Témoignages d'anciens combattants:
Melbourne “Mel” Le Marquand

Armée

  • Lettre avisant Melbourne Le Marquant que la médaille militaire lui a été attribuée. Lettre datée du 29 janvier 1945, cinq semaines après l'action à Bruuk, en Hollande, qui lui a permis d'avoir cette récompense.

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  • Description des événements des 19 et 20 décembre 1944, qui ont conduit à accorder la médaille militaire au Caporal Melbourne Le Marquand, page 1/2.

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  • Description des événements des 19 et 20 décembre 1944, qui ont conduit à accorder la médaille militaire au Caporal Melbourne Le Marquand, page 2/2.

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  • Portrait du Caporal Melbourne Le Marquant à l'âge de 24 ans, quelques semaines avant la bataille de Bruuk en Hollande, en 1944.

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  • Certificat de réformé de l'Armée Canadienne incluant le résumé du service et le retour à la vie civile, daté du 9 janvier 1946.

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"j’ai probablement tiré le seul coup au Canada. Un bateau commercial s’approchait et il refusait de répondre à l’appel de la police, aucune réplique"

Transcription

J’ai travaillé pour un maître artilleur à St. John’s. Notre mission était de surveiller deux forts dans le port de St. John’s. Nous avions de l’artillerie lourde, des six pouces et….j’ai probablement tiré le seul coup au Canada. Un bateau commercial s’approchait et il refusait de répondre à l’appel de la police, aucune réplique. Alors, ils nous ont dit…ils m’ont demandé de prendre position sur le canon et de tirer un coup en direction de sa proue. C’est ce que j’ai fait mais il continua son avance. Ils m’ont dit de tirer un autre coup en visant le gréement. Vous savez, ça veut dire la partie supérieure du navire. C’est ce que j’ai fait et il a viré de bord et s’est enfuit. On ne l’a plus jamais revu.

Je suis allé outre-mer, la conscription, j’ai atterri là-bas et je ne me souviens plus comment ça marché mais j’ai abouti dans l’infanterie avec le régiment South Saskatchewan. J’étais carabinier. J’ai fait beaucoup de tir. J’étais fin tireur. J’avais une moyenne de 98, et de 100 sur le champ de tir, c’est pas mal du tout.

J’ai fait tout ce qui était nécessaire dans l’infanterie, vous savez, le travail de nuit, les tours de garde et les bagarres avec les Allemands. Le haut commandement voulait un prisonnier allemand. Alors, je suis allé chercher un gars qui avait un fusil Bren, un très bon fusil et, je lui ai dit : ’’Viens-t’en, on va aller chercher un prisonnier.’’

Alors on est sorti et on a tiré un coup sur un gars qui courait. Mon copain allait tirer sur un deuxième gars mais j’ai frappé le baril de son fusil avant qu’il puisse activer la gâchette. Je me suis brûlé la main, le derrière de ma main était tout brûlé ; le baril était chauffé au rouge. Et, puis j’ai attrapé ce prisonnier, je l’ai ramené; c’était un très bon prisonnier. Il avait travaillé pour le haut commandement mais avait commis une gaffe quelconque et avait été renvoyé sur la ligne de front. C’est ça qui est ça. J’ai reçu une médaille de bravoure au champ pour ces actions.

De jour, si vous étiez en position d’attente, c’est-à-dire si vous n’étiez pas en position d’attaque, vous pouviez dormir. Parce que nous étions debout toute la nuit. Il y avait toujours quelques sentinelles de jour mais la plupart des gars dormaient. Et, ensuite, nous étions debout à partir de la tombée de la nuit jusqu’au lever du jour.

Oh, nous n’étions pas dans des baraques, tout se passait à l’extérieur, sur le terrain, dans un trou dans la terre. Nous creusions….je vous raconte l’histoire d’un trou que j’ai creusé. J’avais un officier avec moi qui s’appelait Fred Prop, un gars très sympa, éventuellement, il a été tué mais c’était un très chic type. J’étais sergent à l’époque. Nous avancions sur une agglomération avec une grange tout près. Nous sommes entrés et j’ai décidé de creuser une tranchée étroite, vous savez. Mais c’était vraiment…..je l’ai creusé dans la cour arrière et puis j’ai arraché une porte de la grange pour le recouvrir et puis, j’ai ajouté de la terre par-dessus. Vous comprenez ce que faisais ? J’avais un abri à l’épreuve des bombes, des cartouches et des obus, vous voyez ?

Et, puis les Allemands ses sont mis à nous bombarder d’obus et, moi, j’étais comme un scarabée, dans mon trou, recouvert. Mon officier tentait de rentrer dans la tranchée mais elle était trop étroite. Il réussit de peine et de misère à y pénétrer et puis, il m’a bien dit que la prochaine fois, je devais agrandir l’entrée !

Même pendant les tours de garde, il fallait être vigilent pour assurer que l’ennemi ne se faufile pas jusqu’à vous. On faisait des raids la nuit. Je n’aimais pas les raids de jour parce que…..mais j’ai fait beaucoup de travail de nuit, des patrouilles, des recherches d’information. Et, avec ce Lieutenant Prop, nous avons fait beaucoup de travail ensemble.

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