Témoignages d'anciens combattants:
Kathleen Kaye Tait Ransom

Armée

  • Kathleen Tait Ransom, tout à gauche, et des amies aux Pays-Bas.

    Kathleen Tait Ransom
  • Kathleen Tait Ransom (connue sous le nom de Kaye Tait), 24ans, dans son uniforme de l'hôpital alors qu'elle était basée à l'Hôpital Général Canadien no. 18 à Colchester en Angleterre.

    Kathleen Tait Ransom
  • Le Lieutenant Infirmière Sœur Kathleen Tait Ransom (3ème à gauche) le jour de Noël 1943 à l'Hôpital Général Canadien no. 18 à Colchester en Angleterre.

    Kathleen Tait Ransom
  • Kathleen Tait Ransom (voir flèche) l'Hôpital Général no. 10 en Belgique avec ses collègues membres du Corps Royal Médical Canadien en avril 1945. Kaye Tait a fut envoyée au centre d'évacuation des blessés no. 6 aux Pays-Bas.

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  • Kathleen Tait Ransom (à droite) et son ami le Docteur Gilbert, en Angleterre en 1944.

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"Un garçon, ils ont dû a lui mettre des larves à l’intérieur de l’estomac pour qu’elles mangent tous les éclats, tout les trucs avec lesquels on lui avait tiré dessus. Je me souviens toujours de ce gars."

Transcription

J’avais trois frères dans l’armée de l’air et tout le monde dans la petite ville où j’habitais s’engageait ; et l’amie avec laquelle j’avais suivi ma formation s’engageait, alors on a décidé toutes les deux d’aller nous engager dans l’armée. Après avoir fait trois ans comme infirmière, je me suis engagée dans l’armée (le corps médical militaire canadien), la guerre avait déjà commencé et je me suis engagée en 1943.

On était trois filles et on ne s’est jamais séparées. Même quand on sortait avec des garçons, on prenait, on y allait toutes les trois. Marg Middleton et euh, Thompson, son nom de famille c’était Thompson. L’une venait de l’île du Prince Edward et l’autre de Clinton en Ontario. On a passé de bons moments, on a passé de bons moments en permission. On a rencontré une dame en Angleterre qui s’occupait, on lui apportait de la nourriture et on vivait là-bas avec elle, la vieille dame. Et il y avait je ne sais pas combien d’hommes qui allaient et venaient dans cette maison, jour après jour, quand on était en permission. Des petites choses comme ça qui vous reviennent à l’esprit.

On avait l’habitude d’aller dans ces grands hôtels et je n’étais pas habituée à des endroits de cette taille. Les garçons nous emmenaient là-bas pour prendre un verre, et les boissons ne coûtaient que 25 centimes. On restait là toute la soirée et on prenait quelques verres ; et on dansait beaucoup. Tous les vendredis soirs dans notre unité, on avait une soirée dansante et tout le monde y allait. On passait toujours un bon moment. À un endroit où j’étais on m’appelait l’infirmière des pansements. Je ne faisais que ça toute la journée, arpenter la salle avec un grand plateau à pansements et je changeais les pansements. C’est tout ce que je faisais, vous savez. C’était intéressant parce que vous pouviez voir une différence dans l’état des patients d’un jour sur l’autre.

On donnait de la pénicilline à tout le monde. On remplissait un truc et on changeait juste les aiguilles au fur et à mesure ; et tout le monde avait de la pénicilline. On en donnait beaucoup, je sais.

Un garçon, ils ont dû a lui mettre des larves à l’intérieur de l’estomac pour qu’elles mangent tous les éclats, tout les trucs avec lesquels on lui avait tiré dessus. Je me souviens toujours de ce gars. On les lui mettait dedans tous les jours et elles mangeaient les débris, et le pus qu’il avait à l’intérieur de l’abdomen à cause des éclats des balles avec lesquelles on lui avait tiré dessus. Bon, on avait des petits forceps pour les retirer et ensuite on lui faisait son pansement, on lui mettait un peu plus de solution saline dedans et on rinçait tout ça. Ça n’avait pas l’air de l’embêter parce qu’il savait que sa santé s’améliorait. Il a survécu, il a survécu.

Le jour de la Victoire en Europe, je m’occupais de malades allemands en Belgique. Oh, ils avaient tout. Vous savez, déshydratation, c’était des hommes malades. J’avais un garde avec moi. Il y avait des gardes tout autour, et les malades allemands étaient contents d’avoir un lit et content d’avoir à manger. Ils étaient gentils avec nous, mais je savais que j’étais en sécurité parce qu’on avait des gardes là-bas. Ça a duré seulement deux ou trois jours, et ensuite ils les ont déplacés.

Et ensuite on m’a changée moi aussi. Après ça je suis partie en Hollande ; et j’ai adoré la Hollande – très bel endroit. J’étais dans un poste d’évacuation sanitaire là-bas, c’est à dire qu’on faisait venir les soldats partout sur le continent, et on les évaluait et on leur donnait du sang, et on les gardait si besoin était. Il y en avait qui ne s’en sortaient pas alors on les renvoyait en Angleterre, dans un hôpital général. Et certains jours on avait entre 100 et 200 patients dans la journée. Et puis on avait une permission et on partait en permission, on avait quelques jours de congé. J’aimais bien ça.

Parce que ce n’était pas répétitif, chaque jour, on faisait quelque chose de différent. Les malades allaient et venaient ; et on les envoyait dans un hôpital et puis on est reparties. Certains patients qu’on aimait bien on a essayé de les retrouver pour voir comment ils se portaient. On en a retrouvé quelques uns quand on est rentrées. On avait l’habitude d’avoir des permissions et de rentrer, de temps en temps, et de voir comment ça se passait.

Bon, je suis rentrée chez moi en mars 1946. On est rentré en bateau avec des épouses de guerre, on s’occupait des épouses de guerre. On s’occupait des enfants sur le (NSM) Aquitania, un gros bateau.

Quand je suis rentrée j’étais quelqu’un de différent. Bon, j’ai vu tellement de destruction et de maisons détruites, et les bombes V1, et tout était… Je suis rentrée au Canada, ça faisait comme un million de dollars. Bon, j’étais contente de me trouver là-bas quand mon frère a été tué et, comme ça je suis allée à ses funérailles, j’ai récupéré ses affaires et d’autres petites choses comme ça qui vous viennent par moments. Et les amis que vous vous faites. Et vous tombez amoureuse et puis vous ne l’êtes plus. Mais c’était des bons moments tout ça.

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