Témoignages d'anciens combattants:
James “Jim” Brittain

Armée

  • Fantassins du Lincoln and Welland Regiment en canoë s'entrainant pour l'assault de Kapelsche Veer, Pays-Bas, le 26 janvier 1945.

    Credit: Lieut. H. Gordon Aikman / Canada. Dept. of National Defence / Library and Archives Canada / PA-142421 Restrictions on use: Nil Copyright: Expired
  • Capitaine A.W. Hardy, Edmonton, Alberta. Officier médical avec le West Nova Soctia Regiment, blessé aux côtés de soldat W.E. Dexter, brancardier qui a été blessé à la tête, Santa Cristina d'Aspromonte, Italie, 8 septembre 1943. Jim Brittain was a medic with the Lincoln Welland Regiment.

    Credit: Lieut. Terry F. Rowe / Canada. Dept. of National Defence / Library and Archives Canada / PA-115198 Restrictions on use: Nil Copyright: Expired
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"Les blessures à la poitrine je savais que pour certaines, vous ne pourriez pas les sauver avant, parce qu’ils étaient toujours en vie mais ils n’avaient pas la moindre chance de s’en sortir. S’ils avaient seulement perdu une jambe ou une blessure de ce genre, vous pouviez les sauver."

Transcription

Mon travail principal c’était de les faire sortir de là aussi vite que possible, leur mettre leurs, peu importe ce que c’était et on avait une autre jeep ambulance qui les ramenait à la station d’évacuation qui allait décider vers quel hôpital les diriger. Mon travail ou plutôt notre travail c’était juste de les éloigner des champs de bataille ou de les faire partir de là, vers la station de tri des blessés la plus proche (unité médicale derrière les lignes de front). Et la station d’évacuation médicale décidait dans quelle unité ils allaient. Vous les preniez tous en faisant ça.

Les plus difficiles à soigner c’était ceux qui avaient des jambes arrachées à la hauteur de la hanche. Le reste du corps, vous pouviez faire des pansements vous-mêmes mais les jambes arrachées à al hauteur de la hanche, vous n’aviez pas d’endroit pour serrer le garrot ou le pansement.

Oh, des jambes arrachées, des blessures à la poitrine. Les blessures à la poitrine je savais que pour certaines, vous ne pourriez pas les sauver avant, parce qu’ils étaient toujours en vie mais ils n’avaient pas la moindre chance de s’en sortir. S’ils avaient seulement perdu une jambe ou une blessure de ce genre, vous pouviez les sauver. Mais les blessures à la poitrine ou à la tête, la tête, ils pouvaient vivre encore un moment mais ils étaient proches de la fin, ils ne pouvaient pas survivre. Donc je laissais toujours, s’ils étaient nombreux, une bonne demi-douzaine ou une douzaine d’un coup, je prenais d’abord ceux qu’on était sûrs de sauver et ceux que vous ne pouviez pas sauver, bon, on finissait par les prendre aussi parce que leurs copains là-bas voulaient faire partir leurs amis ou les gens qu’ils connaissaient. Ils se demandaient pourquoi je n’évacuais pas le ou faisais partir ceux qui étaient grièvement blessés dont je savais qu’ils n’y survivraient pas et que je faisais sortir ceux qui pouvaient survivre, avec seulement une jambe arrachée ou un bras ou quoi que ce soit d’autre, ils allaient survivre. En tout cas, voilà les différentes décisions que je devais prendre.

Ils recevaient des nouveaux médecins militaires tous les deux mois. Comme par exemple, au lieu de faire leur internat, ils venaient outre-mer dans les services médicaux et ça d’internat aux nouveaux médecins. Et il nous fallait les former en quelque sorte parce que plusieurs fois ils étaient, ils s’occupaient des malades comme s’ils étaient à l’hôpital ici et ils nous disaient toujours comment sortir de là. Notre travail c’était de les faire sortir de là le plus vite possible et les nouveaux qui arrivaient parfois, ils voulaient faire un examen complet avec les obus qui nous tombaient dessus.

La jeep ambulance que j’avais avait quelques civières au dessus de moi et une à côté de moi. Et je me souviens de revenir avec eux, ils ont commencé à bombarder et quand la poussière s’est soulevée, je ne voyais plus rien et quand ça s’est calmé, tous les blessés que j’avais avec moi avaient sauté de leur civière et courraient dans le bâtiment là-bas. Je me souviens les avoir sortis de là et les avoir ramenés dans l’ambulance et puis être reparti par la route.

Et une fois j’avais un bâton avec une croix rouge dessus, il y avait une glissière dessus, je l’ai finalement redescendue parc que les allemands pouvaient le voir et je me souviens d’un épisode où le, les obus atterrissaient derrière moi. Je me souviens avoir dit aux blessés, que si j’allais vite et généralement j’allais doucement avec eux et pour les obus, donc ils m’ont fait aller vite pour descendre et les obus allemands atterrissaient derrière moi. Je suis parti et je me suis éloigné.

Le copain que je vois encore, il m’a fait remettre sa jambe sur la civière. Elle était arrachée. Mais en tout cas, c’était juste un petit épisode. C’était la fois où j’ai dû le mettre sur la porte d’un bâtiment là-bas, jusqu’à ce que j’arrive à avoir une civière pour le mettre dessus. Mais il est toujours en vie, je le vois de temps en temps. Il a une jambe de bois.

J’étais dans notre cabinet médical, alors on était assez près là-bas. Donc les autres gars qui étaient dans le même bâtiment se sont occupés de moi immédiatement, mais si j’avais été sur le champ de bataille quelque part, je ne m’en serais sûrement pas sorti. Mais ça c’est passé comme ça et on avait récupéré une maison en Allemagne, la bataille était en cours et il était aux alentours de midi ce jour-là. Je pense qu’il devait y avoir une cinquantaine de victimes vers midi ce jour-là et il était à peu près 6 heures ce soir-là où j’ai… Les combats étaient complètement terminés. Une balle perdue, une cartouche devait avoir mon nom écrit dessus. En tout cas, je suis toujours là.

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