Témoignages d'anciens combattants:
Kenneth Byron

Armée

  • Kenneth Byron avait capturé un officier de l'Armée allemande, le fit prisonnier de guerre et le dispensa de son arme; il s'agit ici d'une photo du pistolet Luger.

    Ken Byron
  • Photo d'un casque de l'armée britannique porté lors de la Seconde Guerre mondiale qui fut offert à Kenneth Byron pour fêter son 30ème anniversaire de service continu, 1966.

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  • Il s'agit du béret de Kenneth Byron, qui était le couvre-chef officiel du Régiment Ecossais Canadien.

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  • Médailles de service de la Seconde Guerre mondiale de Kenneth Byron, de gauche à droite: Etoile de 1939-1945, Étoile France-Allemagne, Médaille de la Défense, Médaille Canadienne des Volontaires et Médaille de la Guerre (1939-45) ainsi que ses médailles post-guerre de Corée, OTAN et Nations Unies.

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  • Le service militaire de Kenneth Byron a duré du 24 janvier 1939 au 15 mai 1976.

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"On est arrivés sous des tirs de mortiers légers quand on a touché le rivage, atteint le sable, et une grappe d’obus de mortier est tombée tout près."

Transcription

On était près de Seaforth (Angleterre) et à différents endroits le long de la côte. Et plusieurs mois sur l’Île de Wight, et puis retour du côté de Southampton en 1944. On avait fait plusieurs essais de débarquement à Studland Bay y compris enfiler notre équipement complet avec les munitions. Donc on a eu un nouvel appel et on pensait que c’était encore un de ces exercices d’entraînement comme d’habitude, quand plus tard ce soir-là, on était sur le vaisseau mère et le navire sur lequel se trouvait ma compagnie, le navire sur lequel se trouvait le Canadian Scottish (Regiment (Princess Mary’s)) c’était le (NCSM) Prince Henry. Et c’était le vaisseau mère avec le bâtiment de débarquement dessus, le LCA (bâtiment de débarquement d’assaut), qui se balançait accroché sur le pont.

Bon, vers 10h ce soir-là, ils nous ont appris la nouvelle. Ils ont dit, cette fois c’est pour de bon, on prend la mer. Et ils nous ont dit où on allait en Normandie, et ils ont produit les photos aériennes, et des cartes de la baie de la Seine, et de Juno Beach où on a débarqué. On est arrivés sous des tirs de mortiers légers quand on a touché le rivage, atteint le sable, et une grappe d’obus de mortier est tombée tout près. Et le soldat qui était juste devant moi c’était mon contrôleur de tir de mortier numéro un, et il a été tué. Il a eu un morceau d’éclat d’obus qui lui a traversé le front et moi j’ai reçu un éclat d’obus sur le visage à cinq centimètres à peine en dessous de mon œil droit. Et on me l’a retiré il y a seulement cinq ou six ans parce j’avais toujours un peu de métal dans le visage, et on ne pouvait pas me faire d’IRM.

Alors j’ai mis ma main là-haut et elle était couverte de sang parce que ce qui était arrivé, l’éclat avait tranché une artère. Et le médecin militaire là-bas, un gars du nom de Capitaine (J.C.G.) Young, c’était notre médecin régimentaire à ce moment-là. Le gars des premiers secours est venu et il a dit, appuyé sur le point de compression, ce que j’ai fait, et le Capitaine Young nous a rejoint et il a dit, je vais m’occuper de ça et il m’a fait des points de suture. J’ai dit, est-ce que je peux y retourner et il a dit oui. Et le commandant de ma compagnie, un gars originaire de Duncan, le Major Dick Lendrum, es-tu prêt à repartir, et j’ai répondu oui. Et il a dit, bon, remet de l’ordre dans ton peloton et quittez la plage. Il a dit, c’est toi le commandant de peloton désormais parce que votre officier n’est plus en état, il est grièvement blessé.

Les briefings étaient très complets et l’entraînement, les cartes et les photos aériennes, ils savaient que ce genre de chose allait se produire, et ça a été le cas. Mais à travers l’entraînement et les renseignements qu’on avait, on savait quel était l’objectif et le but du jeu n’était pas de se battre. Quand on tombait sur des poches de résistance ennemie, on les contenait en faisant feu et on les contournait. Ce soir-là, je suis finalement arrivé dans ma compagnie aux alentours de 9 heures du soir, juste après qu’ils aient atteint l’objectif. À ce moment-là, on avait débarqué, et notre brigade était composée du Royal Winnipeg Rifles de la région de Winnipeg, du (Royal) Regina Rifles (Regiment) qui était de la Saskatchewan et du Canadian Scottish. Ils étaient connus sous le nom de Western Brigade et ce fut la seule organisation qui réussit à atteindre tous ses objectifs le jour J.

Et le commandant de ma compagnie m’a regardé et il a dit, j’ai dit, maintenant je peux rester. J’ai dit, je n’ai pas autant mal que ça, mais j’étais, je n’étais pas beau à voir parce que mon uniforme et mon visage étaient couverts de sang séché, j’étais plein de sang et de poussière. Et je n’étais pas joli à voir et il a dit, non. Il a dit, sergent, tu ferais mieux repartir, parce que ton aspect physique ce n’est pas bon pour le moral des troupes. Alors il a dit, c’est mieux que tu repartes et que tu te fasses rafistoler un peu, il a dit, et après tu reviens.

Je suis reparti et j’ai passé la nuit sur la plage, près de la plage à nouveau, et il y a eu des combats rapprochés (combat aérien) pendant toute la nuit et les canonnières bombardaient vers l’intérieur avec de gros canons lourds de 30 et 40 centimètres de diamètre, les cuirassés au large dans la baie ; et puis il y avait les combats rapprochés et tout le reste, et des tirs avec des armes légères, la totale. Et ça a été une nuit agitée.

Date de l'entrevue: 26 octobre 2010

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