Témoignages d'anciens combattants:
John “Potts” Potter

Marine

  • Photo provenant d'un article du journal The Evening Telegram, du 25 mai 1943: des membres de l'équipage du HMCS Regina après avoir fait couler un sous-marin italien.

    John W. Potter
  • John W. Potter "Pots", 1945.

    John W. Potter
  • Capitaine Freeland HMCS Regina, 1943.

    John W. Potter
  • HMCS Regina, 1942.

    John W. Potter
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"Le grand moment c’était en Méditerranée ; c’était vraiment effrayant et excitant en même temps."

Transcription

Je m’appelle John W.Potter. Je suis né à Toronto, Bellhaven Road, en 1922. Et bien, la NCSM Regina était mon premier bateau et je crois bien que je me suis pris d’amour pour elle. Le capitaine de la Regina était un homme tout à fait extraordinaire, le capitaine de corvette Freeland. Et il était, les gars l’auraient suivi n’importe où. Vous appreniez plus ou moins sur le tas. Aucun des officiers était, ils étaient tout neufs, ils n’avaient jamais vu l’océan de toute leur vie avant et peut-être qu’on avait, je crois qu’on avait seulement deux officiers qui avaient déjà navigué et c’était le capitaine et un navigateur. Et c’était tout. Tous les autres étaient des novices tout fraîchement sortis de l’école des officiers. Et c’était la même chose pour nous les recrues. Vous savez on était juste complètement inexpérimentés. Pas tout le monde était tout neuf. Je suis désolé pour ça mais il y avait aussi des gars qu’on avait pris sur d’autres bateaux pour qu’ils nous entraînent et ainsi de suite. Et aussi, il y avait aussi des gens de la RCN [Marine Royale Canadienne]. Le capitaine était de la RCN et ainsi de suite. Et il y avait quelques personnes de la RCN qui étaient à bord avec nous. Et ils étaient plus ou moins là pour aider à nous former au fur et à mesure qu’on arrivait. Mais vous pouvez imaginer notre première sortie avec le navire, bon sang quasiment tout le monde avait le mal de mer, un voyage épouvantable que d’aller à St Margaret Bay. Et on commençait par ce qu’on appelait le Triangle Run . Et c’était Terre-Neuve. On descendait sur New York, Fall River, Boston, etc. Mais on n’entrait jamais. Au début on n’entrait jamais dans les ports. On a perdu un bateau au large de Boston, le [USS] Alexander Macomb. Et c’était le premier bateau qu’on voyait couler. Et il avait été torpillé. Tout à coup, boom, en l’air. Alors on s’est approché de son bord et on a récupéré un bon nombre de survivants. C’était vraiment, ça m’est resté gravé dans la mémoire, je vous le dis. Le grand moment c’était en Méditerranée ; c’était vraiment effrayant et excitant en même temps. Le sous-marin italien Avorio, ouais, on l’a fait remonté à la surface. Ensuite on nous a fait monter à l’abordage et j’étais dans le groupe désigné avec deux autres gars et on m’a envoyé dans le sous-marin pour récupérer tous les livres possible. On ne m’avait même pas donné une valise ou quelque chose, un sac pour les mettre dedans. Et je me souviens… Bon, pour faire court, je ne sais pas si j’ai souffert d’hydrophobie ou quel que soit le nom qu’ils lui donnent [claustrophobie] vous savez, être dans une salle tout seul. De toute façon, j’ai attrapé tout ce que j’ai pu. Il y avait dix ou douze gars je dirais, une douzaine de gars durant l’abordage, je ne sais pas. Bon, il y avait des gars blessés et autre mais. Bon, et il prenait l’eau, vous savez, il était en train de couler. Bon de toute façon, je voulais me tirer de là le plus vite possible Alors c’est ce que j’ai fait. J’ai mis tout les trucs que j’avais sur le bateau. Les officiers m’ont dit, fiche le camp d’ici et retourne sur le bateau et c’est ce que j’ai fait. Et ensuite, le bateau, le sous-marin a sombré et une partie de nos gars étaient encore à son bord et ils se sont retrouvés à l’eau, bon pour une baignade.
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