Témoignages d'anciens combattants:
Leon Dopke

Armée

  • Leon Dopke, son ami et sa petite amie, Londres, Angleterre, 1945.

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  • Portrait officiel de Leon Dopke pris en Angleterre après-guerre en 1945.

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  • Leon Dopke (deuxième à gauche) se tient devant les cuisines alors qu’il est en Italie, 1944.

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  • Livret de service et de paie de Leon Dopke, de 1944 à 1946.

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  • Le 21 avril 1945, la ville de Bologne en Italie a délivré un certificat aux soldats de la 3ème Brigade Polonaise qui est arrivée en premier pour libérer la ville.

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"Guerre c’était la guerre, vous savez, quand on est enfant, ça vous est un peu égal jusqu’à ce que vous ayez grandi dans un pays occupé pendant la guerre et que vous voyez ce que l’ennemi peut vous faire."

Transcription

Quand la guerre a commencé, je travaillais dans une ferme. À 6 heures du matin, les avions allemands sont arrivés et ont survolé mon village pour aller dans une ville qui s’appelle Puck (nord-ouest de la Pologne), bon vous épelez ça comme le mot puck (palet). Il y avait l’armée de l’air polonaise qui était là-bas ou en garnison là-bas ; et ils voulaient détruire l’armée de l’air polonaise, et ils l’ont fait. Et puis environ 8 heures plus tard, comme j’habitais près de la frontière allemande, environ huit heures plus tard, on a vu l’armée allemande arriver au pas de charge dans mon village. Ça a été mon premier contact avec les allemands. Comme j’étais un gamin, 14,15 ans, je ne m’y suis pas tellement intéressé, bon, la guerre c’était la guerre, vous savez, quand on est enfant, ça vous est un peu égal jusqu’à ce que vous ayez grandi dans un pays occupé pendant la guerre et que vous voyez ce que l’ennemi peut vous faire.

J’ai eu la chance de pouvoir m’enfuir en Allemagne, en France, et de rejoindre l’armée polonaise dans l’ouest. Quand les forces alliées ont débarqué en Normandie, je me suis rendu à l’armée canadienne et dit, je suis polonais, alors ils m’ont immédiatement envoyé au quartier général polonais en Angleterre. Et on était environ 2000, alors ils nous ont envoyés dans le corps d’armée canadien polonais en Italie. C’était en novembre 1944.

On y est allés en bateau et ça nous a pris neuf jours et dix nuits pour faire le voyage d’Angleterre en Italie. Ils nous ont fait suivre un entrainement de deux ou trois semaines et ils ont dit, maintenant, vous allez partir dans certaines unités. Alors on est tous partis dans certaines unités… comme remplaçants. Donc j’ai passé trois semaines là-bas à peu près et ensuite ils nous ont envoyés dans le nord des Apennins, les montagnes, sur le front.

Alors le 15 mars, il y avait comme partout, les aviateurs américains bombardaient la ligne allemande, artillerie lourde, unités de chars, qui arrivaient sur la ligne de front. Et le 15, on a commencé à percer à travers la ligne allemande. Et à partir de ce jour-là, on avançait un peu plus chaque jour ou presque, jusqu’à ce qu’on arrive à la ville de Bologne. Alors à 6 heures du matin à peu près, il faisait à peu près jour, alors on a avancé jusqu’au centre de la ville. Il n’y avait pas trop de défense allemande parce que je pense qu’ils avaient compris que la guerre était sur le point de se terminer.

On avait davantage peur des gens qui venaient pour se rendre que des soldats parce qu’ils étaient tellement nombreux et on était si peu, on ne savait pas quoi faire avec eux, vous savez. Alors ça a été un moment assez effrayant. Et à un moment donné, il y avait un citoyen italien qui a couru vers moi et il me disait, tedeschi, tedeschi, tedeschi, en italien ça veut dire, allemand, allemand. Alors je lui demande où et il me répond qu’il y a une belle villa, il y avait un groupe de SS allemands, 12 nazis là-bas. Alors j’ai demandé au commandant de ma compagnie si je pouvais aller libérer ça, reprendre cette chose. Et il a dit oui.

Alors on est descendus là-bas et par chance, mais je ne sais pas si c’était de la chance ou quoi, mais un de mes amis a dit, Leo, Leo, Leo, fais attention, fais attention, il t’a dans sa ligne, prêt à te descendre. J’avais une mitraillette, alors j’ai tiré avec, j’ai juste tiré. J’ai dû effrayer le gars parce qu’il était dans un arbre. Et il est tombé de l’arbre, (rire) et ça m’a sauvé la vie. Alors c’était comme, il faut en rire. Mais vous aviez la mort qui vous regardait toujours en face, vous savez. Ça vous dit tout le temps, hé mon gars, ne sois pas, sois très prudent, je suis toujours là.

Date de l'entrevue: 17 novembre 2010

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