Témoignages d'anciens combattants:
Zygmunt Wojtas

Armée

  • Zygmunt Wojta (deuxième à gauche de la seconde rangée) et d'autres soldats lorsqu'il est allé, après-guerre, à l'école en Italie juste avant de venir au Canada, 1945-1946.

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  • Zygmunt Wojta (à droite) en Italie, après la guerre, en attendant de partir au Canada,1945.

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  • Le Lieutenant Général Wladyslaw Ander saluant des soldats de l'Armée Plonaise en partance pour le Canada, 1946.

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  • Collage commémoratif de Zygmunt Wojtas (à droite) avec les symboles d'autres unités qui ont participé à la Bataille du Mont Cassin en Italie, 1944.

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  • Insignes portées par les soldats servant dans le II Corps Polonais, 1941-1946.

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"Si la Pologne avait été un pays libre, ce pour quoi on se battait, c’est certain que j’y serais allé. Mais c’était sous le régime communiste et j’ai pensé que si j’allais dans un régime communiste, je me retrouverais encore en Sibérie."

Transcription

Bon, j’ai été déporté avec ma famille en Sibérie, et on était traités comme du bétail par les soviétiques. Et ça a pris deux semaines avant d’arriver à l’endroit où on devait travailler dans la forêt. Le travail était très dur. Quand on partait au travail, la neige était profonde, un mètre vingt, un mètre cinquante, alors on marchait dessus. Au retour, c’était mou, alors on était trempés jusqu’à la taille. Mais on a réussi à survivre jusqu’à ce que la guerre entre l’Union Soviétique et l’Allemagne nazie commence pendant l’été 1941. Et là ils annoncent qu’on est libres et qu’on peut s’engager dans l’armée. Et à ce moment-là, l’armée polonaise était organisée à Totskoye, où nous sommes allés avec une trentaine de personnes de l’endroit où je travaillais et on a rejoint l’armée. Les commandants alliés, je suppose, ont décidé que le 2ème corps d’armée polonais devait être mis sous commandement britannique. Et c’était en 1942 que ça s’est passé et qu’on a quitté la Russie pour aller en Iraq. En Iraq, on a reçu notre armement, un uniforme complet, tout, tout ce dont on avait besoin, et, bien sûr, on avait quelques difficultés parce qu’on n’avait pas beaucoup de gens qui savaient conduire. Et les camions ainsi que les autres véhicules qui faisaient partie de notre armement en quelque sorte, il fallait quelqu’un qui conduise. Alors ils nous ont envoyés suivre des cours. Et j’en faisais partie et quand je suis allé là-bas, à cette époque, il y a eu un changement dans le système anglais. Et à cause de ça, je ne suis pas retourné dans ma division d’infanterie d’origine ou régiment, je devrais dire, mais on m’a transféré dans l’artillerie antiaérienne. Et c’est là que je suis allé, et que j’ai passé le reste de mon temps dans l’armée sur le front. Après l’entrainement on nous a envoyés en Italie, en mars 1944, pour aller au front. Et puis le commandement a décidé que le 2ème corps d’armée polonais va avoir une chance d’attaquer Monte Cassino à cause des précédentes attaques qui ne s’étaient pas concrétisées. Et je n’ai pas participé directement à cette attaque, mais j’étais dans l’attente comme on était l’unité de secours, juste au cas où ils aient besoin de nous pendant la bataille. Et c’était au mois de mai 1944, qu’on a reçu la nouvelle que Cassino était prise. On nous a renvoyés dans nos unités régulières ; et avec ces unités-là, on a marché vers le centre, on nous a transférés dans le centre de l’Italie. Et de là sur la côte adriatique, à des endroits comme Montefano, Osimo, Loreto, Ancône et puis plus bas à Forli, Ravenne et Faenza. Et là-bas, je crois qu’on y a passé une partie de l’hiver, on ne pouvait pas vraiment bougé à cause du mauvais temps et déplacer le matériel d’un endroit à l’autre c’était vraiment difficile. Mais c’était une préparation pour l’attaque finale de la position allemande au début de l’année 1945 et c’est arrivé en mars et alors qu’on marchait en direction de Gaeta, Bologne, et la guerre s’est terminée le 8 mai 1945. Si la Pologne avait été un pays libre, on se battait pour ça, je serais allé en Pologne absolument. Mais la Pologne avait un régime communiste et ce que je ressentais c’était, si je vais dans un pays avec un régime communiste, je vais avoir l’impression de me retrouver en Sibérie à nouveau. Nombre d’entre eux, en particulier les hommes qui avaient une famille et tout ça, les hommes plus âgés, ils y retournaient ; et j’ai entendu dire que certains sont allés en prison. Ils les ont traités comme ils ont dit, oh, vous êtes des agents qui sont partis pour aller travailler avec les anglais contre les russes, et des choses comme ça. Et j’avais peur d’aller là-bas. C’est la raison pour laquelle je suis venu au Canada.
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