Témoignages d'anciens combattants:
David “Hal” Stephens

Armée

  • Photo prise juste après le Jour-J en 1944, Hal Stephens est en bas à gauche. « On était là, en train de creuser des tranchées juste au-dessus des falaises de Douvres afin de se protéger des éclats d’obus ».

    David (Hal) Stephens
  • Photo d’Hal Stephens prise pendant une pause dans les Prairies canadiennes alors qu’il rentrait chez lui à Vancouver en février 1946. « Ce fut très rassurant de marcher à nouveau sur le sol de mon pays ».

    David (Hal) Stephens
  • Photo prise pendant le printemps/été 1945 près d’Apeldoorn aux Pays-Bas. Hal Stephens est le 2ème à gauche sur la rangée du fond.

    David (Hal) Stephens
  • Hal Stephens sur le pont de l'Ile-De-France, à son retour au Canada en janvier 1946.

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  • Lettre d’Apréciation de Bon Service signée par le Feld-Maréchal Montgomery, postée à Hal Stephens après la guerre. « Je peux me rappeler avoir serré la main de Montgomery plusieurs fois alorsqu’il visitait nos troupes au campement. Et je souviens qu’il demandait tout le temps aux hommes « rassemblez-vous autour de la table ».

    David (Hal) Stephens
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"La poche de Falaise c’était terrible. Bon, c’était une telle tuerie. Les allemands, je ne sais pas combien de milliers ont été tués et je crois qu’on a subit de lourdes pertes nous aussi."

Transcription

Quand on a débarqué en Normandie, on n’avait pas de vaisseaux de débarquement, donc il nous a fallu débarqué sur des navires américains. Et ils faisaient du café et des steaks et plein de bonnes choses et puis ça a fait un sacré changement. On avait toujours des rations, on avait encore les vieilles rations de l’armée et les américains eux mangeaient très bien. J’étais au quartier général de l’administration, à déplacer les hôpitaux et le matériel médical partout où on en avait besoin. Bon, c’était très intéressant parce qu’ils étaient toujours en train de bombarder Caen quand on a débarqué en Normandie. Et je me souviens des gros obus qui nous passaient au dessus de la tête, c’était comme des trains de marchandise. Ça a été ma première expérience, en réalité, quand on a débarqué. Entrer dans Falaise, dans la poche de Falaise, en avez-vous entendu parler ? D’accord, je suis allé là dedans et c’était un massacre, un terrible massacre. Et ça m’est resté dans la tête un bon moment après qu’on soit partis. C’était en quelque sorte direct jusqu’en Belgique, je crois que c’était. C’était, mais la poche de Falaise c’était terrible. Bon, c’était une telle tuerie. Les allemands, je ne sais pas combien de milliers ont été tués et je crois qu’on a subit de lourdes pertes nous aussi. Et puis de Belgique en Hollande, on a eu un hiver très rigoureux à Nimègue en Hollande. Très, très froid, et les gens crevaient de faim. Oh, il y avait beaucoup de neige aussi et il faisait vraiment froid. Ça a été l’un des hivers les plus froids qu’ils aient eu depuis longtemps. En 1944, en décembre. On était à Oldenbourg en Allemagne, quand la guerre s’est terminée. Je ne sais plus comment on a appris la nouvelle mais c’est là qu’on l’a su. Bon, on ne pouvait pas fêter ça parce qu’on était toujours sur le terrain. Je veux dire, on n’était pas en ville, où il y avait tous les divertissements. Et puis quand les allemands ont été vraiment vaincus, j’étais là-bas quand les prisonniers et tout ça ont été escortés en Allemagne, ceux qu’on avait pris. Sans doute certains que vous n’auriez pas revus, c’était tous leurs soldats qui retournaient chez eux en trainant les pieds, les chevaux et – bon, c’était incroyable à voir. Une armée battue. J’étais en permission et j’ai rencontré ma femme, une jeune fille à Nottingham et nous sommes tombés amoureux l’un de l’autre et je l’ai fait venir chez moi au Canada après la guerre. Oh, comment on s’est rencontrés, c’était à une soirée dansante, le Palais de la danse à Nottingham. Je sais que je suis retourné en Hollande jusqu’en janvier 1946. Et ensuite on est repartis à bord de l’Île de France et après j’ai déposé une demande pour faire venir ma petite amie au Canada. Et quand elle est arrivée un an plus tard, nous nous sommes mariés.
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