Témoignages d'anciens combattants:
Charles William “Chuck” Hubbard

Forces aériennes

  • Portrait du Sergeant de Vol Charles Hubbard, Aviation Royale Canadienne (RCAF), Circa 1944-1945

    Charles Hubbard
  • Epingle en forme d’aile d’artilleur aérien radiotélégraphiste, Aviation Royale Canadienne (RCAF)

    Charles Hubbard
  • Ecusson “ailes” de l’Aviation Royale Canadienne (RCAF) incrusté dans un médaillon en forme de cœur.

    Charles Hubbard
  • Charles Hubbard à Ottawa, Ontario, le 8 novembre 2010.

    Historica Canada
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"J’ai immédiatement ouvert le feu avec ma mitrailleuse. Et ils ont riposté et je ne crois pas qu’on se soit touchés ni les uns ni les autres. Mais ils se sont immergés très rapidement."

Transcription

J’étais mitrailleur radiotélégraphiste, ils les appellent WAG. Je volais à bord de, dans des appareils de grande taille, où il y avait des mitrailleuses. Je m’occupais de, d’accord, à propos de l’avion dans lequel je volais, il y avait le Canso, qui est un hydravion. Il y avait des compartiments bullés à mi-chemin du corps de l’appareil et il y en avait deux et il y avait des mitrailleuses dedans. Et ils avaient une mitrailleuse dans le nez à l’avant. Alors moi j’étais à un de ces postes ou en train de faire marcher la radio pendant le vol.

Mon premier travail c’était à Botwood Bay (Terre-Neuve). Je suis parti de là-bas pour aller à Halifax, bon Sydney, en fait, Nouvelle-Écosse. Et ensuite de là à Gander, Terre-Neuve. Et le reste de mon temps je l’ai passé là-bas à Gander. On survolait l’Atlantique, très souvent plus près de l’Europe que du Canada, à la recherche de sous-marins allemands. De temps en temps, on voyait des sous-marins.

Une fois, un des sous-marins, on était juste en train de voler et je me trouvais à l’avant à opérer la mitrailleuse avant, j’ai vu ce sous-marin et, en fait il était à la surface. Je ne sais pas ce qui les avait amenés à la surface, mais en tout cas, j’ai immédiatement ouvert le feu avec ma mitrailleuse. Et ils ont riposté et je ne crois pas qu’on se soit touchés ni les uns ni les autres. Mais ils se sont immergés très rapidement.

Et maintenant, l’autre chose qu’on a faite c’était, là où ils se sont immergés, on a quadrillé la zone avec des grenades sous-marines. Et on est descendus, quand la pression est arrivée à un certain point, ça explosait. Et on les a regardées exploser, mais on ne savait pas si ce sous-marin était encore dans les parages ou non. Je ne sais toujours pas si on avait réussi.

Et puis une autre fois, en arrivant pour l’atterrissage – les ailes avaient des flotteurs dessus, qui étaient rétractables, et les flotteurs sont descendus, mais il est arrivé et d’une manière ou d’une autre, il l’a incliné et un des flotteurs s’est retrouvé sous l’eau. Et l’appareil a juste fait, (bruitage), comme ça. Or, cet appareil avait des couchettes parce qu’on faisait des sorties de 12,13, 14 heures d’affilée. Et je dormais dans une couchette quand c’est arrivé. Le virage brutal m’a projeté contre la cloison et m’a assommé. Quand je suis revenu à moi, je me suis assis sur la couchette et j’ai réalisé que j’avais de l’eau jusqu’aux genoux et alors je suis sorti. Et j’étais un nageur de compétition quand j’étais jeune alors j’ai commencé à nager. Mais j’étais en pleine confusion et tout désorienté à cause du coup sur la tête et je ne savais pas ce que je faisais mais je nageais vers le large.

Les autres gars, un bateau est arrivé du rivage pour leur porter secours, et tout le monde, ils se sont entassés dedans et puis ils ont réalisé que je n’étais pas là. Ils sont repartis vers l’appareil, qui était en train de sombrer, et ils ont regardé et en fait quelqu’un est même allé voir dedans, et bien sûr ils ne m’ont pas trouvé. Alors ils ont pensé, bon, il est parti à la nage, parce qu’ils savaient que j’étais un excellent nageur. Et ils ont tourner autour. Quand ils m’ont retrouvé j’étais à 300 mètres au large. Ils m’ont sorti de l’eau, j’étais toujours désorienté. C’est la seule chose qui me soit arrivé du point de vue blessure, vous savez. Et ce n’était pas grave, alors. Si je n’avais pas été un bon nageur, je ne serais sûrement pas là aujourd’hui.

Date de l'entrevue: 8 novembre 2010

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