Témoignages d'anciens combattants:
Ronald Boudreau

Armée

  • Le soldat Ronald Boudreau à l'époque de son service militaire avec Le Royal 22e Régiment.

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  • Le groupe du peloton des signaleurs du 3e Bataillon du Royal 22e Régiment en Corée, 1954. Ronald Boudreau se trouve dans la dernière rangée, le plus grand au centre.

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  • Des soldats du Royal 22e Régiment s'entraînant au saut en parachute à la base de Shiloh au Manitoba en 1954. Ronald Boudreau porte un casque non identifié, le 3e à partir de la droite.

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  • L'entraînement au saut en parachute de soldats du Royal 22e Régiment à l'aéroport de L'Ancienne-Lorette (Québec) en 1954. Ronald Boudreau est le plus grand des soldats, le 4e à droite.

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  • Le livret de solde de Ronald Boudreau.

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  • Le certificate de libération de Ronald Boudreau daté du 19 août 1955.

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"Il y a un petit nommé Saint-Germain, de Montréal-Est. Il a été prisonnier. Puis, quand il est sorti, le “gars”, il ressemblait à une carte mortuaire."

Transcription

Sur la vie au front, admettons que tu as une compagnie à trois pelotons. Il y a le peloton (no.) 10, 11, 12. Comme il y a la compagnie A, il y avait le(s) (pelotons nos.) 1, 2, 3. La (compagnie) B, c’était (les pelotons nos.) 4, 5, 6. La (compagnie) C, c'était (les pelotons nos.) 7, 8, 9. Puis, la (compagnie) D, c'était (les pelotons nos.) 10, 11, 12. Après ça, c'était le « B Echelon), le support. Le support, c’est ceux-là qui sont en arrière pour appuyer les troupes en avant, sur les lignes. Puis, c'était sur les lignes de feu, bien, il y a des dégâts, ils font des (…) pour marcher. Tu ne marches pas sur le flanc de la montagne! Il y a des “dug-outs” (abris souterrains) en (…), qui ont à peu près sept pieds de haut. Tu marches debout là-dedans pour que l’ennemi ne te voie pas là-dedans. Alors, tu marches là-dedans la nuit, puis le jour, bien, tu dors. Mais, il y en a, tu sais, qui étaient réveillés, qui faisaient la garde la nuit, mais ils étaient là-dedans. Dans des “dug-outs”, des “outposts” (avant-postes). Après, ceux-là qui étaient réveillés, bien comme moi, j’étais (…). La nuit, je dormais. Le jour, j'étais réveillé. Il fallait que je m’occupe pour le “stock” des “gars”, des soldats, le manger (nourriture) (…). En Corée, il y a eu plusieurs patrouilles. Moi, je n’étais pas dessus. Mais, il y a eu la patrouille du sergent Desjardins. Il y a 14 hommes qui sont sortis, il en est rentré 13. Il y en a qui se sont fait “pogner” (prendre) prisonniers. Il y a un petit nommé Saint-Germain, de Montréal-Est. Il a été prisonnier. Puis, quand il est sorti, le “gars”, il ressemblait à une carte mortuaire. Les Coréens, tu ne manges pas comme tu veux. Tu manges quand tu peux. Oui, il avait été capturé. Bien, il y en avait sept ou huit qui avaient été capturés et il y en avait “une couple” de morts. Puis, il en est revenu juste un. C’est un “gars” de Shediac, Nouveau-Brunswick, nommé Georges Chiasson. C’est moi qui l’avais ramené parce qu'il ne pouvait pas s'en venir tout seul. Il fallait que je le porte sur mon dos. Les “gars”, la patrouille du sergent Desjardins, au centre, il y a comme une montagne. Puis tu descends la montagne sur l'autre bord. Puis dans la vallée, il y a une rivière. Il ne fallait pas que tu ailles l'autre bord de la rivière. Mais, eux autres, ils se sont peut-être trompés à des places. La rivière, ce n’est pas droit, c’est plein de croches (détours) là-dedans. Puis là, il y avait des Chinois dans la vallée. Puis, il y en a qui se sont fait “pogner” l'autre bord. Alors, il n'y a pas juste le 22e (Le Royal 22e Régiment) qui y a goûté; le RCR aussi (The Royal Canadian Infantry Regiment, dans le contexte de la bataille de la colline 187 du 2 et 3 mai, 1953)). Le RCR, les Chinois avaient embarqué sur la position. Puis, ceux-là qu’ils n’ont pas retrouvés, ils ont été faits prisonniers. Sur les 150 soldats, ils se sont tous fait “pogner” prisonniers ou tués, ceux du RCR. Une compagnie de l'armée de l’ouest. Le RCR ça vient dans le bout de l'Alberta. Admettons que le RCR se trouvait à être à l'ouest de nous autres, mais on était égaux en position. Nous autres, on pensait qu'ils “brossaient”, qu'ils prenaient un coup, puis qu’ils “brossaient”, de la manière qu’on voyait ça. C'étaient les Chinois qui les “passaient au cash”. On ne pouvait pas leur venir en aide. On ne pouvait pas les aider, il y avait une vallée, il y avait des coulées, puis on n'avait pas le droit d’aller sur les autres positions. Ceux-là qui les aidaient, c’est le support qui “crawlait” (rampaient) par en arrière (en référence aux soldats de l’échelon arrière accourus en renforts), puis ils montaient sur les positions. Bien, ils ont “callé” (appelé), ceux-là qui étaient supposés les remplacer. Le régiment qui était supposé les remplacer, ils sont montés sur la position pour leur donner un coup de main. Mais, quand ils sont arrivés là, ils en ont trouvé des morts, des blessés. Puis, le restant, bien, ils étaient prisonniers.
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