Témoignages d'anciens combattants:
Ruth Gwendolyn Phyllis Aitken (née Windus)

Forces aériennes

  • Ruth Aitken le premier jour où elle a rencontré Doug Aitken, son futur mari, à London, Ontario, mai 1943.

    Ruth Aitken
  • Ruth Aitken (née Windus) avec la bicyclette de Doug Aitken, à London, Ontario, 1943.

    Ruth Aitken
  • Carte d'identité de Ruth Aitken provenant de son camp d'entraînement, 18 janvier 1943.

    Ruth Aitken
  • Delia Barrett, à gauche, et Ruth Aitken (née Windus), à droite, dans une ferme à Trenton, Ontario, 1945.

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  • Nora White et Ruth Aitken (née Windus) écrivant des lettres devant les casernes, à Trenton, Ontario, 1945.

    Ruth Aitken
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"Certains élèves pilotes ont été tués, ont eu un accident... Certains d’entre eux n’avaient pas l’air beaucoup plus vieux que moi ; et certains étaient très loin de chez eux, même pas de membre de la famille ou quoi que ce soit aux funérailles."

Transcription

Je n’avais pas la moindre idée à l’avance de ce que ça allait être. J’ai seulement pensé que vous entriez dans l’armée (Division féminine de l’armée canadienne) et vous alliez faire ce qu’on vous disait de faire. Je ne savais pas si j’allais me retrouver serveuse au mess des officiers ou dans les cuisines, ou autre parce que j’avais bien ma formation commerciale, mais je ne savais pas si c’était là-dedans qu’ils allaient me mettre.

Bon, j’ai d’ailleurs fait du travail de bureau et j’ai bougé un petit peu. J’ai travaillé sur les ordres courants du district pendant une courte période, et sur les mécaniciens de moteurs et de cellules, sur les livrets techniques d’aéronefs. Ce sont les livrets pour les avions ; et vous deviez consigner absolument tout ce qui était fait sur chacun des avions et vous deviez vous assurer d’avoir tout ça dans la bonne catégorie, comme la cellule, le moteur à air comprimé.

Quand je travaillais sur les livrets, le tarmac était juste à l’extérieur du hangar et les avions venaient avec les élèves pilotes, arrivaient et décollaient, et vous reteniez votre respiration en quelque sorte à chaque fois, en vous demandant si tout allait bien se passer. Si un élève oubliait de descendre les roues quand il atterrissait, il devait pousser une roue partout où il allait pendant des jours, je crois que c’était trois jours, chaque fois qu’ils allaient au mess pour manger ou travailler, à la caserne, ou quoi que ce soit. Alors ils n’oubliaient plus de descendre leurs roues à nouveau. Je veux dire, ils le faisaient toujours.

Certains élèves pilotes ont été tués, ont eu un accident. Ils n’avaient, ils étaient aux commandes et les choses ne se passaient pas bien, ils n’avaient pas, je suppose qu’ils avaient juste fait une erreur ou bien ils n’avaient pas appris assez vite, ou quelque chose. Certains d’entre eux n’avaient pas l’air beaucoup plus vieux que moi ; et certains étaient très loin de chez eux, même pas de membre de la famille ou quoi que ce soit aux funérailles.

Il y avait un rouquin, mais je crois qu’il était canadien, mais c’était un fils de ministre et il était fils unique. Et avec une autre fille on s’est senti vraiment mal. On a écrit à sa mère. La mère n’a jamais répondu, mais je pouvais comprendre. Un gentil gars. Très gentil rouquin.

Par deux fois, je me souviens qu’on avait un cortège funèbre et vous devez marcher très lentement. En tout cas, je pense que ce cortège ralentissait la circulation sur la route et puis, après deux ou trois fois, ça s’arrêtait aussi parce ça interférait avec les déplacements de la population, si le cortège était sur la route, et le cimetière était très loin de la base.

J’ai passé exactement trois ans dans l’armée et le gouvernement m’a donné en retour trois ans d’études après mon service. Alors j’ai fait une formation d’infirmière et je me suis servie de cette formation d’infirmière pendant 42 ans. J’ai arrêté pendant neuf ans pour élever ma famille, mais à part ça, j’ai été infirmière pendant 42 ans.

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