Témoignages d'anciens combattants:
Andre “Andy” Charlebois

Armée

  • André Charlebois à l'hôpital de Bruges, Belgique, le 15 mars 1945.

    André Charlebois
  • André Charlebois (3ème à droite) en Allemagne, 1946.

    André Charlebois
  • Télégramme du Canadien National adressé à Alexina Charlebois, la mère d'André, pour l'informer que son fils a été sévèrement blessé, le 20 mars 1945.

    André Charlebois
  • André Charlebois à Utrecht, Pays-Bas, 1945.

    André Charlebois
  • Lettre provenant de la Chambre des Communes, du ministre des Transports Lionel Chevrier, adressée à la mère d'André Charlebois pour la réconforter (13 mars 1945.)

    André Charlebois
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"Quelqu'un m'a demandé si on avait très peur. On avait des moments c'est sur mais on devenait tanné d'avoir peur."

Transcription

Quand je me suis retrouvé seul dans ma tranchée, ça m'a pris trois jours pour avoir un remplaçant. Le gars qui m'a remplacé après trois jours était très timide. Il priait tout le temps. Il avait un rosaire dans ses mains. J'ai rien contre la prière, vous savez, mais j'aurais aimé avoir quelqu'un de plus brave que moi. Je n'oublierais jamais ça; le gars qui était timide est devenu un bon soldat après. Il avait peur et c'était naturel. Quelqu'un m'a demandé si on avait très peur. On avait des moments c'est sur mais on devenait tanné d'avoir peur. Donc ça se calmait à moins qu'un incident tragique arrive, là on commence à avoir peur de nouveau. Mais nous n'avions pas peur continuellement, c'est la nature. Tu ne deviens pas brave mais tu as moins peur. Ça vient par coups. Ils nous disent « On déménage, on s'en va ailleurs.» On commence à avoir des sentiments dans le ventre. Il y a des soldats qui n’aiment pas se faire diriger au front. L'entraînement au Canada est différent de l'entraînement au front. Parce que je ne peux pas dire à quelqu'un, «Fait ci, fait ça.» Le gars va se tanner. Il n'acceptera pas des commandements autant que si on était au Canada. Les officiers ont aussi peur que moi. Ils font attention comment ils traitent les soldats. Je devrais dire qu'ils ont moins d'autorité. J'ai remarqué ça. J'ai peut-être tort. C'est comme ça que je l'ai interprété. Je me rappelle il y avait un soldat qui était tanné, il dit à l'officier qu'il voulait aller en vacances. L'officier lui répondit qu'il ne pouvait pas aller en vacances car il manquait trop d'hommes. Je n'étais pas rendu à ce point-là. Je n'ai pas été là assez longtemps. On entendu une motor bomb, une bombe. Dans l'armée on avait été entrainé à compter jusqu'à huit. Après 8 on continuait à faire ce qu'on faisait. J'ai compté jusqu'à huit, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit. J'ai peut-être compté trop vite. J'ai senti quelque chose me bruler dans le dos. J'avais un manteau de pluie, on appel ça un gas cape. J'ai tourné le gas cape et j'ai remarqué qu'il y avait un trou. Je savais que j'avais été frappé. Ça été mon tour à aller à l'hôpital. Avant d'aller à l'occupation (occupation militaire de l’Allemagne par les troupes canadiennes), mon régiment est allé s'installer dans une petite ville de Hollande. La ville s'appelait Arissen (Assen). Ils nous ont débarqués dans une usine. Ce qui était plaisant c'est que c'était une usine qui fabriquait des matelas. Donc chaque soldat avait son matelas. On a récupéré le sommeil qu'on avait perdu. Nous avons été là une semaine et chaque soir nous avions notre matelas. On a bien ri. Avoir un matelas après avoir couché dans les tranchées. Peut-être que beaucoup de ces gens-là étaient contents que la guerre soit finie, car ils manquaient de nourriture. Habitué d'être servi et d'être payé à petit salaire mais quand même. Habitué d'être dans l'armée. Je me cherchais un emploi. Toutes ces choses-là m'effrayaient un peu. Je n'ai pas trouvé de travail rapidement. J'étais peut-être pas super intelligent car je n’informais pas mes futurs employeurs que j'avais fait la guerre, pourriez vous me donner un travail ? Je n'ai pas même pensé de chercher du travail en leur disant que j'étais un vétéran. C'est pour ça que ça m'a pris du temps à trouver un emploi. Ça m'aurait aidé mais je n'ai pas pensé à le faire. On était jeune, on ne connaissait pas tout les trucs.
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