Témoignages d'anciens combattants:
Norman Weber

Armée

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"Pratiquement tout le monde a ouvert le feu et tué les allemands, la patrouille. Mais un gars s’est échappé."

Transcription

Envoyé dans le Perth Regiment, évidemment, vous allez voir le commandant et lui remettez tous les papiers qu’ils vous avaient donnés pour les lui donner. Et puis ils vous envoient dans la compagnie A du Perth Regiment. Alors j’ai découvert où se trouvait la compagnie A et ils ont dit, bon, Soldat Weber, vous allez être confié à, et là un gars s’est approché et a dit, je vais m’occuper de lui, je vais le prendre sous mon aile. J’ai découvert plus tard, au moins j’ai trouvé que son nom c’était Junior Foreman. Et j’ai su plus tard pourquoi il m’avait choisi, parce qu’il avait un frère du nom de Norman. Alors il dit comme ça, tu me suis tout simplement et tu restes près de moi, et tout va bien se passer.

Et bon sang, c’était comme un deuxième père pour moi, même s’il n’avait que quelques années de plus que moi, mais c’était vrai, vous restez à ses côtés, rien ne semblait l’intimider. Vous savez, les obus arrivaient de partout et il se tenait debout, en nous disant de continuer à avancer, ne restez pas allongés par terre, bougez, avancez. Et il était… il était, excusez-moi. Il a beaucoup compté dans ma vie à l’armée.

Et comme on dit toujours, la guerre c’est l’enfer. Mais vous en tirez le meilleur parti, peu importe ce que vous pouvez faire et je trouve que j’ai fait ce que j’ai pu. Et l’expérience que j’ai, je vais vous donner quand j’ai été blessé. On a pris notre objectif, ce qu’on pensait être notre objectif, et on a continué un peu plus loin sur la route ou le terrain, on pouvait voir une autre maison. Et dire qu’on voyait une autre maison, la nuit, on avait ce qu’on appelait un clair de lune artificiel, c’était une grosse lumière, très en arrière, huit à douze kilomètres en arrière qui brillait haut dans le ciel et qui atteignait les nuages et se réfléchissait en ricochet jusqu’en bas et vous pouviez ainsi voir de la lumière devant vous. Alors on arrivait à voir la maison devant nous. On a pris cette maison et il n’y a pas eu d’objections contre cette maison non plus. Nos lieutenants et éclaireurs sur la gauche, n’ont trouvé personne de ce côté, sur la droite, personne là non plus. Alors quand on a rappelé le commandant au téléphone, il nous a dit qu’on avait dû dépasser notre objectif, mais restez en alerte, pas de cigarettes, pas de balades à l’extérieur, ne faites aucun bruit. Alors ça allait.

À la mi-journée, une patrouille allemande s’est approchée et il fallait qu’on soit très silencieux tout à fait immobiles. Et puis ils ont commencé à entrer par le devant de la maison et ils étaient en train de passer la porte ; et, bien sûr, pratiquement tout le monde a ouvert le feu et tué les allemands, la patrouille. Mais un gars s’est échappé. Alors à l’heure du diner, alors que la nuit commençait à tomber, on a entendu un grondement qui descendait ; et notre lieutenant a dit, je me trouvais juste à ses côtés à ce moment-là, il dit, Weber, monte à l’étage et regarde d’où vient ce char ou ce que c’est que ce bruit. J’ai vu le char, et j’ai dit, c’est un char, et c’est un allemand. Tout à coup, un obus a traversé la maison et a arraché la moitié du toit, et un autre obus a traversé la maison et c’est la dernière chose dont je me souviens. Je suis revenu à moi plus tard. Il faisait nuit noire, et il n’y avait personne autour, et j’ai essayé de me lever et je n’arrivais pas à me lever. J’étais dans les décombres. J’ai levé le bras droit, et je me suis arc-bouté… alors j’ai pu me lever et je n’arrivais pas à bouger mon bras droit.

Alors je me suis débattu pendant un moment et j’ai fait beaucoup de bruit, je sais, avec les débris et tout ça. Je suppose que tout le monde se demandait ce qui pouvait bien se passer là-bas, parce que personne, il n’y avait personne du régiment ou de ma compagnie qui se trouvait à proximité de moi. Personne en bas. Alors je me suis finalement dégagé et je suis sorti de la maison et je suis parti en courant vers les lignes qu’on venait juste de quitter et j’ai découvert que la maison, pratiquement les trois quarts de la maison avaient sauté dans l’explosion, et j’avais eu de la chance. J’ai eu juste une blessure, mais deux gars avaient été tués et il y en avait un autre blessé aussi.

Et puis j’ai été sur la touche pendant un mois environ et je suis retourné sur les lignes de front en décembre. J’étais content d’être de retour avec les garçons et de retrouver Junior et, bien sûr, je lui ai fait sa fête pour n’avoir pas été là à mes côtés et m’aider à sortir des décombres.

Je n’ai pas fait toute la guerre avec lui, lui il l’a faite d’un bout à l’autre. J’ai été blessé, et puis je suis retourné dans le régiment et j’étais toujours avec lui, mais quand on est partis en Hollande, j’ai été blessé à nouveau, il a fallu que j’aille à l’hôpital ; et quand je suis sorti de l’hôpital la guerre était terminée. Il a été renvoyé chez lui avec le régiment. Je ne suis pas rentré avec le régiment. Je pense que ça m’a pas mal changé. Premièrement, je n’ai pas pu faire le métier que je voulais et il a fallu que je change d’idée à ce sujet, et fasse autre chose. J’en ai aussi gardé la conviction que Dieu était avec moi pendant toute la guerre.

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