Témoignages d'anciens combattants:
Joseph Daigle

Armée

  • Photo de M. Daigle prise à l’Hôtel Château Laurier à Québec , le 18 Juillet 2011.

    Joseph Daigle
  • Le soldat Joseph Daigle du Royal 22e Régiment. Valcartier (Québec), décembre 1952.

    Joseph Daigle
  • Joseph Daigle dans un poste d'observation au téléphone. 16 mai 1953.

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  • Sur le bateau vers la Corée, avril 1953.

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  • Entraînement avec un mortier de 81mm en novembre 1953.

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"À midi je suis parti et je suis allé chercher mon diner et je suis revenu et un obus avait frappé mon poste, qui avait tout défait l’avant de mon poste. Si j’avais été là cinq minutes avant je me serais fait frapper."

Transcription

On a pris le bateau à Seattle (État de Washington), on est parti et ça allait bien. Mais, c’était un bateau de troupes américaines. On était un bataillon américain et un bataillon français (canadien-français, le 3e Bataillon du Royal 22e Régiment) et ça allait bien. Un bon matin, on a pogné (frappé) un ouragan, une grosse tempête (dans l’océan Pacifique en partance pour la Corée). Le bateau allait de tout bord, de tout côté. Ça craquait partout. On s’est levé, il fallait aller déjeuner. On est parti pour aller déjeuner puis il y avait. Ça glissait partout. Il y en a qui sont allés déjeuner avant nous puis là ils n’avaient pas pu se rendre à leurs chambres. Ça allait partout. Moi, j’arrivais pour déjeuner, on s’est mis sur une table. À un moment donné, le bateau a penché d’un côté, on s’est tenu. C’est parti tout d’un côté et c’est allé frapper le mur. Là, le bateau a tourné de l’autre côté, tout a passé devant nous autres et ça, c’est tout ramassé à terre. Cela fait qu’on n’a pas déjeuné. Ç’a été ça, mon expérience du bateau. Lorsque le bataillon, lorsqu’on est arrivé en Corée, on est allé prendre position de réserve. Moi j’étais un simple soldat, un jeune soldat, un jeune militaire sans expérience. On est allé prendre nos positions. Et le deuxième jour dans la nuit, les RCR se sont fait attaquer (les soldats du Royal Canadian Regiment, lors de la bataille de la colline 187, les 2 et 3 mai 1953). Ils nous ont réveillés. On se prépare, il faut se préparer pour partir pour aller les renforcer. Le véhicule est arrivé, on s’est placé près de véhicules. Ils nous ont donné une autre bandoulière de cartouches. On était bien armé avec notre vieille .303 (fusil britannique Lee-Enfield No. 4 Mk. 1). Elle chargeait à culasse. Là, on voyait où ils étaient attaqués. On entendait le bombardement, les balles passaient. Ç’a duré deux, trois heures. Finalement, on a reçu un message, qu’ils avaient résisté à l’attaque. Notre exercice a été cassé là. C’est ça qui est arrivé pour ça. Après ça on a pris position sur une colline, puis il m’avait donné l’ouvrage d’être observateur. J’étais au poste d’observation. J’étais au poste d’observation de jour, puis les autres étaient au repos. Puis chaque jour l’ennemi envoyait des mortiers, des bombes de mortier. Tu viens assez habile que tu l’entends et tu sais si elle va passer par-dessus ou si elle arrive proche (…) À midi je suis parti et je suis allé chercher mon diner et je suis revenu et un obus avait frappé mon poste, qui avait tout défait l’avant de mon poste. Si j’avais été là cinq minutes avant je me serais fait frapper. Après l’armistice là (signé le 27 juillet 1953), on a fait, on faisait toutes sortes d’affaires. On faisait des sports, on organisait des sports. Il y avait toujours les routes qui traversaient au nord. Il y’avait du barbelé, personne ne passait. Mais on avait un poste là d’observation. Une fois par quatre, cinq semaines, il fallait aller faire une semaine de garde au poste de garde. Au poste à cette barrière-là. Alors on guettait la barrière et on avait sur les côtés, il y avait des petits sentiers qui allait le long de la ligne (le long de la zone démilitarisée), qui était en barbelé et il y a avait des tours d’observation. On y allait le soir à la brunante (au crépuscule), on montait dans la tour d’observation, puis on regardait partout, on passait la nuit là-dedans. On avait un téléphone à manivelle pour communiquer. Puis c’était ça. Le soir, après trois mois, tu étais supposé de partir après trois mois, mais j’étais toujours aux alentours (avec le bataillon). À force de regarder les petits sapins (dans le no man’s land), j’imaginais que les sapins changeaient de place.
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