Témoignages d'anciens combattants:
Colin Campbell

Armée

  • Membres du Irish Regiment of Canada posant devant un barrage et un fossé anti-char allemand près d'Otterloo, Pays-Bas, 16 avril 1945. M. Campbell servit dans le Irish Regiment of Canada pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Source: Capt. Jack H. Smith / Canada. Min. de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-115442
    Restrictions d'utilisation: Aucune
    Droits d'auteurs: Expirés

Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"(...) et un obus est arrivé et la vache que j’étais en train de pousser en a reçu un dans le bide. Et elle meuglait parce qu’elle était mortellement blessée. Et ça m’a sauvé la vie."

Transcription

Je retournais à l’endroit où se trouvait la frontière et apparemment, on s’est fait bombarder intensément là-bas, et ils utilisaient des moaning minnies (NDT lance-roquettes multiples montés sur trépied et tirant en rafale), les Nebelwerefer leur arme à mortiers (une pièce d’artillerie allemande), que les Allemands utilisaient. Ils tiraient à peu près cinq obus d’un coup en tirant sur une corde et en appuyant sur un bouton et cinq obus atterrissaient d’une certaine façon autour de vous et je venais juste d’arriver à l’endroit où se trouvait le trou quand un morceau a atterri dans mon dos et résultat, je courais dans un champ labouré et je me suis tordu la cheville. Et en tout cas, je suis resté allongé là un moment et puis finalement, ils m’ont ramené et ils ont dit que je m’étais sérieusement foulé la cheville. Mais je n’ai pas été blessé cette fois-là, mais j’ai regardé après que les obus aient atterri et tout ce que je pouvais sentir c’était l’odeur de la cordite dans l’air. On était à un endroit appelé, je ne pourrais pas vous dire parce que les fois où je n’avais pas de carte pour voir où je me trouvais et on me disait simplement où aller et j’allais là où l’officier nous demandait d’aller et je me souviens, on était dans une maison italienne et apparemment, à cet endroit précis, on appelait ça le « coin chaud ». Et on subissait des bombardements intensifs et apparemment, on s’est réfugiés dans cette maison italienne, on était dans la partie à l’avant de la maison et apparemment les obus heurtaient le toit. Et on pouvait entendre les obus qui frappaient le toit et on attendait juste qu’il y en ait un qui passe à travers le toit quand un des gars de notre peloton apparemment, il était un peu plus âgé que moi et en tout cas, il a finalement craqué et s’est mis à pleurer. Et quoi qu’il en soit, alors le sergent est arrivé et a dit : « Emmenez-moi ce sacré bétail dans la grange à l’arrière. » La grange était apparemment adjacente à la maison, c’était tout-en-un. Et si vous traversiez une zone, vous étiez directement dans la grange. Alors on poussait le bétail dehors et je venais de faire sortir une vache par la porte en la poussant et un obus est arrivé et la vache que j’étais en train de pousser en a reçu un dans le bide. Et elle meuglait parce qu’elle était mortellement blessée. Et ça m’a sauvé la vie. Autrement, je ne serais pas ici aujourd’hui. À part ça, c’en est une autre, je n’oublierai jamais celle-là. Et il y a eu un autre incident où mon sergent, David Lawrie, on est arrivés à un endroit et puis la première chose qu’on a fait, on était arrivés à 2 heures du matin, et il fallait creuser et j’avais l’impression de creuser dans de la houille parce que le sol était tellement dur parce qu’il fallait qu’on mette les mortiers au fond de ce trou et les installer au cas où on en ait besoin et apparemment, alors pendant la nuit, il a commencé à pleuvoir et en tout cas, alors on a mis nos pèlerines antigaz, on s’en servait d’imperméables, sans parler du gaz. Alors il était à peu près six heures du matin, le sergent a dit, il a dit : « Je vais aller faire du thé. » et c’était une sorte de boite de conserve de confiture qu’il avait et on a rempli le Benghazi (réchaud improvisé fait avec une boite de conserve de confiture remplie de gaz et perforée avec des trous sur le dessus) avec un peu de gaz et il l’a allumé pour faire bouillir l’eau. Et en tout cas, alors qu’il contournait le foin, la fumée, il n’y avait pas de vent ou quoi que ce soit, mais toute cette fumée provenant du Benghazi montait en l’air, montait tout droit. Et apparemment, les Allemands ont dû la voir et ils ont commencé à nous bombarder et apparemment, à la suite de ça, il venait de passer le coin de la botte de foin et il se l’est pris. Et apparemment, il a reçu un éclat d’obus dans la tête et en haut du front. Et il a fallu qu’on le traîne à l’intérieur de la porcherie qui était le long de la maison italienne. Et je vais vous dire, on était à peu près cinq dans cette porcherie et on l’avait avec nous là-dedans et apparemment, il a passé un moment là-dedans parce que les bombardements n’ont pas diminué et la chenillette universelle (appelée aussi chenillette porte Bren, un véhicule blindé léger chenillé) qui était la machine qui a servi d’ambulance improvisée on pourrait dire à ce moment-là. Et apparemment, ça n’était pas possible de le relever pour le faire sortir alors, il a fallu qu’ils lui mettent provisoirement un pansement de combat en travers du front et apparemment après que les bombardements se soient atténués, ils l’ont finalement fait sortir et l’ont ramené, mais il a fini par se retrouver à l’hôpital un peu plus tard, l’hôpital général de campagne Caserta. Et d’après ce que j’ai appris plus tard, il avait un frère dans le régiment (le régiment irlandais du Canada), Jack Lorry et Jack est descendu a pris un congé après que le front soit remonté, est reparti et a rendu visite et son frère apparemment n’allait pas très bien et ils ont décidé de le renvoyer en Angleterre, à l’hôpital en Angleterre. Mais apparemment à la suite de ça, il est mort en mer et il a été inhumé dans la Méditerranée.
Follow us