Témoignages d'anciens combattants:
Grant McRae

Forces aériennes

  • Grant McRae s'est engagé dans l'Aviation Royale Canadienne en 1942, et a été formé sur un bombardier Lancaster.

  • En avril 1945, le premier tank russe roula dans le camp de Luckenwalde. Après des négotiations avec Moscou, les prisioniers du camp ont finalement été libérés. Sur cette photo, un camp de prisonnier en Allemagne.

  • En août 1944, monsieur McRae a été transféré dans un camp tristement célèbre : le Stalag Luft III. Il a été transféré au camp de Luckenwalde en janvier 1945.

  • Monsieur McRae est rentré au Canada à bord du SS Ile de France en 1945 avec plusieurs milliers de soldats. La foule les a applaudi lors de leur arrivée à Halifax.

  • Alors qu'il était en opération da la ville industrielle de Stuttgart en 1944, le bombarider de monsieur McRae a été abattu en pleine nuit. Après cinq jours de fuite, il a été capturé par la Gestapo allemande.

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Écoutez ce témoignage

"« Un soir, peu après le décollage lors de l’un de nos exercices de vol, le moteur tribord de notre appareil Anson a pris feu. À ce moment-là, nous survolions la mer d’Irlande à approximativement 4000 pieds d’altitude. »"

Transcription

Mon nom est Grant McRae. J’étais dans l’ARC (Aviation royale canadienne). Je me suis enrôlé en mai 1942 et j’ai quitté en septembre 1945. Je suis passé très près de mourir lors d’une des mes premières expériences, en août 1943. Un soir, peu après le décollage durant un de nos exercices de vol, le moteur tribord de notre appareil Anson a pris feu. À ce moment-là, nous survolions la mer d’Irlande à approximativement 4 000 pieds d’altitude. Les conditions météorologiques n’étaient pas très bonnes et nous perdions rapidement de l’altitude, et notre capitaine nous donnait des instructions par l’entremise de l’interphone, de dériver, de nous préparer à un amerrissage forcé. Immédiatement, tous les membres de l’équipage ont pris leurs positions alors que nous nous préparions à amerrir. Soudainement, à notre grande stupéfaction, nous sommes sortis des nuages à 200 pieds d’altitude. À notre surprise, nous volions désormais au-dessus de la terre. Nos roues d’atterrissage étaient relevées et notre moteur était encore en feu. J’ai rapidement descendu les roues, à la main. Miraculeusement, alors que nous allions atterrir, d’éclatantes lumières se sont allumées. Heureusement, nous étions au-dessus d’une piste d’atterrissage. Lorsque nous somme atterris, les lumières se sont éteintes encore une fois et un camion de pompiers est venu éteindre le feu dans le moteur.

L’unité de secours est ensuite venue nous rejoindre et nous a dit que nous étions à Llandrindod Wells (Pays de Galles) et que nous étions atterris dans une base d’observation de combat de la RAF (Royal Air Force). On nous a aussi dit que nous étions en plein milieu d’un raid aérien allemand. Nous sommes restés à la station pendant quelques jours, attendant que notre appareil soit réparé, et nous n’étions pas pressés de repartir car les repas étaient bons. Nous avions été rapportés disparus pour quelques heures et il allait par la suite y avoir d’autres expériences, puis j’ai été fait prisonnier de guerre en juillet 1944.

J’étais en cavale pendant approximativement cinq jours après être atterri. J’avais perdu mes bottes en atterrissant et je ne pouvais aller trop loin, mais j’ai été chanceux de tomber sur un ouvrier français dans un champ, et il m’a apporté une paire de souliers ainsi que du vin et du pain. Et cela m’a fait tenir le coup pour cinq jours de plus. Je dormais dans une grange. Et je suis embarqué à bord d’un train de marchandise (rire) qui allait dans la mauvaise direction. Finalement j’ai été ramassé par un garde allemand avec un chien. Et il m’a livré à la Gestapo. J’ai alors été soumis au processus de l’interrogatoire, et c’est là que j’ai appris que trois membres de mon équipe avaient été tués. Après cela, j’ai été envoyé dans un camp nommé Stalag Luft III en Allemagne. C’est le camp ou « La grande évasion » s’est produite. Il y avait deux ou trois camps. Nous étions dans l’enceinte Est et il y avait un autre camp nommé le camp Nord. Et nous ne pouvions aller dans leur enceinte et ils ne pouvaient venir dans la nôtre, sauf lorsqu’il y a eu cette partie de baseball. Nous avions eu la permission de visiter l’autre camp et il s’agissait d’une partie de balle molle.

Nous avions l’un des plus talentueux joueurs de baseball canadiens, il s’appelait Phil Marshallton. Il était lanceur pour les Philadelphia Athletics et il jouait dans la petite ligue dans le camp. Et j’étais au premier but. Et il ne voulait pas lancer car il ne voulait pas ruiner son bras en lançant pour la balle molle puisqu’il était un lanceur de baseball. Mais il a été arrêt-court et je me rappelle que la première soirée, il est venu et a pris la balle et me l’a lancée et naturellement il y avait toute une courbe et je ne m’attendait pas à cela. La balle m’a frappé directement dans la poitrine. Elle ne s’est même pas approchée de mon gant.

Alors nous sommes allés au camp Nord pour jouer contre les Américains.  Vous savez, ils croyaient qu’ils avaient tout sous contrôle en ce qui concernait le baseball, et Phil s’est levé, et c’était tout un frappeur aussi. Et il a pris ses bâtons, a enlevé un peu de boue de sur ses souliers, et ainsi de suite. Lorsque le lanceur a lancé la première balle, il l’a frappée et elle a volé au-dessus de nos barrières, au-dessus du barbelé et je crois qu’elle vole encore (rire). Bien sûr, les Américains étaient surpris et ils ont dit: « Qui est cet homme? ». J’ai dit: « Oh, c’est seulement un joueur de baseball de Penetanguishene en Ontario ». Et ils m’ont posé quelques autres questions. Ils ont dit: « Il a joué au baseball avant? ». J’ai dit: « Oui, un petit peu ». Alors ils ont dit: « Allez, McRae, donne-nous les détails ». Et j’ai dit: « Et bien, c’est un lanceur pour les Philadelphia Athletics ». Alors il étaient un peu fâchés de ne pas avoir appris la vérité un peu plus tôt. (rire)

 

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