Témoignages d'anciens combattants:
Wilfred H. “Willy” Mott

Marine

  • Cette photo de Wilfred Mott, 17ans, fut prise à Kingston, Ontario en 1943, peu de temps après qu’il ait rejoint la RCNVR.

    Wilfred Mott
  • Morceau de l’insigne recue après l’achèvement du DEMS. Elle se portait sur la manche gauche.

    Wilfred Mott
  • Morceau de l’insigne recue après l’achèvement du DEMS. Elle se portait sur la manche gauche.

    Wilfred Mott
  • Photo de l’écusson du DEMS.

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  • Il s’agit de l’unique photo que Wilfried Mott (au centre) possède de sa période dans le Pacifique Sud sur le Parkdale Parc. Février 1944.

    Wilfred Mott
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"Vous avez vu toutes ces choses, comment sont les autres endroits. On s’en tire plutôt bien ici au Canada. Ça vaut la peine de se battre pour ça."

Transcription

Un artilleur d’un NMED [navire marchand doté d’un équipement défensif] était un artilleur naval formé spécialement, et nous avions des canons Oerlikons de 20 mm, en plus des mitrailleuses Browning de calibre .50. Une grande partie du personnel de la marine marchande avait une certaine formation, ils avaient reçu une courte formation et, donc, ils avaient probablement deux artilleurs navals sur le, voyons voir, sur le 20 mm et le reste était réparti entre les munitions et les autres à d’autres positions sur le canon, et ils étaient entraînés. Bien sûr, nous avions des exercices de tir assez souvent sur le navire, chaque deux semaines ou à peu près. Ces marins marchands, ils étaient affectés à cette tâche, et ils devaient nous aider si nous étions attaqués. Le navire était appelé un navire marchand doté d’un équipement défensif.

Nous étions 2 600. C’est tout ce qu’il y avait dans cette branche de l’armée. Au total, il y avait 100 000 hommes dans la marine, durant toute la guerre. Mais nous étions seulement 2 6700. Nous étions donc différents.

À bord du Ontariolite [un navire pétrolier de la Imperial Oil], nous étions à la poupe. Je veux dire, les marins marchands étaient sur le pont et à la proue, et les artilleurs surveillaient la poupe, je veux dire, surveiller tous les côtés sur la poupe. On surveillait tout ce que l’on pouvait voir, je veux dire, c’est ce qu’il fallait faire. Mais durant le dernier voyage, nous avons perdu – nous étions cinq pétroliers en convoi, et nous sortions de New York – je ne sais pas où nous avons quitté le convoi, les cinq pétroliers ensemble. Nous étions sur un des plus lents des navires. Nous allions seulement à huit nœuds.

Peu importe. Je pense qu’à 10 h, cette nuit-là, ils [des sous-marins allemands], ont fait lancer un SOS au navire le plus rapide, et ils l’ont eu. À 2 h du matin, ils en ont eu un autre. Mais ils ne nous ont pas eus, pas plus que les deux autres. Ils se sont mis en grand danger, je suppose. Je ne sais pas ce que nous avons fait. Je ne sais pas si nous avons été frappés par une tempête ou quelque chose comme ça, je ne sais pas ce qui se serait passé.

Nous avons écouté lorsqu’ils ont lancé la première bombe et nous l’avons entendue. Nous avions un interphone à bord du navire et Sparks, l’opérateur radio, il nous a syntonisé, puis ils ont lancé la deuxième bombe. Ils demandaient ensuite leur canal de diffusion 24 heures par jour pour leurs termes de reddition. Nous étions assez ravis, et c’était tout, c’était terminé. Nous n’avions rien fait. Je suppose que le capitaine nous a donné une pinte de bière chacun, je pense qu’il nous a donné une pinte de bière chacun. C’est ça qu’il nous a donné, oui. C’était tout; c’était notre célébration.

Nous sommes revenus en novembre 1945, et nous nous étions portés volontaires pour le Pacifique. Nous avions déjà été là-bas et c’est à ce moment qu’ils nous ont tous donné une permission de trente jours. Ils nous ont tous renvoyés. Tous les autres qui n’étaient pas venus de New York ont eu leur permission. Tout le monde s’est donc naturellement porté volontaire. Ils ont tous eu leur permission et nous devions revenir. Donc, quand nous sommes revenus, nous avons fini... j’avais 58 jours de permission accumulés et, en conséquence, je n’ai été démobilisé que le 22 janvier 1946.

Eh bien, ils me laissent avec ce que je voulais faire, ce que je voulais faire de ma vie, soit d’aller en mer. Comme ça, et c’était ainsi, on voyait la valeur, on voyait tous ces pays pour le, on voyait toutes ces choses, ce dont les autres endroits avaient l’air. Nous avons beaucoup de belles choses ici, au Canada. Ça vaut la peine de se battre pour ça.

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