Témoignages d'anciens combattants:
Norvald Flaaten

Armée

  • Norvald Flaaten devant le cénotaphe de Dieppe en France pour le 50ème anniversaire de Dieppe le 19 août 1992.

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  • Norvald Flaaten déposant un coquelicot au cimetière de Dieppe en France pour le 50ème anniversaire du raid, 19 août 1992.

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  • Norvald Flaaten et son épouse Helen se tiennent tous deux aux côtés du Ministre des Anciens Combattants, Gerald Stairs Merrithew et son épouse au mémorial de Dieppe en France pour le 50ème anniversaire du raid, 19 août 1992.

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  • Norvald Flaaten accompagné de ses trois petits enfants prêt d’un Bren (véhicule blindé léger) similaire à celui qu’il pilotait pendant la guerre. La photo a été prise au Musée de Calgary en octobre 2008.

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  • Portrait de Norvald Flaaten tiré alors qu’il était dans le film « Commandos Strike at Dawn » en juin 1942.

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"j’étais de retour à la maison avec le lait et j’avais marché dans les 500 mètres quand un gros obus est tombé et a explosé juste là où je me trouvais assis pour traire."

Transcription

Je suis parti outre-mer le 25 mai 1944 et je suis rentré le 14 novembre 1945. Pendant mon service outre-mer, j’ai aidé à occuper ou j’ai fait du travail de surveillance en Angleterre et les bombes et les avions nous survolaient. Et puis je suis parti en Normandie peu de temps après le jour J (les débarquements alliés du 6 juin 1944). Et dès que j’ai touché les plages de Normandie, on m’a affecté au Queen’s Own Cameron Highlanders (du Canada). Bon j’étais en garnison en Angleterre, avant d’aller là-bas en Normandie. Et le Duc d’Edimbourg (Prince Philip, devenu consort d’Elizabeth II par la suite) est venu pour voir toutes le troupes, les canadiennes, les anglaises, les américaines, et ainsi de suite. La reine n’était pas avec lui à ce moment-là mais un groupe d’entre nous a été placé dans le bâtiment, je ne sais pas quel genre de bâtiment, mais il y avait une salle pour, vous savez, 30 ou 40 soldats. Alors le duc est entré dans ce bâtiment et il a fait le tour. On était alignés le long des murs et il a serré les mains de tous nos soldats. Alors quand il a demandé à chacun dans quel bataillon ou régiments ils servaient, et quand il est arrivé à moi, évidemment, j’ai eu l’honneur de dire, oh j’ai servi dans le Queen’s Own Cameron Highlanders du Canada. Il a dit, juste ciel, mais c’est le régiment de ma femme. Alors il m’a serré la main un petit peu plus fort et j’avais l’impression qu’il n’allait pas la lâcher mais finalement il l’a fait et, et c’était, ça a été un autre honneur, un autre point fort de ma carrière militaire d’avoir pu serrer la main du Duc d’Edimbourg. On m’a affecté à une chenillette Bren parce que j’avais fait une formation de chauffeur mécanicien. Alors j’ai tenu le titre et la chenillette jusqu’à la fin de la guerre. J’ai fait office de chauffeur mécanicien et j’ai remonté tout le long des côtes normandes au volant de la chenillette, dans le noir s’il vous plait parce qu’on ne pouvait pas avoir de lumières sur nos chenillettes. L’ennemi nous aurait vus. Et on m’a affecté au peloton de mortier, les mortiers de 7,5 cm. Et on avait un peloton de six mortiers différents et on tirait avec, presqu’à bout portant ou au dessus d’une colline ou autres. La distance de tir était de douze cents mètres. Et on tirait tellement vite que les canons de nos mortiers étaient rouges de chaleur et puis il fallait qu’on arrête de tirer car autrement l’ennemi aurait vu ces canons rouges. Alors on arrêtait jusqu’à ce qu’ils refroidissent. On a continué jusqu’à, comme je l’ai mentionné, la Belgique, la Hollande, en Allemagne et finalement la guerre s’est terminée quand on était à Oldenburg (Allemagne). Pendant que j’étais en Hollande, et ils ont mentionné qu’on était dans les logements inoccupés des fermes en quelque sorte. Et c’est là qu’on dormait parce que les gens avaient quitté les bâtiments à cause de la guerre et on doit se souvenir, on était sur les lignes de front. On s’est levés le matin et on a décidé, faisons-nous des flocons d’avoine pour le petit-déjeuner. Alors on a fait cuire des flocons d’avoine pour le petit-déjeuner et puis on n’avait pas de lait à mettre dedans. Alors moi, comme j’étais un garçon de la ferme, je me suis proposé pour aller dans le champ où il y avait un troupeau de vaches qui paissait et j’ai pris l’équivalent d’un seau de quatre litres de glace et j’ai commencé à traire la vache. J’avais rempli la moitié de mon seau quand un petit poney est arrivé et a effarouché ma vache. Et ça a été la fin de ma traite. Alors j’ai commencé à rentrer au campement, j’étais de retour à la maison avec le lait et j’avais marché dans les 500 mètres quand un gros obus est tombé et a explosé juste là où je me trouvais assis pour traire. Alors j’ai été reconnaissant envers ce petit poney pour avoir effrayer ma vache et depuis lors j’adore les chevaux.
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