Témoignages d'anciens combattants:
Sylvio “JC Ross” Ross

Armée

  • Parade militaire près de l'Université de Montréal en 1943. Cette photo fut prise par le frère de M. Ross qui a crié son nom et Sylvio se retourna aussitôt pour fixer la caméra.

    Sylvio Ross
  • Sylvio Ross (à gauche) rendant visite à son frère à Montréal. 1943.

    Sylvio Ross
  • Sylvio Ross (2e à gauche) et ses hommes au camp militaire de Petawawa. 1943.

    Sylvio Ross
  • M. Sylvio Ross (2010).

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"Dans des groupes, ton peloton, tu connais tout le monde, c’est comme des frères. On s’entraidait."

Transcription

J’ai été, j’ai visité mon frère à Montréal. Moi, je travaillais à United Shipyard. J’ai visité mon frère - je demeurais sur la rue Sherbrooke, mon frère demeurait sur la rue Plessis. Je suis allé voir mon frère, il m’a dit « quelqu’un est venu ici qui te cherchait pour l’armée. » J’ai dit « oui? », « Mais oui, il faut aller voir. » J’ai dit à quelle place il faut aller voir pour ça. Il m’a donné une adresse, je crois que c’était la rue Sherbrooke, je ne suis pas certain, et je suis allé là pour me rapporter au chercheur qui m’a cherché. Il m’a dit « moi, je ne sais pas », je n’étais pas sur sa liste. Ça fait que j’ai dit « je viens me rapporter, mon frère m’a dit que vous me cherchiez pour l’armée. » « Oui, donne ton nombre, on prend ton nom… », j’ai rempli mon nom, puis mon adresse, j’ai signé la formule [formulaire]. Puis il m’a dit, à Longueuil, avec nous autres, mais si tu signes la formule, tu peux aller à Sherbrooke, tu te rapporteras à Saint-Jérôme, à Longueuil, rapporte à Longueuil.

Ça fait que, ça ne me pose pas de problème, ça fait que je me suis rapporté à Longueuil. Il m’a donné la date, le lendemain ou surlendemain. J’y suis passé le lendemain matin, je me suis rapporté à Longueuil. Une fois à Longueuil, c’est le même que, j’ai continué… De Longueuil, j’étais à Saint-Jérôme, et de Saint-Jérôme j’étais à [BFC] Petawawa. C’est l’Advanced là, on avait une semaine de pack drill [des exercices avec tout l’équipement du soldat]. On marchait et on couchait dehors. On faisait des fossés et on couchait dans les fossés avec des toiles. On a fait une semaine de ça. Puis moi, j’ai attrapé une sinusite; ils m’ont gardé avec des traitements pour la sinusite, finalement j’ai été obligé d’être opéré. C’est ça qui a tout ruiné ma carrière de militaire. J’ai été opéré à l’hôpital Queen Mary. J’ai été obligé de descendre là. J’ai été opéré quatre fois par la suite pour la sinusite.

On passait dans les gaz de chlorine [chlore], puis je ne sais pas ce que c’est, c’est le poivre ou quelque chose de même. On passait différents, au moins trois tests comme ça. Puis l’attaque qu’on a eue de nuit, j’étais tellement fatigué que ça m’a assommé. Ils m’ont trouvé dans la nuit, ils m’ont trouvé étouffé. C’est les autres qui m’ont nettoyé et ils m’ont mis mon masque à gaz. On avait un masque à gaz à la main, on était supposé de le mettre, mais je ne l’ai pas mis. C’est le sergent qui s’est occupé de moi. Le lendemain matin on m’a dit que si ce n’avait pas été du sergent, je serais mort. Je suis resté avec une séquelle de sinus, puis l’inflammation, ça va rester pour le restant de mes jours.

Je pense que c’est ça qui a tué mon service outre-mer. Je n’ai pas été envoyé outre-mer à cause de ça. Ça m’a affecté – ça m’a affecté, car j’avais des amis… Ça devient familial. Dans des groupes, ton peloton, tu connais tout le monde, c’est comme des frères. On s’entraidait. On ne laisserait pas un s’en aller sans bottines. On l’aurait chaussé. On va s’assurer que l’autre est correct, son harnais est correct, il n’y a pas des boucles qui manquent. On s’assure de l’un à l’autre. On travaille ensemble. Ce qui est arrivé, moi je restais en arrière, les autres ils s’en allaient. Je retombais avec un autre groupe, ils s’en allaient en Europe. Je suis allé voir le capitaine [pour lui demander] ce qui se passe. Il me disait, on t’enverra quand on aura fini avec toi, mais il y avait tant d’ouvrage. En ce temps là, ils sont embourbés dans les paquets, le parcel post, à Ottawa. Tout le Canada envoyait des parcels [colis] pour l’overseas [outre-mer] et ça va tout à Ottawa. Ça fait qu’ils sont bloqués; c’était par chars, des boxcars remplis de parcels pour overseas, puis c’était bloqué. On a fait des sorting tables [des tables de triage] et puis nous embarquait là-dedans. […] Après que ça a diminué, c’était pas mal clair, je fus demandé par le capitaine. Là, je m’étais marié, durant ce temps-là. Le capitaine m’a appelé, il m’a dit, ta femme est toujours à Montréal, j’ai dit oui. Il dit, que ça t’aidera, de transférer à Montréal, on a besoin de postal sorter [trieurs pour les postes] à Montréal, à la Place d’Armes.

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