fallu faire avec ce qu’on avait.

J’avais un caporal, qui s’appelait Rousseau, et c’était un gars de nature tranquille. Et c’était lui le gars qui transportait le PIAT ou le lance-bombes antichars d’infanterie. C’était une arme, je ne pense pas qu’on l’utilise encore aujourd'hui, mais il avait la capacité de faire sauter tout le côté d’un char. Il avait une force d’explosion intense. Donc il a dit, Mac, pourquoi pas, quand on monte là-haut, je pourrais prendre le PIAT et tirer sur la première maison. Et il a dit, ça fera un ramdam d’enfer et provoquera un effet de surprise et ensuite on se précipite sur l’endroit, en criant et hurlant à pleins poumons. Bon, ça me paraît une bonne idée, pourquoi pas essayer en effet. Alors on a fait ça, il a tiré avec son truc et bien sûr, ça les a vraiment surpris alors on en a capturé tout un tas à cet endroit-là.

J’ai cette citation ici, en rapport avec ma Médaille militaire (décoration pour acte de bravoure). Et il est écrit :

«Le 9 février (1945), le Lieutenant Arthur Bruce McDonald, commandant le peloton 13, compagnie C, Royal Winnipeg Rifles, reçut l’ordre d’éliminer les maisons fortifiées et le grand verger situé sur le Rhin dans la région de Keeken, ces fortifications étant un morceau de la partie au nord de la ligne Siegfried. Alors qu’il rejoignait sa position de combat, le peloton 13 se fit abondamment mitrailler. » C’était après le premier incident.

« Le Lieutenant McDonald organisa immédiatement l’appui-feu d’un peloton voisin, conduisit l’attaque sur la chaussée, traversa un fossé antichar et détruisit une mitrailleuse ennemie dans le premier groupe de bâtiments. Pourtant, le peloton se faisait tirer dessus par l’ennemi depuis une tranchée très bien protégée située à proximité. Alors cet officier, tout seul, se précipita en avant et neutralisa cette mitrailleuse avec des grenades. Il retourna ensuite à son peloton, le réorganisa et conduisit l’attaque sur la position de la troisième mitrailleuse dans le verger. Celle-ci fut détruite elle aussi et l’objectif du peloton atteint. Vingt-trois prisonniers furent capturés et trois emplacements de mitrailleuse détruits par cette action. Grâce aux qualités de leader du Lieutenant McDonald et à son dévouement sans faille concernant sa mission, la compagnie C put ainsi continuer son avance et gagner son objectif, prenant ainsi le contrôle du flanc droit de l’objectif du bataillon. »

Or, ceci est la citation officielle et c’est un type du régiment qui me l’a remise. Je ne l’ai pas reçue de l’état-major. Mais ce qui a de la valeur à mes yeux en tout cas, c’est qu’elle est signée de la main de notre commandant de bataillon, du brigadier de la 3ème division d’infanterie canadienne, et du commandant du 2ème corps, qui était le (Lieutenant Général) Guy Simon et du Général (Harry) Crerar, qui était le commandant de la 1ère armée canadienne. Mais la dernière chose qu’on y voit c’est celle du Maréchal (Bernard) Montgomery (commandant le 21ème groupe d’armées britanniques. Alors j’y attache vraiment beaucoup de prix.

Date de l'entrevue: 27 octobre 2010

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