Témoignages d'anciens combattants:
Gilford E. Boyd

Armée

  • M. Boyd et son commandant se sont arrêtés dans ce lieu pour le déjeuner après un voyage à Bruxelles et Vimy Ridge. Cette photo semble être prise à l'est, près de Lille, France. Juste après que cette photo ait été prise, la Commission impériale des tombes de guerre a divisé l'unité de M. Boyd pour satisfaire l'établissement des nouveaux cimetières canadiens de guerre.

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  • Lieu à l'ouest de Calais où un cimetière militaire canadien a été établi plus tard par la Commission imprériale des tombes de guerre.

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  • On a remis à chaque soldat une trousse de couture appelée "Housewife" ("femme au foyer"). Il était complet et incluait des boutons et de la cire d'abeille. Il manque à cette trousse l'ensemble de boutons qui ont été perdus au fil des années.

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  • Une lettre parmi les lettres que M. Boyd a reçu de son école de séminaire S.S. 5 au sud de la commune de Yarmouth, Comté d'Elgin, Ontario. Les étudiants lui ont tous écrit après que son cousin soit venu en classe avec une de ses lettres provenant d'Europe.

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  • Carte montrant où M. Boyd a atterri à Juno Beach, France.

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"Une fosse commune que nous avons déterrée à la tête de plage même comptait 300 corps."

Transcription

Nous formions l’unité de regroupement canadienne no 2. Nous étions chargés d’aller sur place pour repérer toutes les sépultures dispersées et transférer les corps aux cimetières permanents. Pour effectuer le transfert aux cimetières militaires, on a créé le Whitby Commons, l’unité de regroupement des sépultures canadienne no 2. J’en ai fait partie du mois de mai au 13 juillet. Notre unité ne comportait que 12 personnes et n’avait à sa disposition que quatre véhicules. Nous formions une unité complète : deux officiers, deux sergents, deux cuisiniers, deux chauffeurs, deux caporaux et deux soldats des services généraux. Mais, nous n’étions que douze et n’avions que quatre véhicules pour tout faire. Le 14 juillet, nous sommes montés à bord du Liberty Ship Empire Plowman à 5 h et avons quitté le port à 9 h du soir. Nous n’avons atteint la plage que le 18juillet, à 9 h, et avons dû attendre que la marée baisse pour accoster. Nous sommes descendus à terre le 19 juillet. Nous sommes alors rendus à un lieu de rassemblement près de Banville, dans le département français du Calvados. Nous y sommes demeurés une journée. Le lendemain, le 19 juillet 1944, on nous a envoyés à Bernières sur Mer, un petit village à proximité, d’où nous pouvions voir la Manche. Au départ, nous avons employé un cimetière temporaire et avons embauché des civils français, mais ceux-ci étaient insatisfaits. Je ne sais pas si c’était la tâche qui leur déplaisait. Ils étaient tout de même rémunérés et nourris. Néanmoins, ils ne cessaient de répéter qu’ils étaient mal payés et qu’ils ne recevaient pas suffisamment de nourriture. Nous avons donc remplacé les Français par des prisonniers de guerre du camp qui se trouvait à une bonne distance de Caen. Nous avons commencé à en faire sortir des prisonniers pour déterrer les corps, les transporter au cimetière et les y inhumer. L’un des groupes de prisonniers était constitué de soldats SS. Nous les avons conduits sur le terrain où ils ont refusé de se mettre à l’œuvre. Nous les avons donc amenés à notre campement, à Cormeilles, où nous étions installés, pour qu’ils y effectuent des travaux de nettoyage. Nous les avons reconduits au camp de détention et n’avons plus eu recours à eux. Nous avons enfin pu créer une équipe de dix prisonniers de guerre. Nous prenions les mêmes dix personnes tous les jours et, au besoin, ajoutions des prisonniers à l’équipe. Par exemple, s’il fallait deux équipes, nous prenions dix autres prisonniers. Nous avions aussi constitué une autre équipe permanente de manière à ce que, lorsque nous quitterions Cormeilles, l’unité soit divisée. Une équipe irait à Calais et, l’autre, à.... Les prisonniers de guerre souhaitaient nous accompagner. Ces soldats n’étaient que des enfants après la Première Guerre mondiale. Nous devions nous rendre sur les lieux avec une équipe en nous orientant à l’aide du point de référence sur la carte – Dieppe afin de récupérer les corps des sépultures qui s’y trouvaient, que ce soit une ou plusieurs. Une fosse commune que nous avons déterrée à la tête de plage même comptait 300 corps. Les indications des cartes étaient parfois erronées et il fallait alors consacrer beaucoup de temps à les repérer. De plus, les fosses comportaient parfois une croix. Ce n’était pas nécessairement un Canadien qui y était enterré. Le corps pouvait être celui d’un Allemand ou même un soldat britannique affecté à une unité des forces armées canadiennes. À la tête de plage, une unité médicale britannique s’occupait des morts. Nous nous y sommes rendus pour récupérer le corps d’un soldat canadien, dont la plaque d’identification n’a été trouvée que dans la 23e fosse que l’unité avait déterrée. Nous étions si peu nombreux et nous étions isolés. Nous relevions de la British War Graves Commission. Nous communiquions avec l’échelon britannique et l’échelon canadien mais, en réalité, nous étions seuls. Les membres de l’unité provenaient de toutes les régions du Canada. Nous formions une grande famille et …
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