Témoignages d'anciens combattants:
Bill Hemmings

Armée

  • Portrait de Bill Hemmings en uniforme.

    Bill Hemmings
  • Certificat de réformé

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  • Bill Hemmings
  • Peter Ell, conducteur du M10 et ami de Bill Hemmings.

    Bill Hemmings
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"Et on a eu beaucoup de chance car si ça n’était pas arrivé, pour sûr je ne serais pas en train de vous parler là maintenant."

Transcription

Je m’appelle Bill Hemmings. William en fait mais j’aime mieux qu’on m’appelle Bill. Je suis né à Toronto en Ontario le 24 novembre 1922. On a débarqué et on a avancé jusqu’à la plaine qui est à l’entrée de Caen, C-A-E-N, je crois que ça s’écrit comme ça. Et les allemands avaient encore le contrôle de la ville de Caen. C’était dans les jours qui précédaient le 10 août, j’avais la diarrhée ou de la dysenterie à un point tel qu’on m’avait dit d’aller à l’hôpital. Je ne voulais pas partir et j’avais l’impression de manquer à tous mes devoirs envers les autres mais j’étais faible et dans un état épouvantable.

A ce moment-là, je pensais que mon estomac faisait peut-être des siennes parce que je n’avais rien dans le ventre. Mais je me suis rendu compte qu’il y avait un certain nombre d’entre nous qui souffraient de dysenterie.

Alors voilà ce qui nous est arrivé. Je suis à l’hôpital, les jours précédant le 10 août, et le sergent fait bouger la troupe (L-troop) vers une position plus avancée et il les a emmenés trop loin, en plein au milieu des lignes allemandes, à un endroit appelé le bois Quesnay, Q-U-E-S-N-A-Y. Les quatre blindés M-10 sont détruits et la plupart des 20 hommes sont tués. Quelques uns sont blessés, quelques autres sont faits prisonniers. Alors ce qui m’est arrivé à moi c’est, quand je suis rentré de l’hôpital et que j’ai découvert que j’étais le dernier dans la troupe, et un nouveau blindé est arrivé, avec quelques modifications dessus, des trucs qu’on n’avait pas dans les anciens. Et Peter Ell, c’était le conducteur, il nous a fait remarquer ça. Tout à coup maintenant je suis sergent. Et ils me donnent deux chauffeurs de camion pour faire partie de mon équipe. Normalement il y a cinq personnes dans une équipe, avec Peter, moi et les deux chauffeurs ça fait quatre. Mais ces gars n’avaient aucune formation pour ce genre de véhicule et n’avaient pas la moindre idée de ce qu’ils devaient faire ou quoi que ce soit.

Alors quoi qu’il en soit, me voilà, à la tête d’une L-4. C’était un petit peu mouvementé c’est le moins qu’on puisse dire. Quatre jours plus tard, le 14 août, le haut commandement décidait de bombarder Caen, tout le monde était près à faire une percée. Et toutes les troupes attendaient pour se lancer à l’assaut et les Lancaster et les Halifax sont arrivés. C’était une matinée radieuse. On pouvait voir les équipages à quelque 150 pieds de haut. Vous pouviez les voir là-haut juste au dessus de nos positions. Ils sont en route, les soutes à bombes sont fermées. Tout à coup, ils les ouvrent et tout à coup, on est bombardés par nos propres avions.

Un autre incident, et là ça se passait dans le nord de la Hollande ou en Allemagne, je crois que c’était en Allemagne. On nous avait demandé d’assurer la protection d’une douche mobile, qui avait été attaquée la veille. On s’est installés là, pas d’ennemis en vue, personne qui nous tire dessus alors on a creusé des tranchées, sorti les armes et organisé la défense de notre position. On avait placé une mitrailleuse de calibre 50 sur son support, sur le sol. Je me demandais bien ce qu’on était censés faire alors j’ai suggéré qu’on fasse feu sur les bois en face périodiquement, juste pour faire savoir à l’ennemi qu’on était là. Alors on tirait avec la mitrailleuse de temps en temps sur les bois. Et aux premières heures du matin, la mitrailleuse s’est enrayée, le canon avait été braqué plutôt haut mais le tir se rectifiait tout seul avant de toucher le bois qui était à 200 ou 300 mètres de là. Et j’avais baissé le canon de la mitrailleuse et ai envoyé une longue rafale.

J’avais entendu un bruit étrange mais je n’y avais pas prêté attention. Jamais pensé que j’avais pu tiré sur quelqu’un ou quelque chose. Quoiqu’il en soit, le matin, quand vous faites ce genre de boulot, vous savez que le matin est toujours un moment dangereux à cause des contre-attaques des allemands ou quoique ce soit d’autre qu’ils ont prévu. Alors avant même qu’il commence à faire jour, tout le monde est sur le pied de guerre, prêt à toute éventualité. Le matin est arrivé, et un soldat allemand s’approche avec les mains en l’air, Bob Reekie, j’aurais pu lui tirer dessus à cette vieille fripouille. Bob dit, regarde les superbes jumelles que ce gars porte autour du cou. Et je lui dit, Bob, reste en arrière bon sang, du côté de nos armes, juste au cas où quelque chose se passe. Reste là où tu es jusqu’à ce qu’il soit tout près – reviens ici tout de suite. Tu peux les avoir ces sacrées jumelles. Ce qui s’était passé c’était que quand j’avais tiré, j’avais tué le sergent qui conduisait le groupe qui devait nous attaquer. Et il portait un Panzerfaust qui est un lance-roquettes anti-char, ce genre de chose, pour faire sauter notre char. Et quand c’était arrivé les allemands avaient pris la fuite, à l’exception de ce gars qui était polonais en fait, et il nous a raconté ce qui était arrivé à son sergent. Et il est devenu prisonnier de guerre. Et on a eu beaucoup de chance car si ça n’était pas arrivé, pour sûr je ne serais pas en train de vous parler là maintenant.

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