Témoignages d'anciens combattants:
Léonard Pelletier

Armée

  • Le sergent-chef Léonard Pelletier, de la Fox Company, 1st Marine Regiment, 1st Marine Division (Corée, 1952).

    Léonard Pelletier
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"Quand j’ai vu les canons tordus comme des jouets... Après ils nous ont dit qu’il y avait eu 19 morts d’un coup. Ça, ça m’a frappé. Un obus, ils ont été frappés directement par un obus chinois."

Transcription

Première des choses, on arrive et l’entrainement se faisait sur une île en Caroline du Sud (à Parris Island, l’un des centres d’entraînements du Corps des Marines des États-Unis). L’entrainement de base est de 16 semaines, aucune permission durant 16 semaines. La première chose, les personnes sont un peu… Ils veulent essayer de mettre tout le monde au même niveau. Alors on se fait couper les cheveux au ras la tête et là ils nous donnent nos uniformes d’entrainement. L’entrainement commence. Six jours par semaine pendant 16 semaines. Ça, c’est l’entrainement de base. Ils nous apprennent l’histoire des Fusiliers Marins (Marines, United States Marine Corps) et ils nous donnent de l’information au sujet de tout. Et puis là, on apprend à tirer, le maniement des armes. On fait de la drill (la manœuvre) parce que c’est important. Le maniement des armes. Après, ça fait 16 semaines, il y en a qui ne sont pas capables de rester, parce qu’ils ne sont pas aptes. Alors eux, ces gens-là, ils les renvoient chez eux.

J’étais dans la Première Division des Fusiliers Marins (1st Marine Division). Et puis, le premier bataillon, le premier régiment de la compagnie F (Fox Company, 1st Battalion, 1st Marine Regiment). Ben, disons que les tranchées c’est misérable. Parce que, spécialement s’il a plu. Il y a beaucoup de boue. Faut faire attention parce que les Chinois… ça dépend qui a la position en hauteur (dans les collines en Corée). Quand on était plus haut que les Chinois, il n’y avait pas tellement de problèmes. Parce qu’il ne faut pas oublier que les gens qu’on combattait, ce n’était pas les Coréens du Nord. C’était les Chinois. Mais c’était brutal, parce qu’il ne faut pas oublier une chose. La Corée, en trois ans, il y a eu plus de morts que la guerre du Vietnam en 10 ans.

La ligne de démarcation, les Chinois essayaient de traverser la ligne. On allait en patrouille, il y avait une zone entre les deux combattants. Durant la journée c’était calme, mais l’activité recommençait le soir. Alors le soir on sortait en patrouille, une escouade sortait en patrouille pour aller voir le progrès de l’ennemi. Il fallait faire attention, pour ne pas se faire attraper par l’ennemi. On revenait à la base.

Une journée normale, on se lève le matin. On faisait nos additions comme on était obligé de le faire chaque jour. C’était le déjeuner, on mangeait des rations en boîte de fer-blanc. C’est comme ça que nos journées se passaient, à surveiller l’ennemi. Un incident, ce n’est pas arrivé... Il y avait la Turquie qui avait des personnes (artilleurs) qui s’occupaient des Howitzer 155 (obusier américain M114 de calibre 155mm). Ils se sont fait frapper directs avec les Chinois. Nous, on marchait pour aller en repos et on est passé à côté. Quand j’ai vu les canons tordus comme des jouets... Après ils nous ont dit qu’il y avait eu 19 morts d’un coup. Ça, ça m’a frappé. Un obus, ils ont été frappés directement par un obus chinois. Dans les emplacements pour les canons, il y a toujours de la poudre parce qu’il faut armer les obus. Alors il y a toujours une réserve de poudre. L’obus a frappé près de la réserve de poudre et ç’a allumé un incendie. Alors là tout a brulé et les types sont morts, ceux qui maniaient le canon sont morts aussi. Ça, ça m’a impressionné beaucoup. La première des choses que vous devez savoir, la guerre de la Corée... Ils ont créé un pays, la Corée du Sud, qui aujourd’hui est une puissance financière et aussi industrielle. C’est un pays démocratique. Des personnes peuvent voter et puis s’ils n’aiment pas le gouvernement, ils votent contre. Les Coréens sont très très reconnaissants.

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