Témoignages d'anciens combattants:
Garth S. Webb

Armée

  • Des artilleurs avec un Priest M7 105mm, mortier à auto-propulsion de la 34ème Batterie, 14ème Régiment de Campagne, Artillerie Royale Canadienne, Normandie, France, le 20 juin 1944.
    Mention de source : Leit. Donald I. Grant / Ministère de la Défense Nationale du Canada / Bibliothèque et Archives Canada / PA-132886.

    Credit: Lieut. Donald I. Grant / Canada. Dept. of National Defence / Library and Archives Canada / PA-132886
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"J’étais un officier subalterne avec des responsabilités d’officier supérieur ; et je n’avais pas trop le temps de rester assis sur une chaise à m’inquiéter des dangers."

Transcription

La 3ème division (d’infanterie) canadienne a débarqué le jour J et ça comprenait trois régiments d’artillerie. On s’est entrainés pendant la majeure partie des derniers mois de l’année 1943 et le début de 1944. On s’entrainait pour savoir comment, on a été transférés dans, à la place des canons de 25 livres (canons de campagne), on avait des Priest (M7-105mm mortier autotracté) c’était des canons montés sur un châssis de char d’assaut et ils étaient préparés pour (faire) deux choses en particulier. L’une c’est, ces canons étaient capables de tirer depuis l’eau en restant sur le bâtiment de débarquement de chars, comme on était pendant la traversée. Et l’autre chose c’était, ils étaient équipés, ils avaient une étanchéité de très bonne qualité alors on pouvait descendre à l’extrémité du bâtiment de débarquement de chars et partir au combat directement. Alors ça a pris, pendant la période de préparation pour le jour J, on nous avait attribué ceux-là et on avait appris à conduire les chars, et faire tout ça. Alors on a eu une période d’entrainement très longue et on a traversé cette période avec tout le sud… tout le sud de l’Angleterre était rempli de gens qui se préparaient pour l’invasion. On était en plein dedans, à nous entrainer. En fait, nous sommes montés dans notre bâtiment de débarquement à peu près deux jours avant, le 4 juin peut-être, ou le 3 juin. On était à Southampton ; et on était là-bas pour, on savait qu’on allait envahir. De fait, on était, le jour prévu à l’origine où on devait y aller c’était le 5 juin ; et j’étais le commandant des troupes et avec le commandant du bâtiment de débarquement, le gars de la marine, on a regardé les ordres et puis ils ont repoussé d’une journée et on a pensé, oh bon sang, on n’est pas censés savoir tout ça. En tout cas, ça n’a causé aucun dommage parce qu’on y est allés le jour suivant. On avait été tous ensemble, notre troupe et notre, je ne sais pas combien, on avait probablement une centaine de personnes et on avait quatre Priest plus un autre char et d’autres véhicules différents, et beaucoup de gens. En tout cas, on est restés dehors toute la nuit après qu’on nous ait établi où aller ; et je n’ai pas eu l’occasion de m’inquiéter parce que je commandais et j’étais sacrément trop occupé, et les gens qui venaient, et pour ci ? Et pour ça ? Alors je ne peux pas dire que j’avais, à part que j’étais très impatient et très excité à l’idée de partir au combat, je n’avais pas trop de temps. Et ça a été la même chose plus tard. De fait, pour moi, ça a été comme ça pendant toute la guerre. J’étais un officier subalterne avec des responsabilités d’officier supérieur ; et je n’avais pas trop le temps de rester assis sur une chaise à m’inquiéter des dangers. En tout cas, on a bien fini par débarquer. On tirait depuis le bâtiment de débarquement en chemin et le succès était plutôt douteux. Mais ensuite on a fait demi-tour et on y est allés ; et on a débarqué à H plus 90 (H veut dire Heure à laquelle une opération militaire commençait), c’est à dire 90 minutes après les premiers gars. Notre officier de reconnaissance est venu à notre rencontre et il nous a conduits à notre première position de pièces. On a organisé un voyage pour notre régiment (le 14ème régiment de campagne, Artillerie royale canadienne) pour le cinquantenaire. Ça nous a intéressés et nous sommes allés en France pour se rendre compte de ce qu’il y avait à voir sur la Deuxième Guerre mondiale pour nos jeunes enfants et nos enfants adultes. On est allés là-bas et il n’y avait pas grand-chose. Alors par la suite on a exploité tout ça et on a développé le centre de Juno Beach, qui est une opération très impressionnante qui tourne toute l’année.
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