Témoignages d'anciens combattants:
Svend Hansen

Marine

  • Svend Hansen et son père, peu après son enrôlement dans la Marine sur le NCSM (Navire canadien de Sa Majesté) Tecumseth, à Calgary. 1942.

  • Svend Hansen (1re rangée, troisième à partir de la gauche) et l’équipage de la corvette NCSM Hepatica, premier navire sur lequel il a servi, en novembre 1943. Il servira ensuite sur la frégate NCSM Penetang.

  • Affecté aux transmissions, Svend Hansen a reçu le 7 mai 1945 ce message annonçant pour le lendemain le Jour de la Victoire en Europe. Le message suivant disait « Splice the main brace », c’est-à-dire « doubler la ration de rhum » pour fêter l’événement.

  • Le 11 mai 1945, le sous-marin allemand U190 s’est rendu au NCSM Penetang.

  • Svend Hansen (à gauche) et deux amis en permission à Banff, en Alberta, à l’été 1945. Ils s’étaient portés volontaires pour servir dans le Pacifique, mais le Jour de la Victoire au Japon est survenu avant qu’ils ne se présentent à leurs nouveaux navires.

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"Eh bien, pendant la guerre, tous les messages envoyés par la Marine aux navires en mer étaient codés, et il fallait les décoder en texte clair et les mettre par écrit à l’intention des autorités compétentes."

Transcription

Je m’appelle Svend Hansen, et lorsque je me suis enrôlé dans la Marine, je vivais à Calgary où j’avais déménagé pour faire mes études secondaires. Je les ai terminées en 1942 et dès l’automne, certains de mes amis s’enrôlaient dans les forces armées et l’un d’eux s’est joint à la Marine. Si bien que vers la fin 1942, je me suis présenté au NCSM Tecumseth à Calgary pour m’enrôler moi aussi dans la Marine, plus précisément dans la Réserve de volontaires de la Marine royale du Canada, affectueusement baptisée la RVMRC. Après un court entraînement de base et un bref séjour à Calgary, notamment pour recevoir nos uniformes, on m’a envoyé à Saint-Hyacinthe, au Québec, où se trouvait l’école des transmissions de la Marine, qui comptait là-bas trois divisions des transmissions. L’une regroupait ce qu’on appelait les signaleurs, qui travaillaient sur le pont à la signalisation et aux transmissions lumineuses avec les officiers. Il y avait aussi les télégraphistes à terre et enfin les codeurs, qui… eh bien, pendant la guerre, tous les messages envoyés par la Marine aux navires en mer étaient codés, et il fallait les décoder en texte clair et les mettre par écrit à l’intention des autorités compétentes. C’est dans ce domaine que j’ai suivi un entraînement intensif à Saint-Hyacinthe, après quoi je me suis rendu à Halifax pour bientôt embarquer sur le NCSM Hepatica, qui était une corvette classe « Flower ». C’était en fait l’une des 10 corvettes originales que le Canada avait rapportées de Grande-Bretagne au début de la guerre. J’étais donc codeur de signaux et il y avait à bord deux autres marins qui l’étaient aussi. Nous étions donc trois codeurs en tout, plus trois télégraphistes à terre et trois signaleurs. Je suis resté longtemps sur le NCSM Hepatica, et tout ce temps dans l’Atlantique Nord, dans ce que nous appelions affectueusement le Triangle Run entre Halifax, St. John’s Terre-Neuve, New York et Boston, à déplacer des convois à l’est comme à l’ouest. Sans trop pouvoir l’expliquer, rien de vraiment marquant ne s’est produit durant cette période en matière de torpillages, de naufrages ou d’attaques ennemies. Il y avait sûrement de l’action dans les convois qui nous suivaient et nous précédaient, mais le nôtre a été à peu près épargné.
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