Témoignages d'anciens combattants:
Raymond Joseph Alexis “Ray” Gauvreau

Forces aériennes

  • Raymond Gauvreau
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"Quelqu’un a frappé à la porte et c’était mon commandant qui m’a dit, Ray, je suis désolé de te dire ça, mais ton ami n’est pas revenu, est-ce que tu peux emballer ses affaires s’il te plait pour qu’on puisse les renvoyer à sa femme au Canada"

Transcription

J’ai servi dans le 626ème escadron (RAF) en Angleterre, depuis un aéroport qui s’appelait Wickenby. J’ai commencé directement sur les Lancaster (bombardiers lourds). Ils m’ont envoyé dans une base au centre de l’Angleterre où ils avaient toutes les sortes de membres d’équipage imaginables, du mitrailleur au navigateur, mais pas de pilotes. On m’a envoyé dans cette base avec une date et un endroit précis où je devais aller pour choisir les six hommes qui allaient composer mon équipage.

J’étais complètement dans le noir à propos de ce que ça impliquait, mais quand je suis arrivé là-bas, je suis arrivé dans ce grand bâtiment et j’ai ouvert la porte et on aurait dit que j’entrais dans un immense gymnase double, rempli de gens qui étaient tous des membres d’équipage occupant différents postes dans un appareil, du mitrailleur de queue au navigateur. J’ai tout de suite refermé la porte et j’ai reculé, et j’ai dit, il faut que je rentre là-dedans et que je choisisse six hommes, et je ne connais personne. Il n’y avait personne à qui parler. J’étais tout seul. Finalement j’ai fait une prière, et j’ai dit, Seigneur, aide-moi dans cette entreprise. Je suis entré et avant même d’avoir eu le temps de fermer la porte, il y avait ce grand gaillard qui se tenait debout devant moi et qui me dit, je m’appelle George McIntosh et je viens de (Fort) MacLeod en Alberta, je suis navigateur et je voudrais faire partie de ton équipage, est-ce que tu me prends ? Je réponds, évidemment George, on se serre la main. Et pendant qu’on se serrait la main, cinq autres hommes se sont approchés de nous, et je les ai tous pris ; et c’est devenu mon équipage. Oh, il y avait un autre canadien qui s’appelait John Halliday et venait de Welland en Ontario et tout le reste c’était des anglais qui venaient de différents endroits en Angleterre.

Après avoir terminé six vols, mes six premiers vols, un jeune pilote est arrivé dans mon logement ; et on lui avait attribué le lit en plus que j’avais dans ce logement-là. Et comme il commençait tout juste ses vols, cette nuit-là il allait effectuer son premier vol alors que pour moi c’était le huitième ; c’était mon huitième vol ; et c’était son premier vol. J’ai fait connaissance avec lui et je l’ai aidé à défaire ses bagages, et ainsi de suite. Il a sorti une photo et l’a posée sur la table entre les deux lits ; et c’était une photo de sa femme et de sa fille âgée d’un an chez lui à Winnipeg.

Et en tout cas, on est partis pour nos vols plus tard et je me suis préparé pour ma mission de bombardement habituelle ; et quand je suis rentré, à 2h30 du matin à peu près, il n’était pas encore arrivé. Alors je me suis allongé sur mon lit et je l’ai attendu, pour qu’on puisse parler de ce qui s’était passé. Un petit moment après, quelqu’un a frappé à la porte et c’était mon commandant qui m’a dit, Ray, je suis désolé de te dire ça, mais ton ami n’est pas revenu, est-ce que tu peux emballer ses affaires s’il te plait pour qu’on puisse les renvoyer à sa femme au Canada. Ça m’a laissé des souvenirs vraiment tristes en pensant à ma femme que j’avais épousé seulement deux semaines avant de partir outre-mer.

Date de l'entrevue: 8 novembre 2010

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