Témoignages d'anciens combattants:
Glen Allan Heisler

Forces aériennes

  • Carte d'identité de Glen Heisler, 1944.

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  • Carte aérienne montrant la cible de l'équipage de Glen Heisler.

    Glen Heisler
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"Et on venait de larguer nos bombes quand un autre Lancaster est arrivé juste en dessous de nous. On ne l’a même pas vu jusqu’à qu’il rentre dans notre tourelle arrière."

Transcription

Je me suis engagé dans les forces aériennes en juin 1943 et j’ai été sélectionné pour l’entraînement de mitrailleur de bord. J’ai fait mes classes au dépôt de Brandon et le service général à Souris dans le Manitoba, qui était une école d’entraînement de vol, et ensuite on m’a envoyé pour les tir au sol à Québec où j’ai suivi un entraînement avec les armes terrestres et après avoir terminé, on m’a envoyé à Portage la Prairie. Et ensuite de là, je suis parti dans une base d’entraînement de commandos à Trois-Rivières au Québec.

Mais de là, nous somme allés en Grande-Bretagne pour un poste et au fait, j’étais sur le [RMS] Empress of Scotland. Et avant la guerre, il était connu sous le nom [RMS] Princess[Empress] of Japan. C’était l’un des paquebots de ligne Cunard. Je suis allé dans le 434 à Croft, qui était connu sous le nom de l’escadron nez bleu [Bluenose Squadron], avec l’escadron de nos compatriotes le 431 Iroquois qui est aujourd’hui connu sous le nom de snowbirds. Et c’est là que la guerre s’est terminée pour nous. Le 434 était sponsorisé par la ville de Halifax mais le plus mémorable c’est un vol parmi ceux qu’on a fait à Chemnitz.[Allemagne]. C’était un combat de nuit. Il s’est passé dans la nuit du 5 au 6 mars. C’était un vol long. 10 heures et 55 minutes. Et c’est là qu’on a eu une collision en plein ciel avec l’un de nos propres avions, juste au dessus de la cible. Et on venait de larguer nos bombes quand un autre Lancaster est arrivé juste en dessous de nous. On ne l’a même pas vu jusqu’à qu’il rentre dans notre tourelle arrière. Ca a détraqué la tourelle, vous pouviez encore tirer mais elle ne pouvait pas tourner.

Et à ce moment-là, je découvre maintenant qui était le pilote de ce spécial, c’était un gars du nom de Charlie Rouse, il venait de Milden au Saskatchewan. Mais je dois saluer ce gars-là. Je voudrais vraiment qu’on lui donne la Croix de Victoria pour la simple raison, la façon dont il a manœuvré cet avion dans une situation aussi catastrophique, c’est ça qui me fait croire qu’il était là à ce moment précis. Je ne pense pas qu’il y ait eu une seule personne en vie à l’intérieur de cet avion avec lui au moment où il le pilotait. Au fait, le pilote qui était dans cet avion qui le pilotait était de Milden au Saskatchewan. Il a perdu tout son équipage. Tout le monde a péri. C’est d’ailleurs bizarre que tout ça se soit passé, d’après mon estimation, ça a probablement pris dans les 15 secondes maximum à partir du moment où il a touché l’arrière de notre avion, juste en dessous de la tourelle arrière.

Et moi, à ce moment précis, mon pilote, John Kitchen de Ponoka en Alberta, a demandé vite fait, qu’est-ce qui se passe à l’arrière. Et à ce moment précis, je regardais l’avion de Rouse qui tombait en dessous de nous et j’ai remarqué hors de ma vision périphérique, j’avais vu quelque chose monter très vite et il a installé son chasseur juste là à 2 ou 300 mètres de l’extrémité de notre aile à tribord. Alors j’ai répondu à John, j’ai dit, maintiens-le. Puis j’avais mis ma tourelle en place pour avoir un meilleur angle de tir, j’ai retardé le moment de lui dire de faire manœuvre en tire-bouchon à tribord, ce que j’ai fini par lui dire de faire, mais j’avais tiré un bon coup sur le Junkers 88. Les autres avions qui avaient vu un chasseur de nuit descendre, bon, ils ont cru que je savais. Et après la collision, et le chasseur allemand qui pensait probablement, oh, bigre, j’ai une cible facile ici maintenant, ce mitrailleur de queue, il est mort. Alors ils s’est installé juste à côté de l’extrémité de notre aile à tribord et il a fait sa manœuvre finalement et il arrive sur nous. Entre temps, j’avais dit à John bien-sûr de faire la manoeuvre du tire-bouchon à tribord ce qu’il a fait avec virulence. Mais il s’est quand-même pris deux obus. L’un d’eux, l’obus perforant, a touché le train oléo à tribord. Ce qui n’a pas fait éclaté le pneu mais qui a coincé le bélier hydraulique. Alors il ne pouvait pas descendre complètement, c’est la raison pour laquelle notre base principale n’a pas voulu nous laisser atterrir là-bas. Ils, ils ont pensé que ça ficherait en l’air leur piste d’atterrissage de rapporter leurs propres bombardiers. Alors ils nous ont redirigés sur un aérodrome de secours où nous sommes allés.

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