Témoignages d'anciens combattants:
Paul-Émile Cloutier

Armée

  • Insigne du Royal 22e Régiment, l'unité dans laquelle servit M. Clouter pendant la guerre de Corée.

  • M. Paul-Émile Cloutier en juillet 2011.

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"Une autre chose qui m’a marqué aussi c’est lorsque vous faites une patrouille dans le territoire ennemi, c’est très, très stressant. Et puis c’est surtout stressant, moi j’étais sergent dans ce temps-là."

Transcription

Moi j’étais avec le peloton anti-tank (anti-char). Le peloton anti-tank en Corée, il n’y en avait pas. Donc on servait comme peloton d’infanterie. Et puis disons qu’ils nous avaient placés, nous autres, au lieu de placer des canons « anti-tank », ils nous avaient donnés du 60 millimètres, des mortiers de 60 millimètres (le mortier américain M2 de calibre 60mm). On en avait beaucoup. Et puis ce qui m’a marqué c’est qu’une bonne soirée, ok, c’était après souper, on a eu un bombardement pis il y a une bombe qui est arrivée justement dans un de mes mortiers et puis la bombe n’a pas éclaté. Euh, on a prié au seigneur parce que mes hommes étaient là. Il a fallu évacuer la place pour que les spécialistes viennent désarmer la bombe, pour reprendre notre place par après. Une autre chose qui m’a marqué aussi c’est lorsque vous faites une patrouille dans le territoire ennemi, c’est très, très stressant. Et puis c’est surtout stressant, moi j’étais sergent dans ce temps-là. C’est la responsabilité de tes hommes aussi. Le réveil, disons qu’il était à peu près à 5:30, 6:00 dépendant des jours. Moi, il fallait que je fasse le tour de mon peloton parce que j’étais l’officier responsable. J’allais voir si mes postes étaient là aussi. Il fallait que je fasse des inspections dans la nuit pour voir si les gars étaient à leurs postes. Lorsque le matin arrivait, on avait notre déjeuner. Disons qu’on faisait ça moitié-moitié; un gars qui restait en avant et l’autre allait déjeuner. Il venait déjeuner, on avait une place pour déjeuner, pour le peloton. Et puis on a mangé le déjeuner. Après le déjeuner, eux autres, la première relève, autrement dit, retournaient à la ligne. La deuxième relève venait pour le déjeuner. Et puis là ça se continuait jusqu'à midi. Là, à midi, c’était la même chose qui revenait. Pis si l’ennemi attaquait durant ce temps, on lâchait tout et on reprenait nos postes. Et puis nous autres on a été chanceux parce que ça a été la fin. L’ennemi attaquait à la noirceur. Pour s’en venir vers nos lignes, il ne fallait pas qu’on les voit. Mais nous autres, avec les armes qu’on avait, on avait du 60 millimètres, on envoyait des bombes éclair (des fusées éclairantes tirées à l’aide d’un mortier ou d’un pistolet-signaleur et planant à l’aide d’un petit parachute), pour éclairer le devant de nos lignes pour voir si l’ennemi ne s’en venait pas, ainsi de suite. Dépendant aussi de la température, lorsque la mauvaise température était là, il fallait s’attendre à une attaque. C’est un de leurs tours, de leurs trucs (aux forces chinoises), autrement dit, d’attaquer dans ce temps-là. Parce que, nous autres, ils savent que la pluie ou la neige ou le froid, qu’on est porté à se camoufler dans ce temps-là. C’est dans ce temps-là qu’eux autres attaquaient. La guerre s’est terminée, je m’attendais à rester là, mais ils m’ont appelé et j’ai été transféré à l’école de combat à Hiroshima (Japon).
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