Témoignages d'anciens combattants:
Roger Maynard

Armée

  • Le mécanicien Robert Hammill dans un atelier de réparation, Service technique de l'électricité et de la mécanique, Bordon (Angleterre), le 3 avril 1945.
    Crédit: Lieutenant Christopher J. Woods / Canada / Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-191183
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    Copyright: échu

    Roger Maynard servit dans le Service technique de l'électricité et de la mécanique (Royal Canadian Electrical and Mechanical Engineers).

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"De là on a pu commencer à ramasser les chars d’assaut qui ont été immobilisés et frappés et on a commencé tranquillement notre réparation pour ce qu’on pouvait réparer."

Transcription

J’ai fini l’école technique de Montréal en 1937. De là, nous étions dans la grande Dépression [Crise] mondiale à Montréal. Alors, j’avais commencé à travailler dans quelques gros garages. À ce moment-là, l’ouvrage était très rare. Et puis on allait dans un garage et on pouvait s’asseoir sur le banc et attendre que les clients viennent. Si par hasard ou par chance on avait quelqu'un qui venait on était libre de prendre ou accepter la réparation, ou prendre ou accepter, à ce moment-là on pouvait poinçonner l’heure et le temps qu’on faisait la réparation sur cette auto-là. Et puis c’était notre système, on était payé seulement s’il y avait quelque chose à faire.

J’ai cherché à m’en aller dans l’Air Force [armée de l’air]. On ne me voulait pas par déficience de mes yeux. Mes yeux n’étaient pas bons puis je portais des verres depuis l’âge de sept ans. Alors l’Air Force me refuse. J’ai été à l’ordonnance, [demander] s’il y avait des véhicules ou quoi que je pouvais réparer en somme ou comme mécanicien et encore là on m’a refusé, on ne me voulait pas! Jusqu’au moment que, j’avais le frère d’un de mes amis qui était un officier dans un régiment canadien--français c’était quelqu’un qui me connaissait très bien. J’avais été le voir et enfin on avait fini par consentir de me prendre comme soldat. C’est là que j’ai commencé ma carrière militaire.

On était à Valcartier, il était au courant qu’on se préparait pour aller outremer alors on m’a transféré aux quartiers généraux de la brigade. Et puis, les «Fusiliers » [Fusiliers Mont-Royal] sont partis pour l’Islande et moi je suis resté en arrière. Un autre trois semaines après avec les quartiers généraux, on a traversé en Angleterre. Et j’ai été en Angleterre alors on m’a employé comme mécanicien ou toujours mécaniquement. Jusqu’au moment où on commence à m’envoyer à donner des cours moi-même dans ce domaine- là. Et jusqu’à un moment parce qu’on continuait mon instruction jusqu’au moment à ce que j’aie des connaissances assez pour aller prendre un cours de armement artificer [artificier], c’est technicien en électricité et mécanique. Alors je suis allé avec l’armée anglaise, le collège militaire de sciences [Royal Military College of Science] et puis j’ai pris le cours au complet. J’ai fini ça et on m’a promu le grade d’Adjudant-chef et on m’a employé à la 2e Armoured Brigade [2e Brigade blindée], le workshop [atelier] de « REME » [Royal Electrical and Mechanical Engineers]. J’ai traversé le jour de l’invasion, le jour du débarquement en France avec 40 hommes, j’étais le maître de la situation pour 40 hommes. J’ai débarqué avec 40 de mes hommes qui étaient en somme pas tous des mécaniciens.

C’est seulement que la guerre finisse j’étais dû pour revenir mais la guerre finissait alors il y a fallu prendre tous les chars d’assaut qui existaient dans la « 2nd Armoured Brigade » [2e Brigade blindée] chaque char d’assaut il y avait une inspection complète à faire, l’évaluation, des réparations, et puis envoyer faire les réparations, et alors revérifier le char comme quoi tous les travaux spécifiés avaient été complétés, et étaient envoyés en ordonnance et étaient remis en magasin. Alors jusqu’à ce que tout ça soit fini j’ai été obligé de rester avant de revenir au Canada. Je suis revenu au Canada le jour de la victoire du Japon [août 1945].

On est sur le bateau, c’est notre tour de débarquer, on va prendre nos véhicules de transport qui sont dans la soute du bateau et puis on a un câble puis ils vont chercher les véhicules dans le fond de la cale, on les monte et on les met sur le deck [pont] et puis près du bateau on met des barges et on lève les véhicules du bateau puis on les dépose sur des barges qui sont à côté du navire, et puis les barges…parce que les bateaux ne peuvent plus se rapprocher de la rive, l’eau n’est pas assez profonde, alors de là les barges vont aussi loin jusqu’ à la berge jusqu’au moment où les portes s’ouvrent de la barge, les véhicules descendent dans l’eau peut-être trois ou quatre pieds les véhicules sont tous adaptés et peuvent fonctionner même presque sous l’eau, ils peuvent se rendre à sec jusqu’au bord et de là on nous guette.

Et puis bien il y a une falaise ça fait qu’il faut débarquer puis contourner la falaise. Je peux aller à pied mais notre bagage reste dans le véhicule, alors on part à pied et puis on marche, on marche et puis les Allemands il y en a toujours d’autres qui viennent en arrière. Alors après avoir marché peut-être 20 minutes ou une demi-heure on nous demande de rester là quelque temps, le temps qu’on vérifie les à-côtés pour être certain qu’il n’y a pas de mine qui va sauter. Ensuite on est dans notre placement et puis on attend là. Alors j’ai attendu avec mes hommes, quoi, jusqu’à temps qu’on me dise quoi faire. C’était probablement le lendemain, on continuait d’accumuler des matériaux, de nous entourer de toutes sortes de matériaux qui arrivaient par camion. Le lendemain alors que s’était assez avancé alors il fallait nous déplacer ailleurs pour nous faire prendre notre place et pour nous ôter de cette pêle-mêle de matériaux-là et puis de là on a agrandi le territoire là on peut commencer à s’assembler puis planifier ce qu’on va faire. Alors là on a été un peu comme ça pour les premières semaines jusqu’à temps que ça devienne stable. De là on a pu commencer à ramasser les chars d’assaut qui ont été immobilisés et frappés et on a commencé tranquillement notre réparation pour ce qu’on pouvait réparer. Ensuite on prenait ce qu’il nous manquait sur un char qu’on se servait pour cannibaliser, prendre les pièces qui étaient blessées pour garder les autres à marcher. Jusqu’à, ça s’est fait jusqu'à la fin du mois de juin (1945).

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