Témoignages d'anciens combattants:
Jean Ida MacDonald

Marine

  • Poster de recrutement pour le Service Féminin de la Marine (WRNS), Angleterre, 1943.

    Jean MacDonald
  • Jean MacDonald était en Allemagne lors de son Occupation et a participé à cette fête de Noël pour les enfants aveugles allemands au Mess des Sous-Officiers en 1945.

    Jean MacDonald
  • Peinture de Jean MacDonald dans son uniforme su Service Féminin de la Marine (WRNS) réalisée en 1945 par une artiste canadienne ; Dodie Lewis.

    Jean MacDonald
  • Ecusson de Jean MacDonald qu'elle portait lorque'elle était dans le Service Féminin de la Marine (WRNS) pendant la guerre.

    Jean MacDonald
  • Certificat de Service dans le Service Féminin de la Marine (WRNS) de Jean MacDonald.

    Jean MacDonald
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"On n’avait pas grand-chose et les allemands moins encore. Mais on a mis de côté nos rations de chocolat, je n’arrive pas à me souvenir, je crois qu’on avait une tablette de chocolat par semaine ou quelque chose comme ça. On les a gardées et on a réussi à avoir un cadeau pour chaque enfant."

Transcription

Mon but c’était vraiment de partir en Angleterre parce que tout le monde était, à mon époque, voulait aller en Angleterre parce que c’était là où se trouvait l’action, à ce qu’on croyait. Donc de Washington, je me suis engagée dans le Service féminin de la Marine royale, avec pour but de partir outre-mer. À Washington, je travaillais au bureau des chefs d’état-major comme codeur dans les transmissions de la Marine ; et les autres Wrens avec qui je travaillais venaient d’Argentine et du Brésil, et d’îles comme la Jamaïque dans les Caraïbes. Aucune de nous n’avait l’air de venir d’Angleterre, mais on était toutes anglaise parce qu’à cette époque, l’Empire britannique, tous les membres de l’Empire britannique étaient des sujets britanniques. Alors je suis partie en Angleterre avec 13 autres Wrens à peu près. On partait chez nous en Angleterre. Seules deux d’entre nous y étaient déjà allées auparavant. On est arrivées en Angleterre la nuit de Guy Fawkes (aussi connue sous le nom : nuit des feux de joie, le 5 novembre). C’était la première qu’ils avaient depuis que la guerre avait commencé. Alors on est arrivées à Chatham-Kent un soir et il y avait une fête qui se déroulait sur la pelouse ; et les Wrens et les marins tiraient des feux d’artifice. On était à l’intérieur et un des marins a pensé que ce serait amusant de jeter un feu d’artifice dans la pièce où on était et de nous observer. On était toutes les13 je crois, on était tellement effrayées. Je n’étais pas effrayée, mais toutes les autres ont couru de l’autre côté de la pièce et j’ai couru avec elles. Et ensuite ils regardaient par la fenêtre et riaient de nous. Et un marin a ouvert la porte et a lancé un autre feu d’artifice, et on a couru dans l’autre pièce, de l’autre côté de la pièce. Ils ont fait ça trois fois. Finalement, une Wren qui était de service est allée chercher une Wren officier qui est entrée et nous a dit qu’elle avait mis fin à tout ça ; et que maintenant elle allait nous donner des sandwiches et du thé et qu’on pourrait s’installer. Alors elle allait nous montrer où on allait passer la nuit. Donc voilà notre premier contact avec l’Angleterre. Bon, c’était intéressant. J’étais codeuse et je travaillais sur la machine Enigma, mais je ne réalisais pas à quel point c’était secret. Je n’étais qu’un rouage dans la machine. Évidemment, je ne travaillais pas à Bletchley Park là où se trouvaient les vrais cryptographes. Mais j’ai découvert ça après la guerre, je travaillais sur la machine Enigma. J’ai rencontré une fille qui venait d’Alberta qui était dans la Croix-Rouge canadienne. Elle a dit, je vais aller passer une année en Allemagne avec la commission de contrôle (Le conseil de contrôle allié surveillait les nations perdantes) et ça m’a donné l’idée de partir en Allemagne moi aussi, et de voir l’Europe avant de rentrer chez moi parce que j’avais seulement été en Écosse et en Angleterre. Alors je suis partie avec Peggy, avec la commission de contrôle alliée. Je me suis renseignée, ils m’ont prise et en premier on nous a envoyées à Kiel, là-haut dans le Schleswig-Holstein, et ensuite en bas à Hanovre. Et c’était dur à décrire. Les villes n’étaient plus qu’un tas de décombres et il n’y avait que très peu d’électricité, parfois seulement pendant deux ou trois heures la nuit. Il faisait très froid, il n’y avait presque pas de chauffage. Mais je suis restée pendant un an à Kiel et Hanovre. Et puis je suis rentrée au Canada. Bon, j’étais au mess comme j’étais sergent, au mess des adjudants et des sergents à Hanovre. Et quelqu’un s’est dit qu’on devrait organiser une fête de Noël pour les enfants allemands, les enfants allemands aveugles qui étaient dans l’orphelinat voisin. On n’avait pas grand-chose et les allemands moins encore. Mais on a mis de côté nos rations de chocolat, je n’arrive pas à me souvenir, je crois qu’on avait une tablette de chocolat par semaine ou quelque chose comme ça. On les a gardées et on a réussi à avoir un cadeau pour chaque enfant. On a fait une petite fête. Il y avait une trentaine d’enfants à peu près et ils étaient aveugles. On leur a donné des sandwiches et du chocolat chaud, et un cadeau. On avait un père Noël, un monsieur allemand. Et puis les enfants aveugles ont fait un petit concert pour nous. Ils ont chanté et ont essayé de nous divertir. Et puis on a eu les sandwiches et on leur a donné à chacun une tablette de chocolat et un cadeau. Et c’était très émouvant.
Follow us