Témoignages d'anciens combattants:
Robert “Tommy” Atkins

Armée

  • Lettre de Robert Atkins à ses parents pour leur dire que son frère est mort dans le programme d'entrainement aérien du Commonwealth britannique, octobre 1943.

    Robert Atkins
  • Robert Atkins (voir la flèche) brigade d'infantrie canadienne HQ 13 à Kiska.

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  • Plaque d'identification d'avion japonais Zero, 1943.

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  • Journal de bord de la défense du peloton, 1943.

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"Nous avons été envoyés aux îles Aléoutiennes en 1943. Il s’agissait d’un exercice concerté entre Américains et Canadiens."

Transcription

Quand j’étais à l’école secondaire d’Oakville, j’ai joint la Lorne Scots B Company en tant que soldat d’infanterie. Et je suis allé au camp d’entraînement avec les gars quelques fois. J’avais été capitaine de corps de cadets à l’école secondaire, et je me suis enrôlé à Brockville pour suivre un entraînement d’officier. De là, j’ai été affecté à Nanaimo, en Colombie-Britannique, dans la 13e brigade d’infanterie canadienne. J’étais aux commandes du peloton de défense des quartiers généraux. Le peloton de défense était responsable de la défense des brigades du quartier général contre de possibles infiltrations, entre autres.

Nous avons été envoyés aux îles Aléoutiennes en 1943. Il s’agissait d’un exercice concerté entre Américains et Canadiens. Les Américains avaient là une division et nous avions une brigade, alors nous étions en minorité d’environ, je dirais, trois pour un, quelque chose comme ça. Je pense que les Canadiens comptaient 5 000 troupes dans cette organisation, et que les Américains comptaient environ trois fois ce nombre, environ 20 000. C’était l’été et nous avions nos vêtements d’hiver à Nanaimo. Nous étions au courant que ça allait être une opération par temps assez froid, mais nous ne savions pas où c’était à ce moment-là. Alors, nous nous y sommes rendus pour l’entraînement, et des membres de la troupe ont été envoyés à Courtenay, toujours en Colombie-Britannique, si je me rappelle bien, pour un entraînement aux opérations multinationales et aux manœuvres de débarquement. Je crois que tout le monde était un peu nerveux à l’approche des Aléoutiennes. Nous n’étions pas sûrs si les Japonais étaient pour y être ou non, parce que nous n’avions aperçu aucune présence japonaise dans les airs depuis environ une semaine. Nous pensions qu’ils étaient peut-être descendus au sol et qu’ils nous attendaient de pied ferme.

Mais il s’est trouvé que notre commandant en chef estimait que, si les Japonais n’y étaient pas, ça nous ferait quand même un bon entraînement au débarquement. Et s’ils étaient pour y être, c’était sûr que nous allions nous battre. Alors, nous sommes allés de l’avant, et quand nous avons débarqué, il n’y avait de Japonais nulle part. Les Américains ont perdu environ, oh, quelque chose comme 20 hommes au cours des manœuvres, et les Canadiens, quatre. Pour la plupart, des mines et des pièges, et pour quelques-uns, des tirs amis. Oui, les soldats débarquaient comme ça, et ils n’étaient pas sûrs que ce qu’ils voyaient dans le brouillard était ami ou ennemi, alors parfois ils tiraient. C’est pour ça que quelques personnes ont été tuées par des tirs amis. Mais pour la plupart, ça a été à cause des mines et des pièges.

Le temps n’était pas très clément. Là où se trouvaient les îles Aléoutiennes dans l’océan, les courants chauds japonais remontaient la chaîne des îles par le sud, et les courants froids sibériens nous venaient du nord. Alors, quand les grandes masses d’air qui accompagnaient ces eaux se rencontraient, ça donnait du brouillard, de la pluie, de la neige et tout. Nous sommes restés là jusqu’au jour de l’an 1943. Quand nous avons débarqué dans les îles Aléoutiennes, les Canadiens débarquaient en Sicile.

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