Témoignages d'anciens combattants:
Doug Raynbird

Armée

  • Doug Raynbird lors de la rencontre de l’Association des vétérans de la Corée, The Last Hurrah, à Winnipeg (Manitoba), août 2011.

    Historica Canada
  • Le Johnny Canuck Fun Review en 1952. Son ami Paul Tessie rest au centre et Doug Raynbird est à la droite.

    Doug Raynbird
  • Le Johnny Canuck Fun Review en 1952.

    Doug Raynbird
  • Le Johnny Canuck Fun Review en 1952. Tony Williamson est sur ​​le téléphone et Doug Raynbird est au centre à la guitare.

    Doug Raynbird
  • Doug Raynbird à Hirishima, Japon, 1952.

    Doug Raynbird
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"Alors pendant les dix mois qui ont suivi, ce que j’ai fait, j’ai joué de la guitare et chanté. On a fait une tournée de deux semaines et on est allés jusqu’à Tokyo. Et puis on a fait deux tournées en Corée avec le spectacle, avec deux spectacles différents."

Transcription

Je me suis engagé en 1950, suis parti à Camp Borden (Ontario). Me suis fait un ami (Paul Tessier) là-bas que je n’ai plus revu jusqu’à la Corée mais il jouait de la guitare, et à l’époque je jouais de la guitare et je chantais. Donc il jouait une chanson à la guitare et je chantais une chanson. Et on alternait pendant deux heures comme ça. Je ne sais pas, je n’arrive pas à me souvenir d’une seule chanson, bon c’est l’âge.

Il (Paul Tessier) a été transféré dans le Royal Canadian Regiment, le RCR et moi je suis parti dans l’ancien régiment de mon père, le PPCLI (Princess Patricia’s Canadian Light Infantry), 1er bataillon. J’étais là [la Corée] depuis une ou deux semaines environ, je ne suis pas tout à fait sûr de la durée. Mais on était en train de creuser des trous dans le sol pour pouvoir aménager un bunker. Ceci était destiné à être notre demeure pour l’année à venir. Pas trop accueillant mais néanmoins. On n’avait pas encore posé le toit et on venait juste de rentrer après être allés chercher nos rations pour la soirée et finir ça et on allait mettre le toit en place et les chinois ont commencé à nous bombarder. Et vous pouviez les entendre arriver de plus en plus près et il y en a deux qui sont arrivées juste au dessus de notre bunker.

Un ami avec qui je partageais mon lit superposé à ce moment-là, je n’arrive pas à me souvenir de son prénom, son nom de famille était Kingsbury et je lui ai crié, j’ai dit : « Kingsbury, couché ! » et je me suis vivement retourné et je portais sur moi un couteau de Marine américain et je suis tombé dessus littéralement. Il est sorti de son fourreau et il est passé à travers deux couches de toile, mon uniforme, tout. Et je me suis relevé et une partie ressortait et oh mon Dieu. Je l’ai retiré et le même jour je m’étais déjà coupé avec et j’ai poussé un juron et je l’ai lancé aussi loin que possible. J’ai descendu ma main et il y avait du sang qui sortait et j’ai dit : « Kingsbury, je crois que je me suis poignarder tout seul. » C’est amusant aujourd’hui mais à ce moment-là pas du tout.

Alors on a descendu la colline pour aller au quartier général de la compagnie où se trouvait l’antenne médicale et les chinois, je pense que c’était une unité mobile et ils pouvaient nous voir descendre le long de la route depuis leur position et ils ont commencé à nous bombarder. Et à un moment on a plongé sur la route et après ça, il a atterri juste derrière nous, je me suis levé et j’ai couru. Le sang et tout le reste ça n’avait pas d’importance, tout ce que je voulais c’était de fiche le camp de là.

Pendant que j’étais à l’hôpital, vous vous souvenez que j’avais mentionné un ami que j’avais à Camp Borden, Paul Tessier, il s’est pointé à l’hôpital. Alors moi je suis alité et il est entré, il a dit : « Doug » et moi j’ai dit : « Paul ». Oh ! C’était plus d’un an après (l’entraînement élémentaire). Donc il était toujours dans le RCR et j’ai dit : « Comment vas-tu ? » Il a répondu : » Et bien j’ai été blessé et je suis revenu et maintenant je fais parti d’un spectacle de variétés (Le Johnny Canuk Fun Review) que l’armée est en train de monter. » J’ai dit : « Vraiment ? » Il a répondu : « Doug, peux-tu sortir d’ici et venir voir notre officier ? » Il a dit : « Il se peut très bien que tu puisses être pris dans ce spectacle de l’armée. » Et j’ai répondu : « Bon il faut que je fasse ma rééducation d’abord. » Alors environ deux semaines plus tard, je suis allé voir l’officier responsable, le Lieutenant Gordon Atkinson qui était une grosse pointure dans le monde du divertissement à la SRC à un certain moment, théâtre, etc.

Alors en tout cas, je savais jouer de la guitare, pas fantastique mais juste assez. J’ai chanté quelques chansons de Hank Williams et je savais, faire des tyroliennes. Et ça a fait son petit effet. Et dès qu’il a entendu ça, il (Gordon Atkinson) a dit : « Tu es engagé, et je vais m’occuper de ton transfert pour participer au spectacle. Alors pendant les dix mois qui ont suivi, ce que j’ai fait, j’ai joué de la guitare et chanté. On a fait une tournée de deux semaines et on est allés jusqu’à Tokyo. Et puis on a fait deux tournées en Corée avec le spectacle, avec deux spectacles différents. Et après ça, je suis rentré chez moi.

Mais il y a une histoire intéressante qui s’est passé quand on était là-bas à Tokyo, on jouait dans les bases américaines, les bases de l’armée de l’air, les hôpitaux, partout, on a joué dans le Ernie Pyle Theatre à Tokyo, qui n’existe plus. C’est, je ne sais pas ce que c’est devenu mais l’officier qui s’en occupait vient voir notre officier, Gordon Atkinson, et il a dit : « Je ne pense pas que votre spectacle soit d’assez bonne qualité pour être joué ici. » Ah, bon. On a rempli la salle deux nuits de suite et après ça, il est venu nous voir chacun en particulier, nous a serré la main et s’est excusé. Alors c’était plutôt sympa.

J’ai joué de la guitare pour, comment s’appelait-il, je crois qu’il s’appelait Charette. Et c’était un excellent chanteur et c’était (la chanson qu’il chantait) « Golden earrings ». Alors j’accompagnais à la guitare. Côté country, on avait un, un des numéros c’était les « Moonshiners » et c’était du Hillbilly. Faisaient toutes sortes de choses stupides sur scène. (Une autre partie avait pour thème le cirque) Un gars de Timmins en Ontario, le Caporal Ed Couture, il s’allongeait sur un lit de fakir et puis il crachait du feu. Non, c’était Bob Silicker, Bob Silicker, je pense si je me souviens bien, il était de Brandon au Manitoba ou de Portage la Prairie. Je crois que c’était Brandon.

Plein d’histoires intéressantes à propos du spectacle, mais je crois que l’histoire la plus intéressante à mon sens et je serais curieux de savoir, pourquoi n’y a t-il jamais rien eu d’écrit à propos de ce spectacle et des participants qui étaient tous des soldats, la plupart d’entre eux blessés au combat, et étaient revenu pour divertir les autres. Mais on n’en a jamais parlé.

Follow us