Témoignages d'anciens combattants:
Murray Simon Acker

Armée

  • Le troopier R. W. Ferguson des Canadian Grenadier Guards observe des enfants français qui examinent son véhicule anti-aérien Centaur Mk. II à Elbeuf (France), le 28 août 1944. M. Acker servit avec les Canadian Grenadier Guards.

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"Ç’a été difficile pour moi d’écrire à sa mère à London, en Ontario, mais je voulais lui faire savoir l’héroïsme exceptionnel de son fils."

Transcription

J’étais un officier médical pour  The [canadian] Grenadier Guards [le 22e Régiment blindé], un régiment de blindés initialement stationné à Montréal [Québec], mais envoyé outre-mer. Et j’ai été envoyé de la Bretagne à un centre d’entraînement et de renforcement en France, à la fin juin 1944. Alors, lorsque l’officier médical des Grenadiers Guards, un régiment de blindés, fut malheureusement abattu par un [tir de] mortier perdu, j’ai été affecté à prendre sa place. Même si je voyageais dans une jeep, les Grenadier Guards étaient un régiment de blindés. Je l’ai rejoint en France, à la bataille de Caen/Falaise.

J’ai suivi, non pas proche du front, pas près, parce que tous les soldats étaient là, la plupart dans des blindés et dans d’autres véhicules. Et j’avais deux véhicules. Un était un Halftrack avec des rampes qui pouvaient transporter des soldats blessés sur des civières, et l’autre transportait mon équipement, mes fournitures et toutes sortes de choses, vous voyez. Nous nous sommes donc déplacés à mesure que la guerre avançait. Il y a eu un arrêt prolongé quand les Allemands sont entrés dans ce qui était appelé la Forêt d’Ardenne [lors de la bataille des Ardennes, du 16 décembre 1944 au 25 janvier 1945] environ au milieu de la France et nous avons eu à reculer pour une journée ou deux, mais finalemement nous l’avons franchie et nous avons continué à travers le nord de l’Europe.

Eh bien, il y a eu beaucoup de morts et de blessés. Parce que j’étais là avec mes troupes d’aide, une sorte d’hommes infirmiers. Et nous devions donner les premiers soins, contrôler la perte de sang, offrir du confort et les mettre ou bien dans véhicules ou bien dans des avions, parfois pour retourner en Angleterre pour des traitements de différentes sortes.

Quand la guerre a été finie, j’étais avec un groupe qui avait atteint le côté est du Rhin, entre Oldenburg et Wilhelmshaven [Allemagne]. Et, seulement pour anecdote, nous sommes entrés dans la maison d’un fermier allemand et lui avons demandé une bouteille de vin pour célébrer la fin de la guerre. Eh bien, il nous a affirmé ne pas en avoir. Nous ne l’avons pas cru; nous sommes descendus dans son cellier, où nous avons trouvé une grande collection de vin, et nous en avons confisqué quelques bouteilles.

J’ai été atteint par un tireur embusqué quand je voyageais dans ma jeep dans une zone non sécurisée. C’était le soir et j’avais été au front en raison d’un rapport indiquant un soldat blessé de notre régiment. J’ai rapidement fait demi-tour et me suis retiré en lieu sûr. En Hollande, l’aumônier qui travaillait avec moi est allé sur le champ de bataille pour essayer de ramener des soldats blessés. J’ai passé beaucoup de temps et d’effort à le convaincre de ne pas s’aventurer dans le no mans land en raison du danger. Eh bien, il est allé tout de même, avec un autre jeune officier, et ils ont tous deux été abattus par des tireurs embusqués, malheureusement. Ç’a été difficile pour moi d’écrire à sa mère à London, en Ontario, mais je voulais lui faire savoir l’héroïsme exceptionnel de son fils.

Eh bien, je me souviens lorsque notre régiment est arrivé dans une zone où il y avait eu beaucoup de combats, et une grande tente avec des morts et des blessés, et des hommes qui faisaient des chirurgies. Et un des hommes, un des chirurgiens, quand il a été relevé, on a remarqué qu’il portait un uniforme allemand en dessous de ses produits chirurgicaux. Il était resté derrière pour soigner les soldats blessés quand les bataillons allemands ont battu en retraite.

Éventuellement, les Alliés ont réussi à battre les forces allemandes et, le 8 mai 1945 [le Jour de la Victoire en Europe], a été la date de la reddition inconditionnelle des forces armées de l’Allemagne nazie. Hitler s’est suicidé quelques jours avant la baille de Berlin, et ç’a été la fin de la guerre.

Eh bien, je suis bien sûr resté en Europe avec le régiment, et finalement j’étais de retour en Bretagne. Et il y a eu une longue attente avant que vienne notre tour d’être rapatrié au Canada. On vous donnait des points : depuis combien de temps vous étiez là, si vous étiez marié, combien d’enfants vous aviez, etc. On accumulait des points. J’ai eu à attendre jusqu’en mars 1946. J’étais déjà revenu en Angleterre et j’étais dans une grande communauté militaire à…j’ai oublié le nom de l’endroit. Mais, de toute façon, on avait à attendre notre tour pour repartir. Repartir en bateau. Et il y avait 10 000 soldats sur le [RMS] Queen Mary, l’ancien Queen Mary. Je ne sais pas, c’était peut-être un navire de 80 000 tonnes, mais il était rempli de troupes. On avait des couchettes, six couchettes de haut, parce que tout le monde voulait rentrer à la maison.

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