Témoignages d'anciens combattants:
Maisie Bartlett

Armée

  • Mme Maisie Bartlett (âgée de 20 ans) en 1942 vêtue de son uniforme de l'Army Territorial Service. L'Army Territorial Service constituait la branche féminine de l'Armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Maisie Bartlett
  • Le livret de libération et d'ordres de l'Army Territorial Service de Mme Bartlett daté de 1946.

    Maisie Bartlett
  • Intérieur du livret de libération de Mme Bartlett (1946).

    Maisie Bartlett
  • Intérieur du livret de libération de l'ATS de Mme Bartlett (1946), avec un commentaire au sujet de sa bonne conduite et de son efficacité dans le Service.

    Maisie Bartlett
  • Mme Bartlett reçut en 1946 la Médaille de la guerre 1939-1945 pour ses quatre années de service avec l'Army Territorial Service (1942-1946).

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"Chaque fois que je venais à la maison, quand j’étais en congé, il semblait y avoir une attaque. Ensuite, j’avais à aider les gens à être déterrés et tout le monde mettait la main à la pâte. Tout le monde y mettait leur temps. "

Transcription

Je me souviens du temps où je travaillais à la confiserie; enfin, nous l’appelions la « bonbonnière ». La gérante alluma la radio et elle a dit : « Je veux écouter ça parce que c’est important. » Quand le premier ministre [de l’Angleterre, Sir Winston Churchill] a dit : « Nous sommes en guerre contre l’Allemagne », elle a dit : « D’accord, ferme la boutique, c’est tout, nous allons à la maison. » Et plus de travail ce jour-là.

J’ai été appelée [en juin 1942]. On recevait une lettre par le courrier et on devait y aller. On était appelé pour entrer dans l’ATS [Auxiliary Territorial Service, la branche féminine et l’armée britannique lors de la Deuxième Guerre mondiale]. J’avais vingt ans, c’était le jour de mon anniversaire. Et c’est tout. Je savais simplement que c’était une armée de femmes, vous savez, des femmes qui s’enrôlaient et je n’y avais jamais vraiment été intéressée. Quand on est une adolescente, on ne se soucie pas de ce genre de choses, vous savez.

Je me souviens, quand je suis arrivée à la maison lors de mon congé et quand les attaques sont survenues et que les gardiens ont amené tout le monde dans des abris [quand les Allemands lançaient des missiles autopropulsés V-1, en 1944], beaucoup de Londoniens sont allés dans les tunnels du chemin de fer, ce que vous appelez le métro. Ils faisaient leurs lits sur les quais. Quand je suis sorti du train, il fallait enjamber les corps qui dormaient là et s’assurer de ne pas les réveiller. Des enfants pleuraient et criaient et oh, quel bruit!

On allait à l’extérieur quand tout était calme, mais, une demi-heure plus tard, une autre attaque. Ça continuait comme ça. Et ma pauvre mère, elle devenait très nerveuse. Elle était un paquet de nerf. Je descendais dans l’abri avec elle; on avait un de ces abris Anderson [un type spécifique d’abri qui tirait son nom de Sir John Anderson, Lord du Sceau Privé à cette époque] comme on les appelait. C’était simplement une plaque de métal ondulé placé sur un trou. Le sol était humide. On était censé dormir là-dedans. Pas question. Mon père, il ne voulait pas descendre là-dedans. Il disait toujours : « Si je vais mourir, je mourrais sur mon lit, à l’étage ». Chaque fois qu’un avion nous survolait, ma mère, oh… et je disais : « C’est l’un des nôtres, ne t’en fais pas, c’est l’un des nôtres. » C’était faux, mais je lui disais tout de même.

Après, il y a eu les Doodlebugs [le nom courant des missiles V-1 allemands], ce que nous appelions les Doldlebugs, les premières. Ils nous donnaient vraiment un avertissement, c’était comme un bourdonnement grave, puis aigu. Et puis, soudain, ils changeaient de trajectoire et s’écrasaient. Au moins, ils nous donnaient un avertissement : bonjour, cachez-vous, mettez-vous à couvert! Mais le deuxième, le V-2 [missile allemand V-2 à carburant liquide], c’était un missile que l’on ne pouvait pas entendre venir avant d’être touché. C’était mauvais.

Chaque fois que je venais à la maison, quand j’étais en congé, il semblait y avoir une attaque. Ensuite, j’avais à aider les gens à être déterrés et tout le monde mettait la main à la pâte. Tout le monde y mettait leur temps. Ça ne me dérangeait pas de déterrer les gens, mais, une fois, cette fois qui a été horrible, et ça m’a pris du temps avant de m’en remettre. J’ai tiré sur une jambe et tout ce qu’il y avait, c’était une jambe. Ça m’a vraiment secouée, cette fois-là.

 

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