Témoignages d'anciens combattants:
Orme Payne

Armée

  • La citation à l’ordre du jour du Sergeant Orme Payne, paru dans une gazette le 4 avril 1946.

    Orme Payne
  • Sergeant Orme Payne aux Pays-Bas, 1945.

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  • Une équipe de hockey de l’Armée Canadienne, Pays-Bas, novembre 1945. Orme Payne est le deuxième sur la gauche dans la rangée du fond.

    Orme Payne
  • Fanfare de trompette du 17ème Régiment de Campagne, Artillerie Royale Canadienne à Petawawa en Ontario le 26 juillet 1941. L’artilleur Orme Payne se trouve à l'extrême droite dans la rangée du fond.

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  • Sergeant Orme Payne (au centre, col ouvert) et ses camarades du 17ème Régiment de Campagne, Artillerie Royale Canadienne à bord du train alors qu'ils rentrent chez eux dans les Prairies, 1946.

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"Si j’étais jeune et inconscient, je pense que je le ferais à nouveau si, vous savez, si les circonstances étaient les mêmes."

Transcription

En 1943, je crois que c’était en octobre encore quand nous (le 17ème régiment de campagne, artillerie royale canadienne) sommes partis pour aller en Italie. La 1ère division (d’infanterie canadienne) était partie là-bas et avait envahi la Sicile en juillet ; et moi j’étais dans la 5ème division (blindée canadienne), une division blindée. Pour un raison quelconque, bon, ils voulaient notre matériel pour l’invasion (de Normandie). Or, nous sommes descendus là-bas sans rien ou à peu près. On n’avait pris aucun équipement, on a rendu tout l’équipement qu’on avait tellement bichonné et on a repris tout l’équipement du 7ème régiment de campagne, artillerie royale. Il y avait un membre des vieux Rats du désert (surnom de la 7ème division blindée). Et vous n’avez jamais vu un tas de ferraille pareil de toute votre vie. On est allés récupérer tout ça, il y avait des camions avec des pneus à plat ; et un camion qui en remorquait un autre, et c’était juste la pagaille. L’équipement que j’ai reçu, les radios et ainsi de suite, on aurait dit qu’elles avaient fait plusieurs guerres avant qu’on les ait.

C’était une unité des prairies avec qui j’étais, principalement. Ces garçons avaient appris à faire fonctionner les machines quand elles ne marchaient pas, alors ils ont tout rafistolé et ont fait marcher tout ça à nouveau. On a passé un autre mois ou plus à calibrer les canons, plus de plans, se mettre en rangs, et puis on est partis au combat, juste après Noël, en janvier. C’était sur le front adriatique. On a commencé à San Leonardo, juste à l’extérieur d’Ortona.

Il y avait deux lignes de défense que les allemands avaient placées là. Il y avait la ligne Gustave (ligne défensive allemande qui passait près de Monte Cassino) et la ligne Hitler (au centre de l’Italie). On devait faire sauter cette ligne-là, traverser et remonter dans la vallée du Liri. Alors on a finit par y arriver vers le 24 mai quand on a fait la percée pour finir, je crois, et ensuite on est remontés en vitesse dans la vallée du Liri jusqu’à l’endroit où on a délivré les américains, à la sortie d’Anzio, où ils étaient depuis le mois de décembre de l’année précédente. On nous a ramenés vers l’arrière et ils ont reçu l’autorisation d’aller à Rome et de la prendre. Ils étaient les héros qui avaient conquis, et nous on était les gars qui avaient fait en sorte que ça se passe, mais sans recevoir les honneurs. Il n’y a pas eu de canadiens autorisés à aller là-bas.

Donc, en tout cas, à partir de là, on est partis faire un mois d’entrainement ou à peu près ; et ensuite on est monté pour percer la ligne gothique (ligne de défense allemande le long des Apennins, chaine de montagne italienne) qui était au nord de Florence. La 5ème division a eu de quoi être fière là-bas. C’était ma division. Ils ont pulvérisé la ligne gothique qui était soi disant imprenable, mais qui ne l’était pas. Le Perth Regiment (du Canada) a été le premier à traverser là ; et juste un petit aparté, le Perth Regiment avait dû marcher une cinquantaine de kilomètres et ensuite se mettre au combat, et les anglais étaient là avec tout ces moyens de transport, ils auraient pu les amener là-haut. Or ils ne l’ont pas fait. Et c’est juste, je ne sais pas ce qui pouvait leur passer par la tête quand ils essayaient de tirer le meilleur de chacun et qu’ils traitaient les hommes de cette manière.

Mais en tout cas, on a traversé la ligne gothique et on s’est battus jusqu’à la vallée du Pô. Je crois que le lac de Comacchio était le dernier poste, la dernière position de canon qu’on avait. En un sens c’était un bon moment. J’ai rencontré plein de gars bien. Si j’étais jeune et inconscient, je pense que je le ferais à nouveau si, vous savez, si les circonstances étaient les mêmes.

Date de l'entrevue: 18 octobre 2010

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