Témoignages d'anciens combattants:
John Joseph “Joe” Currie

Marine

  • John Currie et son fils ainé dans le jardin de leur maison à Charlottetown, Prince Edward Island, 1941-42.

    John Currie
  • John Currie portant ses médailles chez lui à Halifax, Nova Scotia dans les années 1990.

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  • John Currie dans son uniforme de la Marine Royale Canadienne, Directeur Financier, dans les années 1960.

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  • John Currie dans son uniforme d'Officier en Europe lors d'un « Show the Flag Tour » (défilé de drapeau) en 1950.

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"Je savais qu’on était touchés, mais je ne savais pas où. Alors j’ai enfilé mon gilet de sauvetage, me suis habillé aussi vite que j’ai pu, le gilet de sauvetage, je suis monté sur le pont et j’ai vu que la poupe du bateau était complètement partie"

Transcription

J’ai pris la mer en 1935 sur un navire de reconnaissance hydrographique. Et au moment où la guerre a été déclarée le 9 septembre 1939, mon navire arrivait à, j’étais sur le bateau, qui est entré dans Halifax et l’équipage a débarqué. Donc la marine recrutait à ce moment-là, alors je suis allé au centre de recrutement, j’ai rempli un formulaire, ai passé deux tests et une visite médicale, et sept jours plus tard, je m’engageai dans la marine pour sept ans et ça a duré 28 ans.

J’étais chauffeur en chef. J’étais responsable de la salle des machines, des chauffeurs et des officiers mariniers. Ma tâche était de m’occuper de l’eau sur notre bateau, du carburant, et de la lutte contre les avaries. S’il arrivait quoi que ce soit à n’importe quelle partie du bateau, comme, j’étais sur le NCSM Teme quand il a été torpillé et on a perdu une vingtaine de mètres dans nos compartiments. Comme j’étais premier maitre responsable des avaries, le compartiment côté mer, il fallait aller là-dedans et il y avait, le bateau transportait toujours des tasseaux de dix par cinq pour l’étaiement, aller là dedans et étayer la cloison, et essayer d’empêcher l’eau de mer de pénétrer.

C’est arrivé à 7 heures du matin environ, et je venais de sortir de ma couchette. Je savais qu’on était touchés, mais je ne savais pas où. Alors j’ai enfilé mon gilet de sauvetage, me suis habillé aussi vite que j’ai pu, le gilet de sauvetage, je suis monté sur le pont et j’ai vu que la poupe du bateau était complètement partie. Alors tout le monde était en poste de combat.

On a compris que le bateau était suffisamment sûr pour le moment, à condition qu’on puisse étayer la cloison. C’était le matin, quelque part entre onze heures et midi le jour même, une corvette, je crois que c’était le Moose, j’ai oublié le nom de, (NCSM) Moose Jaw je crois, nous a envoyé un câble et a essayé de nous remorquer jusqu’au port. Le câble a cassé ; et ensuite dans l’après-midi, un remorqueur est venu de Falmouth, je crois, Angleterre, et nous a mis un câble et nous a remorqués jusqu’au port.

À un moment dans l’après-midi, une frégate, ou une corvette est venue à côté de nous et a emmené, 57 membres de l’équipage je crois et a laissé juste un équipage réduit au minimum. On escortait un convoi de je ne sais combien de navires. Disons, qu’il y avait 50 navires dans ce convoi, ils les mettaient en ligne par dix, cinq lignes de dix navires. Bon, le truc favori d’une meute de sous-marins c’était de torpiller un navire sur l’extérieur de la ligne et de se faufiler dans cette zone pour être au milieu du convoi. Et ça les rendait très difficiles à détecter à passer dans tous les sens entre les navires. C’était très difficile dans l’obscurité – de nuit le danger le plus grand c’était davantage de vous faire rentrer dedans ou de rentrer dans un navire marchand que de vous faire torpiller.

Cette fois-là, on a perdu 11 navires de la marine marchande. On a perdu un destroyer (grand vaisseau d’escorte multifonction) américain et on a perdu une corvette anglaise. Le destroyer s’appelait le USS Kearny et la

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