Témoignages d'anciens combattants:
John Covan

Marine marchande

  • L'équipage des armuriers de la RCN, 1943.

    M. J. Covan
  • Un groupe de l'école d'entrainement en mer St. Margarets, Hubbard's Cove, Nouvelle Écosse.

    John Covan
  • Le troisième officier de M. Covan (à gauche), et l'officier de radio (à droite) relevant la garde sur le pont. N.B: blindage plaqué à droite et filets de torpille s'accrochant à l'arrière des mâts .

    M. J. Covan
  • John Covan (à gauche) et Chris, son troisième officier, à New York lors d'un arrêt pour s'approvisionner en essence, en 1944.

    M. J. Covan
  • "Nous n'étions pas toujours sérieux. ici, c'est un moment de rire dans le Pacifique".

    M. J. Covan
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"Les sous-marins venaient soit de l’arrière du convoi ou alors ils attendaient jusqu’à ce qu’une grande partie du convoi soit passée et ils restaient silencieux et ensuite abattaient les bateaux."

Transcription

J’étais au lycée à Windsor en Ontario. Quand la guerre a commencé, Ils nous ont donné un entraînement militaire, ce qui veut dire qu’on nous faisait défiler tout autour du terrain de foot avec des fusils en bois sur l’épaule. En tous cas, je me suis engagé dans le corps des transmissions, où je n’avais pas besoin de marcher au pas avec un fusil en bois sur l’épaule. En tout état de cause, quand j’ai eu le niveau théorique requis, je suis allé me porter volontaire dans les forces aériennes. Et ils m’ont demandé de revenir quelques mois plus tard, parce que tous leurs centres de formation étaient pleins, et ils ne pouvaient plus accepter de nouvelles recrues pour le moment.

En attendant, j’avais entendu parlé de la marine marchande, alors je m’étais renseigné et avait décidé de m’engager dans la marine marchande. Je me suis engagé en 1942, mais j’ai dû attendre jusqu’à ce qu’ils m’envoient sur la côte est pour l’entraînement. Et là encore, on nous a envoyé dans le premier endroit qui avait de la place pour l’entraînement. On a eu douze mois de formation à la navigation, au maniement des bateaux, comment se servir d’une arme. Les officiers de la marine étaient venus pour nous donner des instructions en ce qui concerne l’armement et après 12 mois, ou 12 semaines, je devrais dire, on m’avait envoyé rejoindre mon premier bateau à Vancouver, un navire canadien tout neuf, fraîchement sorti de l’arsenal, le Green Gables Park . Je suis resté sur ce bateau pendant les trois années qui ont suivi.

Et bien, on naviguait dans le Pacifique sud et on voyageait jusqu’au Royaume Uni aussi, en passant par le canal de Panama. On avait délivré notre cargaison dans différents ports australiens. Sur le chemin du retour, on nous avait envoyé aux îles Fidji et on avait chargé une cargaison de sucre à remporter à Vancouver. Notre officier en second du moment avait été torpillé et il a étudié la carte et il pensait qu’il y avait des sous-marins japonais dans le coin, et que l’endroit où on se trouvait, était sûrement trop risqué. Alors il a détourné sa route d’une quinzaine de km de ce qui était prévu, trois navires juste derrière nous, des bateaux américains, se sont faits torpillés. Deux d’entre eux ont pu rejoindre le port, un n’a pas pu. On se trouvait au nord du canal de Panama, on a été pris dans une tempête et on s’est retrouvé avec à peu près trente centimètres de glace partout. C’était en décembre ou en janvier. On est finalement arrivé à Halifax où on s’est joint à un certain nombre d’autres bateaux et on s’est rendu au Royaume Uni.

A deux jours au large d’Halifax à peu près, on a rejoint un autre convoi qui remontait de la côte et ça formait un très grand convoi et on a continué la traversée. Dans les convois de l’Atlantique nord, tous les vaisseaux faisaient le black-out après la tombée de la nuit. Vous étiez tout le temps préoccupé par la possibilité d’entrer en collision avec la poupe d’un autre bateau, particulièrement à cause des embruns et de la brume. Aucun des bateaux n’était équipé de radars à cette époque. On avait l’habitude de traîner une petite bouée derrière le, euh c’était comme un ski nautique avec une espèce de bec qui crachait de l’eau en l’air, entre 60 cm et 1 mètre de haut. Et on essayait de le laisser bien en vue. Le bateau devant vous en trainait une aussi, et on en traînait une pour donner notre position au bateau qui nous suivait et c’est le seul moyen qu’on avait pour garder une idée de l’endroit où on se trouvait et ce jusqu’au lever du jour.

Les sous-marins venaient soit de l’arrière du convoi ou alors ils attendaient jusqu’à ce qu’une grande partie du convoi soit passée et ils restaient silencieux et ensuite abattaient les bateaux. Une fois en particulier, nous étions en train de nous regrouper alors qu’on approchait des côtes irlandaises. Je crois que le bateau qui nous remplaçait dans cette colonne a été torpillé.

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