Témoignages d'anciens combattants:
Fred Joseph Moritz

Forces aériennes

  • Cours de tireurs aériens de la station de la Force Royale de l'Air Waddington, Lincolnshire, Angleterre, le 23 octobre 1941.
    Fred Moritz est à l'extrémité gauche dans le rang du haut.

    Fred Moritz
  • Bombardier Halifax en vol vers 1942-45.

    Fred Moritz
  • Fred Moritz et son Lancaster, quelque part en Angleterre, 1942.

    Fred Moritz
  • Fred Moritz (en bas à gauche) et l'équipage de son bombardier Lancaster, station de la Force Royal de l'Air Croft, Yorkshire, Angleterre, 1944.

    Fred Moritz
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"Le ciel était complètement saturé. J’en ai encore le souvenir aujourd’hui, vous savez, parce que la peur c’est quelque chose d’horrible."

Transcription

Au début de ma première série de vols, vous aviez 20 pour cents de chance d’arriver à finir les 30 vols, ce qui n’était pas terrible. La seule partie sympa c’est quand on n’était pas en vol opérationnel. En opérations, vous ressentez la tension du moment où vous quittez l’aérodrome jusqu’au moment où vous larguez vos bombes sur la cible, et puis vous vous détendez un peu après ça, mais pas tellement. Mais en fait c’est, vous êtes sous pression du moment où vous partez jusqu’au moment ou vous arrivez à nouveau sur l’aérodrome.

Sur ce vol en particulier, on était en route pour Aix la Chapelle en Allemagne et le pilote c’était un nouveau, le mitrailleur de bord était nouveau, et le navigateur n’avait pas d’expérience. Sur le chemin du retour on a été attaqués par des Junker 88 et on a eu dans les 100 à 75 trous de balles dans l’appareil. Le train d’atterrissage a été bousillé. Notre mitrailleur de bord a été blessé ; moi aussi j’ai été blessé. Toute l’attaque s’est passée par en dessous, alors on n’a pas su ce qui nous tirait dessus jusqu’à ce que finalement un Junker sorte de notre hanche bâbord, et que je puisse voir et identifier l’appareil en question, qui s’était éloigné de 1000 mètres de mètres quand il a viré et commencé à revenir. Les canons étaient tous réglés sur 400 pieds, alors quand il est arrivé à portée, je savais où se trouvait l’équipage, tout, et donc j’avais 400 coups pour faire de mon mieux. Ce qui quand j’ai ouvert le feu, j’ai tué le pilote et le navigateur, qui était dans ce qu’on appelait la serre (une structure de verre qui donne au pilote une vue d’ensemble)… et ils se sont arrêtés brusquement et ils sont tombés en piqué dans l’eau.

J’ai remonté le mitrailleur blessé entre mes jambes et j’ai vu que ça allait ; et on a devancé la maison, fait un atterrissage en catastrophe, mais personne n’a été blessé et on a survécu au voyage. Et pour cette action, j’ai reçu la Médaille du service Distingué.

Je ne sais pas ce que vous pensez de ce que je viens de vous dire, mais j’ai essayé de vous raconter l’expérience qui est la vôtre quand vous vous rendez sur une cible, quand il y a un solide mur de flammes entre 5000 et 34 000 pieds ; et tous ces tirs de DCA. Le ciel était complètement saturé. J’en ai encore le souvenir aujourd’hui, vous savez, parce que la peur c’est quelque chose d’horrible. Je me souviens de mes larmes qui coulaient toutes seules, tenir bon, fichons le camp de là. Quand vous arrivez sur votre cible, larguez vos bombes. Ensuite vous vous sentez beaucoup mieux. Mais il faut encore faire face aux tirs de DCA en repartant. Ça m’a pris deux semaines pour m’en remettre et je n’ai jamais revu notre mitrailleur. Il est resté à l’hôpital. Bon, c’était un super groupe de gars, plus proche que des frères.

Date de l'entrevue: 18 octobre 2010

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