Témoignages d'anciens combattants:
Charles Leo Cleary

Armée

  • Médailles de service de Charles Cleary (de gauche à droite) : Médaille de Remerciement des Pays-Bas, Etoile de 1939-1945, Etoile de France et d’Allemagne, Médaille Canadienne du Volontaire (CVSM), et Médaille de la Guerre (1939-1945).

    Charles Cleary
  • Charles Cleary, Shubenacadie, Nova Scotia, 29 septembre 2010.

    Charles Cleary
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"on est allés droit au combat, pas d’entrainement, rien du tout. Arriver là-bas et se battre tout simplement, vivre ou mourir. C’était à peu près ça."

Transcription

J’ai rejoint l’artillerie de défense côtière, la 85ème batterie côtière (brigade de l’artillerie canadienne) et c’était sur la chaussée qui allait vers Cap-Breton. On avait des canons au sommet d’une colline là-bas. Donc c’est là-bas qu’on est allés et c’est là qu’on s’est entrainés. Au fur et à mesure que le temps passait, on changeait. Un hiver on l’a passé à Sydney en Nouvelle-Écosse. Un autre hiver on l’a passé à Halifax sur la côte dans l’artillerie. Alors on est resté là-bas jusqu’à la fin de la guerre ou presque ; et jusqu’à ce que l’invasion (de Normandie) arrive en juin et on nous a tous emmenés en Angleterre. L’Angleterre débordait de soldats, ils ne pouvaient plus faire face. Alors ils ont gardé les soldats à différents endroits jusqu’à ce que l’invasion commence. Donc quand il leur a manqué 2000 d’entre eux, ça a été notre tour et ils nous ont envoyés là-bas direct. Alors on est partis là-bas et on a commencé à se battre immédiatement en France. C’était en juin, juste après l’invasion. Tout était très excitant à ce moment-là. Le ciel était rempli d’avions et dès qu’on a débarqué en France, il n’y avait plus rien d’autre que des chars et des soldats, et tout ce qui se passait d’autre. Plutôt sauvage, en particulier en Angleterre où ils bombardaient jour et nuit. Bon, nous (les Stormont, Dundas et Glengarry Highlanders) on a débarqué en France et on a remplacé les troupes qui étaient là-bas. Ils étaient pas mal déglingués. Alors on les faisait sortir et on nous faisait entrer, et on est allés droit au combat, pas d’entrainement, rien du tout. Arriver là-bas et se battre tout simplement, vivre ou mourir. C’était à peu près ça. Il y avait un endroit en France où, ça s’appelait la poche de Falaise ; et on avait pris plein de prisonniers allemands pendant un jour ou deux là-bas. Enfin quoi qu’il en soit, un des officiers allemands, il avait parlé avec notre commandant et il disait qu’ils avaient beaucoup d’allemands qui étaient blessés, il voulait avoir la permission de les amener, alors on l’a autorisé à retourner avec ses soldats. Le matin suivant à 3 heures, il a amené tous ses soldats et ses chars et il nous a écrasés. Alors on n’a pas été très bien récompensés. J’ai été fait prisonnier et mon meilleur ami a été tué là-bas. Alors voilà ça c’est passé comme ça. Et, bien sûr, les allemands étaient, je ne crois pas qu’ils savaient quand ils étaient, en tout cas ils étaient tellement pourchassés. À trois ou quatre, deux gars de l’Ontario et un de Cap-Breton, et moi-même, on a pris un boche qui était mort. On leur a dit qu’on l’emmenait à notre poste de secours. Évidemment, dès qu’on s’est trouvés hors de leur champ de vision, on l’a laissé, et on revient de notre côté. On est repartis au combat deux jours plus tard. On est arrivés là-bas en juin, et on a traversé la France, on a traversé la Belgique. Cet hiver-là, on était en Hollande et ensuite au printemps suivant, on a mis la gomme pour aller en Allemagne, de l’autre côté du Rhin. Et c’était très confus. Ça s’est terminé au mois de mai, mais il n’y avait pas d’arrêts là-bas. Les combats ont été incessants, du début à la fin. Et puis le dernier jour de la guerre, on se battait en Allemagne à ce moment-là, alors on a reçu l’ordre de cesser le feu – la guerre était terminée. En tout cas, on était dans une vieille grange là-bas, terrés, on n’avait plus le droit de tirer. Et les allemands eux ne laissaient pas tomber, et ils continuaient à nous tirer dessus. Et ils ont atteint cette vieille grange dans laquelle on se trouvait, et c’est là que je me suis fait blessé dans le cou. J’ai été blessé là-bas. Finalement on a réussi à obtenir des allemands qu’ils arrêtent la fusillade. À partir de là, on est allés au port d’Emden en Allemagne et on était les troupes d’occupation là-bas. On faisait venir tous les bateaux qui étaient au large et qui étaient censés se rendre. Et il venait vers nous pour se rendre. On est restés là-bas pendant un mois. Et puis après ça, on est retournés en Angleterre ; et quelqu’un d’autre nous a remplacés. Quand je suis rentré chez moi, j’étais très secoué, vous savez et plus ou moins malade et commotionné ; alors ça m’a pris un bon moment pour m’en remettre. Alors je n’ai pas apprécié tant que ça d’être chez moi pendant quelques temps, jusqu’à ce que ça s’apaise.
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