Témoignages d'anciens combattants:
Lyle Dales

Forces aériennes

  • Lyle Dales (à gauche) avec les aviateurs Cliff et Bill à Trafalgar Square, Londres, Angleterre, 1944.

    Lyle Dales
  • Sélection de pages du journal de bord de 1940-1946 de Lyle Dales.

    Lyle Dales
  • Lyle Dales en Birmanie (1945).

    Lyle Dales
  • Lyle Dales se tenant devant son campement en Birmanie en 1945.

    Lyle Dales
  • Monsieur Lyle Dales le 8 décembre 2010 à Milton, Ontario.

    Historica Canada
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"C’est ça et on faisait, on parachutait des soldats, on parachutait du ravitaillement aux hommes parce qu’en Birmanie il n’y avait pas de routes, juste des chemins. Bon, quelques routes, mais à travers la jungle."

Transcription

On est partis en Inde et, bien sûr, c’est quand j’étais dans cet escadron. Parce que nous étions des instructeurs de saut, j’étais instructeur de saut. Mais mon navigateur, le pilote, c’était un homme maladif et il se sentait mal, vous savez, quand il volait, et il faisait terriblement chaud sous ce soleil de plomb. Et ça le rendait malade, et il s’endormait. Et très souvent il disait, Lyle, tu peux prendre le relai, je ne peux pas piloter. Vous voyez, j’avais toujours voulu être pilote, alors j’étais bel et bien prêt pour ça.

Et puis un jour, on était en train de décoller juste au dessus de la rivière Irrawaddy (Birmanie), de, j’ai oublié le nom de l’endroit, mais une toute petite piste. Et un moteur tombe en rade. Et juste comme ça, je savais ce qui n’allait pas parce que je savais comment piloter ce sacré avion. Et j’ai juste appuyé sur le bouton pour mettre en drapeau. Il y avait deux boutons là et lequel servait à quoi, bon, je savais ça. Dieu merci parce que si j’appuyais sur le mauvais, on se crashait ! C’était déjà assez terrible sans le moteur qui marchait, on aurait été dans le jus, et c’était une grosse rivière.

Mais en tout cas, on l’a posé et ensuite il n’arrivait plus à le remettre en marche. Alors on est restés là pendant deux ou trois jours, je ne me souviens plus combien, juste au bord de la jungle et on a attrapé la malaria là-bas en étant, on n’avait pas de moustiquaire. Et on a attrapé la malaria là-bas et il a fallu qu’on nous soigne pour ça, et même sur le bateau en rentrant chez nous.

C’était un escadron de la RAF le 194ème. C’est ça et on faisait, on parachutait des soldats, on parachutait du ravitaillement aux hommes parce qu’en Birmanie il n’y avait pas de routes, juste des chemins. Bon, quelques routes, mais à travers la jungle. C’est terrible comme jungle, oui. Et la 14ème armée britannique dans la jungle, c’était eux les combattants, vous voyez, et ils avaient bien du mal à trouver quelque chose à manger parce que dans la jungle, vous ne pouviez pas boire l’eau. La nourriture qu’on larguait c’était du riz. Ils avaient l’habitude de le mettre dans des sacs de 45 kilos et ils le mettaient dans un sac plus grand et ils le mettaient dans un autre vraiment très grand, de la taille d’un matelas double. C’était 45 ou 90 kilos. Et on devait, vous savez ce que c’est que de s’occuper de ça.

Alors on devait les larguer et il fallait qu’on les empile comme, le pilote allait dans cette direction et ensuite on les empilait pendant qu’il faisait son circuit, et ensuite on essayait de les jeter dehors. Or, on les jetait dehors depuis quelque chose de l’ordre de 300 à 700 pieds, je pense. Et ils tombaient et ça faisait craquer les deux premiers sacs, mais le troisième tenait. Autrement, le riz aurait été perdu, vous voyez. Et on a même pris des bidons de 120 litres d’essence, juste nous deux là-bas, on essayait de les faire rouler quand on faisait le tour du circuit, l’avion allait comme ça. Si je n’avais pas été fort, je n’aurais jamais pu faire ça.

Ils avaient une petite clairière quelque part dans la jungle. Or, si mon navigateur n’avait pas été une perle d’homme, c’était un professeur, il enseignait quelque part dans l’ouest à l’université, ou quelque chose comme ça. Et il était très intelligent et il arrivait toujours à la trouver (la clairière). J’en connais d’autres qui n’y arrivaient pas parce qu’apparemment personne d’autre que nous à qui j’ai parlé n’a parachuté des soldats, mais nous on l’a fait. On a parachuté plein de Gurkhas (soldats de l’armée des indes britannique). Et c’était des gars formidables. Vous vous tenez à la porte et vous les mettez tous en colonne. Je devais faire une colonne et puis je devais leur mettre le câble sur eux, et leur parachute sur eux, et tout. Et m’assurer qu’ils étaient fins prêts à sauter parce que si je ne les avais pas correctement arrimés au câble, il y avait des problèmes.

Deux cent et vingt deux vols on a fait là-bas. Bon il y en a eu des bons et des moins bons, mais on a toujours trouvé l’endroit et on a toujours parachuté ce qu’on avait. On ne larguait rien à moins qu’ils soient là pour nous dire où, oui.

Date de l'entrevue: 8 décembre 2010

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