Témoignages d'anciens combattants:
Earl Henry Zwicker

Armée

  • Photo du navire-hôpital Lady Nelson. Date inconnue.

    Earl Zwicker
  • Le Nouveau testament qu'Earl Zwicker a transporté avec lui pendant tout son service.

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  • Bible transportée par Earl Zwicker pendant tout son service.

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  • Photo d'Earl Zwicker en 1940.

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"J’étais heureux et aussi un peu déçu parce j’étais parti avec l’intention d’aller plus loin et de faire plus. C’était simplement un peu décevant."

Transcription

Quand je suis monté sur le bateau à Halifax, et qu’on est sortis du port, il était 5 heures du matin, juste au lever du jour, et j’étais sur le pont ; et j’ai eu l’impression que je voyais la Nouvelle-Écosse pour la dernière fois. On a pris la mer au mois de novembre et le temps était le pire qui puisse arriver. Je suppose que le mois de novembre est un des pires de l’année. Le vieux (SS) Louis Pasteur sur lequel on naviguait était un bateau construit pour faire la navette entre l’Angleterre et la France, juste la traversée d’une côte à l’autre. Il était très étroit et j’ai eu le mal de mer du moment où je suis monté à bord jusqu’à ce que j’en descende.

On a commencé par un entrainement avec les fusils très basique et tout ça, la marche et ainsi de suite, et puis on m’a envoyé faire une formation de commando et j’ai passé plusieurs mois là-bas. Certaines des choses par lesquelles on est passés étaient extraordinaires pace que c’était, c’était l’automne à ce moment-là, et beaucoup de séances d’entraînement se passaient dans les marais et les ruisseaux, et ainsi de suite, et en général le premier gars dans l’eau le matin il brisait la glace. Au cours de cette formation, on m’a recommandé pour l’entrainement des officiers. Je passais six mois sur le terrain quand j’ai eu mon accident et que je me suis cassé la jambe droite, que je me suis fait écraser la jambe droite.

J’avais un convoi et je roulais en moto ; et une petite voiture anglaise a essayé de me faire sortir de la route et le pare-choc de la voiture m’a écrasé la jambe. J’étais chef de section et là on livrait le ravitaillement en nourriture, des munitions, de l’essence et ainsi de suite, aux troupes. On prenait un convoi avec tous ces articles et on devait les apporter à leurs différents points de livraison pour que les gens de ce régiment puissent venir à notre rencontre pour les prendre. Alors on, ça s’appelait, oh une sorte d’aire de livraison, j’ai oublié le terme exact, mais ce qu’on faisait c’était qu’on commençait avec une dizaine de véhicules ou quelque chose comme ça, tous remplis avec différentes choses pour les différentes compagnies. On déchargeait tellement de choses à un certain point de livraison, celui pour l’essence, et il y en avait sans doute un autre où on allait pour la nourriture, et puis un autre, et ainsi de suite. Et c’est là que l’accident s’est produit. Je faisais sortir un convoi ; et je le contrôlais en quelque sorte à chaque intersection pour l’amener au bon endroit. Il y avait des avions au dessus de nos têtes et je ne sais pas si le conducteur a été distrait par le bruit des avions qui nous survolaient, en imaginant que c’était des avions ennemis. Mais en tout cas, et je ne sais même pas s’il s’agissait d’avions ennemis parce que moi j’étais en plein vol plané aussi à ce moment-là. Je me suis retrouvé à l’hôpital. J’ai passé une année à l’hôpital avant d’être rapatrié au Canada, à Halifax.

Ce que j’avais vu en premier de la Nouvelle-Écosse c’était quand ils m’ont descendu du bateau sur un brancard. J’étais heureux et aussi un peu déçu parce j’étais parti avec l’intention d’aller plus loin et de faire plus. C’était simplement un peu décevant.

Bon, immédiatement, la guerre est terminée, ensuite le monde entier essaye de remettre les choses en place comme c’était avant. Et un soldat c’est, toutes les années qu’il passe à l’armée, on lui apprend à haïr l’ennemi. Et on vous allume et on vous éteint en quelque sorte, comme vous savez. Ça à pris un peu de temps pour se réadapter parce que beaucoup d’entre nous, on nous mettait sur le terrain de parade et on nous enseignait qu’il fallait qu’on donne l’ordre aux gens de faire des choses. Dès que vous êtes de retour à la vie civile, vous compreniez que ce n’était pas une manière de faire les choses.

Dans ma vie après la guerre j’ai passé la majeure partie de mon temps dans le commercial et je sais que certaines des conversations que j’ai eues à cette époque n’étaient pas du genre oh, plutôt mielleux. Vous ne pouvez pas vous servir de ce genre de paroles de petit chef. Et il vous faut un moment avant d’arriver à dépasser ça.

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