Témoignages d'anciens combattants:
Barry “Aikey” Caplan

Forces aériennes

  • Photo de Barry Caplan prise en Angleterre en 1942.

    Courtesy of Barry Caplan
  • Photo de Barry Caplan prise en 1942 alors qu’il allait quitter l’Angleterre.

  • Photo de Barry Caplan prise avant son départ à l’étranger, 1942.

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"Mais c’était très pénible car il fallait tout le temps être sur le qui-vive, et vous deviez être juste, vous savez, pas d’ennuis."

Transcription

On allait à Leverkusen et sur le chemin du retour, on a été frappés par des tirs de DCA, très sévèrement. J’ai su tout de suite et il nous a donné l’ordre de sauter en parachute. Comme j’étais le navigateur, j’étais assis sur la trappe que je peux enlever et la partie avant de l’avion a la possibilité de venir juste derrière moi. Et l’ouverture se trouvait là, alors on est sortis, tout l’équipage, sauf le pilote. Et je peux passer en revue un tas de choses différentes et même, vous savez comme, j’en ai parlé, sauter en parachute et ainsi de suite, mais ça fait tout partie de la même chose. Et ça n’a pas pris longtemps alors que j’essayais de marcher vers l’ouest, je me suis fait prendre par, en fait, j’ai eu de la chance parce que c’est un policier qui m’a attrapé, pas un soldat de l’armée régulière ni les nazis, ou autre. Il m’a emmené dans un aéroport et comme j’étais en quelque sorte de la partie, ils se sont vraiment occupés de moi… Mais ensuite, bien sûr, après ça, ils m’ont fait partir ailleurs. Si vous ne faisiez pas quoi que ce soit ou si vous ne suiviez pas les règles, vous pouviez avoir des ennuis. Mais si vous agissiez normalement et vous occupiez de vos propres affaires, au moins ils ne nous faisaient pas de mal. Et la seule chose qui s’est produite c’était, après un an, on a reçu l’ordre, tous le personnels juifs devaient sortir. Et on ne savait pas ce qui se passait. On savait qu’on ne nous aimait pas, mais on ne savait pas ce qui se passait en fait. Donc, mais on était inquiets. Et la première fois a été annulée et puis la deuxième fois, on est sortis. Mais au lieu de partir ailleurs, je suppose que la guerre approchait de la fin là-bas, je ne sais pas pourquoi, mais ils nous ont mis dans une caserne séparée du côté américain. Alors on a été séparés. Mais il ne s’est rien passé, la guerre s’est terminée et on est rentrés chez nous. C’était un petit bâtiment là où les canadiens allaient avec de plus petites pièces et en ce qui concernait les conditions pour dormir, c’était comme ce que vous voyez dans les camps de concentration au sens où la plupart du temps, dans notre camp en tout cas, je ne peux pas parler au sujet de tous les camps, mais c’était un lit en haut et un en bas, mais c’était juste un truc en bois comme vous voyez dans les camps. On avait une espèce de matelas en paille, quelque chose avec de la paille dedans. Alors la manière dont on vivait, c’est juste dans le fond, ce n’était pas si mal. Mais c’est juste comme ce que vous voyez dans les camps de concentration. C’est juste un haut en bois et un bas, et quelquefois on avait une table, vous savez, certains n’ont pas de tables. Et quelques chaises et voilà tout. Et ils avaient un petit chauffage, mais on n’avait pas de charbon tout le temps, alors on se gelait pas mal. C’était vraiment le minimum. Et c’était comme ça. Les américains en ont eu des tout neufs parce que ça se remplissait tellement vite, ils ont dû construire de nouveaux bâtiments, des petits bâtiments, mais ils étaient pareils. C’était juste comme, je pense que si vous avez vu des films avec la guerre, les prisonniers de guerre, c’est assez proche de comment on vivait. Mais c’était très pénible car il fallait tout le temps être sur le qui-vive, et vous deviez être juste, vous savez, pas d’ennuis. De temps en temps, la Red Cross ou qui que ce soit, envoyait quelque chose. Par exemple il envoyaient des cartes, alors vous jouiez au bridge et appreniez à jouer au bridge. Mais vous faisiez ça seulement pendant un certain temps et vous étiez, vous en aviez marre. Donc ça ne durait pas longtemps. Mais ils essayaient toujours quelque chose. Une fois, ils ont apporté une batte et une balle, quelqu’un, de la Croix Rouge ou autre, et on a commencé à jouer au baseball. Alors on a joué au baseball un petit peu. Et ils ont essayé d’avoir, vous savez, une petite bibliothèque et malheureusement c’était bien, mais je pense qu’il n’y avait pas trop de gars, une toute petite partie était des lecteurs, je ne crois pas que ça ait beaucoup servi, mais ils essayaient de faire de leur mieux. Ce n’était pas grand-chose mais c’était quelque chose. Et je peux vous raconter une chose horrible. J’étais dans un lit superposé. J’avais le lit du haut et on avait quelqu’un dessous ; et une nuit, j’ai entendu un drôle de bruit et j’ai regardé en bas, j’ai vu une grande quantité de sang. Alors j’ai réveillé l’autre gars à côté de moi sur le lit du haut et on a trouvé ce gars, pauvre gars, c’était un membre d’équipage, c’était un prisonnier de guerre, et il ne se comportait pas d’une manière très, comment dire, il n’était pas dans son assiette avant ça depuis deux ou trois mois à peu près. Et il a fait une tentative de suicide. Mais le temps de trouver quelqu’un qui vienne de chez les allemands, il est décédé. Et ils ont organisé un énorme enterrement pour lui dans le camp, juste pour montrer à tout le monde que, vous savez, faire ce que vous devez faire, je suppose. Et voilà. Et j’ai traversé tout ça. Je ne me suis pas rasé pendant de nombreux mois. Les russes passaient devant nous, nous ont laissés tranquille. Mais on ne pouvait aller nulle part, il fallait qu’on attende qu’ils viennent nous chercher en avion. Alors ça a pris deux semaines. Alors on est juste restés là-bas pendant deux semaines, les allemands étaient partis, les gens du camp, et on a attendu l’arrivée de nos avions. Et pour finir ils sont arrivés, mais ça a pris deux semaines avant qu’on sorte du camp.
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