Témoignages d'anciens combattants:
Mae Noreen Humphrey

Forces aériennes

  • Le Projet Mémoire, Historica Canada
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"J’ai travaillé dans les bureaux des officiers en tant que serveuse, et quelqu’un m’a dit que je devrais faire partie de l’aviation [la division féminine de l’Aviation royale canadienne]. Je suis allée au Poste n°8 [l’école de vol], où les gars s’entraînaient. J’étais chronométreuse."

Transcription

J’ai travaillé dans les bureaux des officiers en tant que serveuse, et quelqu’un m’a dit que je devrais faire partie de l’aviation [la division féminine de l’Aviation royale canadienne]. Je suis allée au Poste n°8 [l’école de vol], où les gars s’entraînaient. J’étais chronométreuse. Le premier matin, nous étions en Angleterre, et ils nous ont mis dans des hôtels jusqu’à ce que l’on trouve un endroit où vivre, en quelque sorte. Je me souviens d’avoir demandé à la serveuse pour su pain blanc et elle m’a donné un pain brun très foncé en me disant : « Chérie, c’est du pain blanc. »

Nous vivions alors sur nos rentes de subsistance. Notre ration de viande pour la semaine était d’une valeur de 25 cents, ou un shilling, et nous devions prendre pour un twopence [deux pence] de saucisses. Ces saucisses étaient en fait de la sauce soya ou des fèves de soya, ou peu importe comment ils appelaient ça. Elles étaient horribles. La seule viande que l’on pouvait avoir était du mouton. Nous pouvions manger notre ration de la semaine le dimanche, qui était notre journée de congé. À part ça, nous devions nous en passer. Mais ce n’était rien d’aller dans un hôtel, comme le Savoy Hotel, après le travail, bien sûr. Nous étions en uniforme – nous étions donc toujours convenablement habillés – et nous pouvions toujours commander ce que nous voulions sur le menu. Ils ne nous facturaient pas plus d’un twopence et six pence ou, en d’autres mots, environ 60 cents de notre argent à cette époque.

Nous ne pouvions seulement avoir que deux services. Nous pouvions prendre le plat principal et une entrée, ou seulement une entrée et un dessert. Le dessert était assez souvent du pudding au macaroni [semblable au pudding au riz]. Parfois, on pouvait entrer et commander, mais si c’était après un spectacle, comme au Regent Palace ou au Strand, même si on pouvait demander ce que l’on voulait sur le menu, ils pouvaient seulement nous donner des croustilles de pommes de terre [semblables aux frites], parce que c’était tout ce qu’ils avaient dans la cuisine.

Nous avions une équipe de baseball aux archives ou au quartier général, ou peu importe comment ils voulaient l’appeler. Nous avions l’habitude de jouer à Hyde Park, parce que nous étions sous la double avancée. En d’autres mots, il faisait jour jusqu’à 23h00. Je me souviens d’être restée jusqu’à 23h00 pour jouer au baseball, puis de prendre une heure pour retourner à la maison, et enfin de devoir être à mon poste au quartier général le lendemain matin, à 8h00. C’était parfois un peu difficile, vous savez, un peu ardu pour nous. Parce que nous jouions au baseball, en fait, nous avions un genre de… un peu comme un… je ne sais pas de quel métal c’était fait, mais ils nous l’ont donné, parce que nous étions la meilleure équipe. Nous avons battu la Croix-Rouge américaine, les filles américaines et les filles canadiennes, et tout ça.

 

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