Témoignages d'anciens combattants:
Robert “Bob” Gilbert

Armée

  • Photo de M. Gilbert prise à l'Hôtel Château Laurier à Québec, le 18 Juillet 2011.

    Robert Gilbert
  • Des officiers du 1er Bataillon canadien de parachutistes après la chasse lors d'un camp d'hiver au Camp Shilo (Manitoba), le 5 Décembre 1943 (M. Gilbert n'apparaît pas sur la photo).

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  • Carte d'identité militaire de M. Gilbert, 21 août 1944.

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  • M. Gilbert lors de son entraînement de parachutiste au Camp Shilo (Manitoba), le 15 Décembre 1943.

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  • Carte d'itinéraire du 1er Bataillon de parachutistes à travers l'Allemagne à la fin de la guerre en Europe en 1945. La carte comprend un dessin du dernier commandant du bataillon en temps de guerre, le lieutenant-colonel G. F. Eadie.

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"Et puis là-bas, on nous faisait tout le temps de notre cours, on nous faisait des peurs : « Faites attention! Vous allez sauter avec là! » « Faites attention! Paquetez votre parachute comme il faut là! »"

Transcription

Et rendu là, surprise! On me dit au bout d’une semaine : « Tu vas suivre un cours de parachutiste ». J’ai dit : « À quoi ça sert les ailes que j’ai gagnées au Canada? » « Ah! bien ici ce n’est pas le même parachute ». (Le cours de parachutisme des armées canadienne et britannique de l’époque différait de celui de l’armée américaine.) Je m’en vais à Ringway (Angleterre, où se trouvait la No. 1 Parachute Training School chargée de l’entraînement initial des parachutistes alliés) passer une semaine là. À mon dernier saut, le parachute anglais avait une différence avec le parachute américain. Le parachute américain, il avait un reserve ici (un parachute de secours). Tandis que le parachute anglais y’en avait pas.

Et puis là-bas, on nous faisait tout le temps de notre cours, on nous faisait des peurs : « Faites attention! Vous allez sauter avec là! » « Faites attention! Paquetez votre parachute comme il faut là! » « Faites attention! Vous allez sauter avec là! » En Angleterre c’est des Nafee qui paquetaient les parachutes, ce n’était pas nous autres. C’était des filles qui étaient engagées pour empaqueter les parachutes. On fait le cours et puis, à mon dernier saut à Ringway, j’ai eu une « malfonction » (une défectuosité) avec mon parachute et j’ai atterri sur l’épaule au lieu d’atterrir sur les pieds. La mauvaise direction, cinq mois à l’hôpital. Alors, là j’ai manqué le débarquement en (Normandie, le 6 juin 1944).

J’ai manqué ça au début parce que j’étais à l’hôpital. Ça m’a passé par-dessus la tête. On m’a transféré de l’hôpital anglais à l’hôpital canadien à Colchester (Angleterre). C’était un hôpital de Canadiens à Colchester. Et puis lui, en me voyant arrivé là-bas, il regarde son adjoint et il dit : « Look at the gear that he’s got on! » Parce que, les Anglais, ils faisaient ça vite, ils m’avaient mis un panier ici, puis je ne pouvais même pas m’habiller. J’avais l’air bête! Mais les femmes anglaises étaient bien gentilles. Dans le train en descendant à partir du nord de l’Angleterre à aller jusqu'à Colchester, ils m’ont fait des sandwiches, du thé et puis tout ça. Alors en arrivant le colonel Young m’a changé tout ça. Ils m’ont fait un beau cast là. Je pouvais m’habiller et mettre une chemise et tout ça parce que je n’avais pas de panier ici qui m’empêchait de m’habiller. Et j’ai passé cinq mois à l’hôpital. Ça prit du temps avant de me réhabiliter, pour avoir… Parce que ça nous prenait de la force dans les épaules surtout pour plier notre parachute et diriger le parachute lorsqu’on était en haut. Alors finalement, à la fin, j’ai réussi à revenir au bataillon (1st Canadian Parachute Battalion) et de là ç’a été l’opération Varsity en Allemagne (une opération aéroportée américano-britannique près de Wesel, Allemagne, le 24 mars 1945). Puis c’est comme ça que ça s’est terminé. Opération Varsity, c’est à partir du Rhin à aller jusqu’à la Baltique.

Dans le commandement de peloton, on avait notre headquarters, le commandement de peloton. Il y avait mon sergent, trois autres sergents, le signaleur et ainsi de suite. On a sauté de l’autre côté du Rhin et puis là ç’a été de la marche, de la marche. On a marché énormément. On fait la plus grande marche de la guerre je pense, de tous les… c’est incroyable! Jusqu’à temps qu’on soit aidé par les Earl Grey’s (The Royal Scots Grey, une unité de blindés de l’armée britannique). Ils avaient des tanks. On était dans l’armée britannique à ce moment-là, Six Airborne Div (6th Airborne Division). Alors c’est l’armée britannique. Jusqu'à tant que les Earl Grey’s, qui avaient des tanks, aient décidé de nous donner un coup de main. Alors là on pouvait s’assoir sur les tanks puis aller plus vite qu’à pieds.

On fait beaucoup sur les tanks. Alors on a marché. Il y a eu des batailles. Évidemment, dans différents villages. À Minden à Celle, la traversée de l’Elbe (avril 1945). La traversée a été dure un peu. Mais en fait, ça devait être moins dur que dans le milieu de la guerre parce que là les troupes allemandes fuyaient. Ce n’était pas, ils n’étaient pas organisés comme auparavant. Ils savaient que l’armée était là et on avait trois divisions. On avait deux divisions américaines et une division britannique. Donc, trois divisions de parachutistes qui ont sauté là. En plus des autres divisions que (le maréchal Bernard) Montgomery (commandant du 21e Groupe d’armées) avait ramassées, je pense que tout ce qu’il y avait de divisions. Tout ce qu’il y avait d’artillerie dans le nord de l’Europe était réuni au bord du Rhin.

J’ai passé une ville à Wesel (Allemagne), il ne restait plus rien. C’était une ville d’environ quinze mille habitants, rasée. Ils ont tout rebâti ça, ils sont rebâtis les Allemands. Ils ont rebâti cette ville-là brique par brique. C’est incroyable! Mais là, pour eux, ils savaient que c’était fini. Rendu au Rhin avec les armées du Rhin, les armées britanniques, les armées anglaises, les Australiens et les Néo-Zélandais… Tout le monde leur faisait face. Hitler, il était fini là.

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